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Made in Italy

La critique d'Excessif

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made_in_italy_cine L'HISTOIRE : Luca Morandi, 35 ans, est un jeune écrivain en mal d'inspiration, de succès et d'amour. Le voilà parvenu à l'âge adulte sans vraiment en être un, il lorgne toujours du côté d'une enfance bénie passée en Italie, auprès d'un père fantasque, éblouissant, comme un personnage de pays fantastique. Du moins le croit-il...
Lorsque ce père, chirurgien esthétique à Turin, meurt brutalement, Luca part avec sa soeur Isabella pour les obsèques. Mais l'enterrement vire au cauchemar : veuves, demi-veuves, maîtresses, nouveau frères et soeurs, dettes à en perdre la tête, Italie "berlusconisée"... Luca redécouvre son pays d'enfance et un père mythique avec des yeux d'adulte.
De la haine à l'amour, du ressentiment au pardon, Luca va redéfinir le sens de sa propre identité, de sa propre existence, réconcilier la France qui est en lui avec son Italie natale. En un mot, grandir, devenir enfin adulte ...
Lorsqu’un film prend le parti de s’intituler Made in Italy, difficile de savoir à quoi s’attendre. Vraie déclaration d’amour teintée de ce qu’il faut de folklore local, ou délire ubuesque tombant allègrement dans les clichés les plus éculés ? La comédie de Stéphane Giusti (devinez son origine) se classe fort heureusement dans la première catégorie. Et en sortant de la salle, il devient impossible de réprimer une irrésistible envie de scander Viva l’Italia !

MADE IN ITALY
Un film de Stéphane Giusti
Avec Gilbert Melki, Amira Casar, Caterina Murino
Durée : 1h26
Date de sortie : 02 juillet 2008

Luca, écrivain français d'origine italienne en mal d'inspiration ne sait plus où donner de la tête, entre son éditeur qui lui met la pression, sa soeur qui lui reproche de la laisser seule s'occuper du restaurant familial et sa mère totalement irresponsable. Pour ne rien arranger, le décès de son père, resté en Italie, oblige Luca à se rendre à Turin pour régler les problèmes générés par le lourd héritage d'un homme charismatique mais qui laisse à ses proches autant de dettes que de conquêtes féminines.


La toute première séquence du film met de suite dans l’ambiance, donnant le ton d’1h26 de délicieuse légèreté au rythme des chansons populaires de la botte du Vieux Continent. Pour apprécier ce qui va suivre il faut donc accepter d’emblée de se laisser emporter par des airs aux sonorités aussi kitch que nostalgiques. Car tout y passera, de l’incontournable Made in Italy de Ricchi e Poveri (rendu célèbre chez nous par la reprise de Karen Cheryl) à Ma quale idea de Pino d’Angio (samplé chez nous par le rappeur Ménélik pour Quelle aventure), un vrai bonheur pour les amateurs de variété italienne ayant connu le temps où Internet, le téléphone portable ou les consoles de jeu vidéo n’étaient que pure science-fiction. Autre enseignement qu’apporte la première scène, c’est que le film de Stéphane Giusti fera la part belle au show Gilbert Melki. L’acteur livre en effet un récital encore plus impressionnant que sa prestation pourtant déjà époustouflante de La vérité si je mens. Melki, tout au long du film, assure l’interprétation de deux personnages différents, dont l’un à deux époques de sa vie. Une performance d’autant plus exceptionnelle que le comédien maîtrise parfaitement ses envolées, ne dérivant jamais dans le n’importe quoi. Là n’est pas le moindre pari gagné par Giusti : en offrant ce rôle tout en exubérance à son acteur principal, il ne le laisse pas pour autant partir en roue libre.

Made in Italy demande donc beaucoup à ses comédiens, devant trouver le ton juste tout en se lâchant complètement. A ce jeu, la belle Caterina Murino prouve qu’elle peut se moquer avec beaucoup de talent et d’autodérision de son image de bimbo, et montre ainsi une facette qu’on ne lui connaissait pas forcément. A la frontière de la comédie de mœurs et du film musical, toutes les scènes contiennent un potentiel émotionnel fort et l’ennui ne pointe jamais, tant le récit s’avère dynamique. Côté mise en scène, Giusti demeure relativement sobre par rapport à la douce folie qui se dégage en permanence de cette histoire. Les chorégraphies des passages chantés sont toutefois menées et filmées avec efficacité, ce qui n’est pas si évident.


Il faut l’avouer, l’histoire en elle-même ne casse pas des briques, mais il est évident que tout cet imbroglio autour d’un écrivain qui se cherche et doit se débattre avec sa famille et des droits de succession laissés par son père n’est que prétexte pour filmer, chanter, danser l’Italie. Légèreté, musicalité, onirisme et joie de vivre sont ici de rigueur, et s’il faudra regarder vers d’autres pellicules pour une peinture plus réaliste du pays de Dante, ce Made in Italy devrait ravir un public ouvert au divertissement sans prise de tête. Il faut prendre le plaisir là où il se trouve, et en l’occurrence, Made in Italy procure énormément de plaisir. Grazie mille signore Giusti.

Laurent Tity



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