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Lions Et Agneaux

La critique d'Excessif

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lions_agneaux_cineus L'HISTOIRE : L'histoire poignante et complexe de plusieurs personnes impliquées de près ou de loin dans le combat américain contre le terrorisme : un sénateur qui essaye de vendre la dernière stratégie globale à une journaliste d'information de télévision, un professeur universitaire idéaliste qui essaye de convaincre le plus prometteur de ses élèves de changer de vie, et deux jeunes hommes qui combattent dans les montagnes enneigées d'Afghanistan, dont le seul désir dans leur vie est de rejoindre l'armée américaine dans le combat global dans la lutte contre le terrorisme.
Robert Redford revient à la réalisation pour faire un état des lieux d’une Amérique en crise, accompagné pour cela du plus beau casting de cette fin d’année.

LIONS ET AGNEAUX
Un film de Robert Redford
Avec Meryl Streep, Tom Cruise, Robert Redford et Michael Pena
Durée : 1h40
Date de sortie : 21 novembre 2007


Un sénateur ambitieux invite une célèbre journaliste pour lui expliquer son plan pour sortir le pays de la crise Afghane et l’offensive qu’il dirige au même moment. Parallèlement à ça un professeur de sciences politiques tente de changer l’orientation que prend la vie d’un de ses étudiants.

George Clooney en parle dans la conférence de presse de Michael Clayton, le temps où les américains restent devant leurs télévisions à regarder les journaux télévisés sans remettre en cause le gouvernement est révolu. Le nouveau film de Robert Redford fait partie de cette nouvelle vague de films plus ou moins engagés (et surtout plus ou moins réussis) contre la politique de l’administration Bush et de sa gestion des six dernières années.


Ainsi au travers d’une mise en scène pour le moins simpliste basée uniquement sur des champs / contre champs, Redford oppose des individus mais surtout des idées. Meryl Streep en vieille journaliste politique usée de courber l’échine s’entretient avec le charismatique jeune loup républicain interprété par un Tom Cruise impeccable en arriviste aux dents longues. Puis parallèlement à ça Robert Redford en professeur de sciences politiques en Californie tente de motiver un jeune étudiant en qui il a décelé un grand potentiel. Et enfin on suit le parcours de deux anciens élèves de Redford engagés par convictions sur le front Afghan qui subissent les erreurs d’une politique décidée à 15 000 Km de là. Redford déroule son récit quasiment en temps réel, et chacune des trois parties se répondent et influent l’une sur l’autre.


La grande force de Lions et agneaux est de refuser le manichéisme et de refuser de tomber dans la critique facile de la guerre en générale et de conclure naïvement sur l’incompétence de ceux qui gouvernent. Certes la gestion des conflits afghan et irakien est constamment attaquée dans le film et la compétence des politiques de Washington sévèrement remise en cause (ce qui vaut le titre du film). De même les médias sont eux aussi accusés de servir la « propagande » gouvernementale à des millions d’américains, et de ne plus exercer un esprit critique.


Ainsi Robert Redford s’en prend directement, sans détour, aux puissants de son pays, qu’ils soient politiques ou bien médiatiques, et invite le spectateur à réfléchir sur ses idéaux et ses convictions, et surtout de quelle manière les mettre en œuvre. Redford donne son point de vue au travers du personnage qu’il interprète mais ne condamne jamais ceux qui veulent s’engager pour les mêmes convictions que lui sur d’autres voies. C’est la grande force du film, amener les idées, la réflexion, son point de vue sans pour autant fermer toutes les portes aux idées divergentes.

Lions et agneaux prend des allures de cours ou débat de sciences politiques de luxe avec casting de professeur quatre étoiles. Si il n’y a rien à redire sur le charisme des comédiens et leurs capacités à capter l’attention du spectateur, la mise en scène de Redford se fait au contraire beaucoup plus anodine. C’est la grosse déception du film, le réalisateur semblant s’effacer devant son sujet de peur peut-être de troubler ou pervertir une réflexion par une idée de mise en scène inadéquate. Aucune prise de risques, même dans la mise en images de la partie se déroulant en Afghanistan où l’on suit deux soldats pris au piège des talibans. Bien loin de la scène de guerre valorisant le GI américain, Redford évite une mise en scène complaisante et spectaculaire du combat qui aurait été en contradictions avec toutes les autres idées du film. Il prolonge même son point de vue en montrant les deux seuls individus prêts à aller jusqu’au bout pour défendre leurs convictions se retrouvant condamnés et bloqués face contre terre (décidément Michael Pena n’a pas de chance) par l’incompétence d’une hiérarchie déconnectée des réalités du terrain.


Ce manque de souffle et de personnalité dans la mise ne scène empêche Lions et agneaux de surclasser les modèles du genre, mais reste grâce à son trio de vedettes un très bon moment de cinéma engagé.

Stanislas Bernard

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