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Love (et Ses Petits Désastres)

La critique d'Excessif

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love_cinefr L'HISTOIRE : Emily Jackson, Jacks pour les intimes, est une jeune fashionista Américaine de 27 ans qui travaille en tant qu'assistante à la rédaction du Vogue à Londres. A ses côtés ses meilleurs amis de toujours : Peter, son colocataire gay, et Tallulah, croqueuse d'hommes névrosée, deux amis fidèles auprès desquels Jacks passe son temps à jouer les conseillère et entremetteuse. Romantiques et exigeants, tous rêvent de la parfaite love story comme dans les films. Mais voilà, pour l'instant leur vie sentimentale peut être qualifiée en un seul mot : désastre ! Alors, l'amour comme dans les films, fantasme ou réalité ?
Qu’est ce que le « Chick Lit » ? Bonne question effectivement, car si le terme est assez méconnu en France, tout le monde en a entendu parler au moins une fois. Si on vous dit que « chick » signifie « femme » ou « fille » en anglais, et que « Lit » est le diminutif de « littérature » vous comprendrez aisément de quoi il s’agit. Ce courant littéraire plus ou moins féministe donc, dont le best-seller est Le Journal de Bridget Jones, connaît un pendant audiovisuel dont la série Sex and The City est la figure de proue. Aujourd’hui, après Le Diable s’habille en Prada, voici que débarque Love (et ses petits désastres) un film sur des 25-30 ans londoniens à la recherche du grand amour, et comme dirait Néo : « Déjà-vou ».

LOVE (ET SES PETITS DESASTRES)
Un film d'Alek Keshishian
Avec Brittany Murphy, Matthew Rhys, Santiago Cabrera
Durée : 1h30
Date de sortie : 25 avril 2007



Les histoires de cœur d’Emily, une jeune assistante de rédaction chez Vogue, de Peter, son colloc’ homo, et de Tallulah, son amie dépressive.

Qu’on se le dise tout de suite, la plus grosse surprise du film arrive pendant le générique de fin, lorsqu’on découvre que Love (et ses petits désastres) a été produit par un tandem improbable constitué de Luc Besson et de David Fincher. Production Europa tournée en partie à Paris, ce film a pour principal défaut d’arriver quelques années après la bataille. Car au jour d’aujourd’hui, alors que la dernière saison de Sex and The City, terminée depuis 3 ans maintenant, passe et repasse en boucle sur M6, il paraît évident qu’il sera très difficile de passer après les aventures de Carrie Bradshaw. Et Love… souffre exactement de ce problème : il est moins drôle, moins punchy, moins bien rythmé, moins bien joué, moins bien filmé même que n’importe quel épisode de la série. Dur constat, d’autant plus que le matériau de base du film méritait certainement mieux.



Car le film n’est pas mauvais pour autant, même s’il ne se pose clairement pas dans le haut du panier des comédies romantiques actuelles. Les acteurs sont bons certes, mais leurs personnages caricaturaux (il ne suffit pas de mettre un gay et une névrosée tous les deux dans une pièce pour créer une scène comique). Les situations de quid pro quo sont bien trouvées, mais immédiatement désamorcées par une mise en image trop timorée, signée du revenant Alek Keshishian (In bed with Madonna, c’est lui !). Le film baigne dans un « entre deux eaux » cinématographique, à mi-chemin entre la farce fashion et décomplexée et la comédie romantique de bas étage, où les héros pensent qu’ils sont amoureux, mais en fait non, mais peut-être que si finalement…

Mais comme on l’a dit, le film n’est pas mauvais, car si la première moitié exaspère plus qu’elle ne divertit, le film gagne peu à peu en qualité avec l’arrivée du personnage de Paolo et les déboires de Peter. On découvre alors que le véritable but de Keshishian était d’offrir aux spectateurs un bel hommage au cinéma romantique des années 50 et 60, quelque part entre It happened one night de Frank Capra, A place in the Sun de George Stevens et Breakfast at Tiffany’s de Blake Edwards, comme a pu le faire Peyton Reed en 2003 avec son Down With Love, le technicolor en moins. Dès lors, on se met à accepter toutes les situations, on s’attache aux personnages, on se dit que Brittany Murphy a la plus belle voix du cinéma américain, et lorsqu’à la fin le réalisateur se permet carrément de lancer des piques à l’industrie Hollywoodienne, on regrette qu’il n’ait pas été plus loin dans cette direction.



Un film bancal donc, clairement scindé en deux parties inégales, mais comme, à l’instar de cette chronique, la fin est plus positive que le début, on se dit qu’on a quand même passé un bon moment.

Pierre Delorme



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