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Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Louise Bourgeois : l'araignée, la maîtresse et la mandarine L'HISTOIRE : Une incursion dans l'univers de Louise Bourgeois, dont l'oeuvre protéiforme traverse les XXe et XXIe siècles. Louise Bourgeois se consacre à la sculpture depuis 1949. Elle a côtoyé les principaux mouvements artistiques, tout en préservant farouchement son indépendance d'esprit, et sa manière incroyablement inventive et troublante. En 1982, à l'âge de 71 ans, elle devient la première femme à être honorée d'une rétrospective au MoMA, à New York. L'artiste lève le voile sur ses secrets d'enfance, source de ses traumatismes, qui se reflètent dans ses sculptures et ses installations, dont la caméra explore la troublante magie.
Artiste sauvage et insaisissable

Artiste tardivement reconnue, Louise Bourgeois ne cesse de convoquer ses souvenirs, ses peurs et ses traumatismes dans son œuvre. Dessins, sculptures, installations, elle s'approprie les formes et les matériaux pour les plier à sa volonté, dans un mouvement de construction et de destruction qui témoigne d'une rage de créer. De la mémoire de ses parents et de son enfance dans les années 1910, Louise Bourgeois ne cesse de travailler ses émotions, « trop grandes » pour elle selon ses propres termes. Dans ce documentaire tourné sur plusieurs années, l'artiste et la femme se confie sans détours et même avec une certaine frontalité et agressivité qui démontrent une grande force de caractère.
 
Les documentaires sur les artistes en tout genre abondent mais peu d'entre eux réussissent à véritablement sublimer leur sujet. Pour peu que l'œuvre en question n'intéresse pas le spectateur, c'est l'ennui qui s'installe dès les premières images. Ici, rien de cela et que l'on aime ou pas le travail de Louise Bourgeois (l'auteur de ces lignes est assez insensible à son monde), L'araignée, la maîtresse et la mandarine nous plonge au cœur d'un processus créatif tourbillonnant et orageux qui ne s'épargne pas les doutes, les crises de colère et les pleurs. Scène touchante, après plus d'une heure d'une Louise Bourgeois offensive et revancharde, celle-ci est soudainement submergée par les larmes à la mémoire d'un souvenir douloureux. Ici ce ne sont pas tant les œuvres qui s'exposent que l'artiste qui se met à nu. Derrière les rides profondes du visage, derrière les taches de peau, derrière des mains tremblantes, c'est toute une vie qui se dévoile depuis les premiers pas à Choisy-le-Roy jusqu'au décor de son studio new-yorkais. Une vie passée parmi l'élite intellectuelle de la Grande Pomme, traversant tous les mouvements artistiques qui ont suivi la Seconde Guerre Mondiale.

 

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Images d'œuvres in situ, d'installations imposantes ou encore des archives filmées depuis les années 70, époque de sa notoriété naissante, le documentaire ne suit pas une chronologie forcée et contrainte, mais le propre cheminement de Louise Bourgeois, point avare de paroles et d'anecdotes sur sa vie bien remplie. Si le mouvement féministe d'alors a bien tenté d'en faire son icône, elle a pourtant su à chaque instant de sa vie échapper à l'encadrement ou aux récupérations. Artiste sauvage et insaisissable, elle ne se fie qu'à son propre jugement et ses propres analyses, quitte à parfois bousculer les conceptions de son entourage avec véhémence.
 
Maternité, trahison filiale, confrontation avec un monde éminemment masculin, misogyne et orgueilleux, sa plus grande blessure restera celle de ne pas avoir rendu son père fier d'elle, lui qui n'a pas hésité à faire cohabiter son épouse et sa maîtresse (qui n'était autre que la tutrice de Louise) pendant près de dix ans dans la même demeure. Situation familiale intolérable et troublante, Louise en gardera à jamais un désir de tordre la réalité selon son humeur. Louise Bourgeois compose, assemble, manipule, organise et construit ainsi un univers qu'elle s'approprie, très ancré dans les références psychanalytiques. Elle est la parfaite antithèse de Brancusi, ce sculpteur lui aussi déraciné qu'elle a connu et pour lequel elle avait une profonde admiration. Petit bout de femme qui semble dominée par ses propres installations, son regard affiche au contraire une volonté ferme et inébranlable. Vociférant parfois ses ordres ou ses directives à son assistant, il semble parfois que les gens se brûlent à son contact.

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Les notes des internautes

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