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Love Object

La critique d'Excessif

0/5
loveobjectcinefr L'HISTOIRE :
Et si la poupée qui fait «non, non, non» disait un jour «oui, oui, oui»? Nombreux sont les films qui mettent en scène des personnages fâchés avec les lois du désir. Sorte de version trash de Monique (Valérie Guignabodet, 2002), Love Object dessine le portrait d’un homme frustré qui apprend à s’épanouir sexuellement avec… une poupée gonflable. Un petit thriller fantastique non exempt de faiblesses, mais rusé et assez malsain qui cause de sujets douloureux sur un ton amusant, enlevé, ludique, puis, au noir final, dérangeant.

LOVE OBJECT (2004)
Un film de Robert Parigi
Avec Desmond Harrington, Melissa Sagemiller, Robert Bagnell, John Cassini, Michael Pena

Durée : 1h24
Sortie cinéma : 08 Septembre 2004


LOVE OBJECT

Inconsciemment ou non, on nous a présenté Love Object comme le penchant masculin de May, la belle fable fantastique de Lucky McKee, sortie chez nous en début d’année, que ce soit dans la thématique (personnage réduit à la solitude par son inaptitude à s’adapter à la société, cloisonnement de l’esprit, manque de communication, cristallisation de l’être idéal…) et sa gradation (un petit film ricain indépendant qui part de la triste banalité pour basculer dans l’horreur pure). Pourtant, à bien y regarder, en dépit d’un sujet semblable, les regards des deux cinéastes divergent: si Lucky McKee confère une véritable empathie et de la compassion à sa protagoniste désarmée, Robert Pagini, lui, porte un œil plus critique, voire cynique, sur son personnage comme nous le prouve une conclusion perverse, à la fois impertinente, amorale, sanglante et misogyne.


LOVE OBJECT

Dans les deux cas, il y a ce même jusqu’au-boutisme, cette même opiniâtreté à ne pas céder aux rebondissements faciles et consensuels pour mieux pointer du doigt le mal-être. Et le mal-être ici est présentement incarné par Kenneth, sorte de stéréotype du mec qui n’attend plus rien de l’amour ni de la vie. Dans un univers confiné (un bureau encerclé) et une mégalopole étouffante (bretelles d’autoroutes, buildings envahissants, sorte de capharnaüm mental du personnage), sa vie se résume à son boulot. Point barre. Pourtant, dans son train-train quotidien palot, une arrivée imprévue va bouleverser son existence morne: Nikkie, une poupée gonflable, qui titille son attention et stimule ses hormones. De la même façon que May confectionne un être idéal en prenant les parties parfaites de personnes imparfaites, Kenneth trouve à travers ce substitut un objet de désir idéal auquel il va donner tout son amour refoulé.


Progressivement, le film prend la tournure d’un vaudeville brûlant, presque drôle, lorsque Kenneth commence à en pincer secrètement pour Lisa, une jeune assistante fraîchement débarquée qui multiplie les regards allumeurs et les sourires pour mieux laisser transparaître une excitation, une envie de baiser, un besoin fou de trouver une épaule solide sur laquelle se reposer. Jusqu’au jour où la poupée fait montre d’une féroce jalousie envers sa rivale. Jusqu’au jour où Kenneth va basculer au sens propre dans la folie intégrale…


LOVE OBJECT

C’est d’ailleurs à partir de ce moment que paradoxalement le bât blesse: la seconde partie du film, moins maîtrisée, trop explicite, multiplie les raccourcis psy gênants et débouche sur un climax bizarrement bricolé et platement mis en scène. A l’instar du personnage principal qui se trouve claquemuré dans ses fantasmes, le film, lui, souffre de ses ambitions démesurées. Les personnages secondaires sont superficiels et semblent tout droit sortis de la relecture de Willard (collègues de bureau accros aux blagues égrillardes, patron atrabilaire adepte de la torture cérébrale…). Seul Udo Kier, excellent, s’illustre dans un rôle de voisin énigmatique qui assiste muet, derrière un mur, à la déchéance d’un Kenneth de plus en plus atteint. Mais ces contrepoints artificiels ne gâchent que partiellement la tenue plutôt correcte d’un ensemble qui, à défaut d’être convaincant, s’avère original et futé.

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Les notes des internautes

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