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Magique

La critique d'Excessif

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magique L'HISTOIRE : Dans une ferme isolée, vivent Betty et son petit garçon de dix ans, Tommy.
Tommy n’a jamais connu son père. Sa mère lui a toujours dit qu’elle ne savait pas qui il était. Tommy s’est mis en tête que celui-ci était cosmonaute et elle ne l’a jamais démenti. Depuis, chaque soir, l’enfant regarde le ciel en attendant son retour. Betty, elle, est souvent mélancolique. Tommy voudrait bien que le sourire illumine son visage, mais comment faire ?
Un jour, il apprend qu’un cirque est de passage en ville. Mais faute de documents administratifs en règle, interdiction de planter le chapiteau ! Certain qu’il détient la solution à son problème, Tommy se jette sur cette opportunité. Il parvient à convaincre sa maman d’accueillir le cirque sur leur terrain. Les caravanes viennent donc s’installer dans le champ tout proche de la ferme. Mais un problème survient : Bingo, qui transportait le chapiteau, s’est perdu en route ! Et sans chapiteau, pas de spectacle possible !
Tandis que tous les artistes attendent le chapiteau, Tommy va peu à peu découvrir la vie joyeuse des gens du voyage. Et, doucement, l’amour va jeter son dévolu sur deux coeurs bien solitaires...
Après Le Papillon, Philippe Muyl nous offre un conte musical réaliste et poétique, alliant dans cette illusion cinématographique la lumineuse Marie Gillain, Antoine Duléry et le chanteur poète écorché heureux Cali, dont c’est la première prestation sur grand écran.

MAGIQUE
Un film de Philippe Muyl
Avec Cali, Marie Gillain, Antoine Duléry, Louis Dussol, Benoît Brière
Durée : 1h31
Date de sortie : 22 Octobre 2008

Au milieu d’une vaste campagne désertique, une ferme isolée est habitée par Betty et son fils Tommy. Pratiquement coupés de la civilisation extérieure, Betty s’enferme dans sa mélancolie alors que son petit garçon imagine son père inconnu en cosmonaute. Conscient de la tristesse de sa mère, Tommy tente par tous les moyens de la faire rire. Mais un beau jour, un cirque débarque sur les terres de Betty, brisant la monotonie quotidienne de ces deux êtres seuls, au grand bonheur de Tommy.

Magique est à la fois une œuvre aussi unique que commune. Cela aurait pu être une chanson ou un tableau. Non, Magique c’est tout ça à la fois. Philippe Muyl a créé un film particulier nourri par la comédie musicale, le réalisme poétique et une très légère touche de fantastique. L’histoire, en soi, est simplement banale : une femme seule et son jeune fils vont découvrir l’amour et le bonheur aux côtés de gens qu’ils n’auraient jamais pu rencontrer. Rien d’original dans ce scénario mille fois traité, et, pourtant, de ce scénario banal, le cinéaste tire une œuvre originale, très originale même…

Magique flirte avec plusieurs genres sans pour autant s’en approprier pleinement un seul. C’est sans doute de là que provient son originalité… Et ses défauts. Au début, le film esquisse quelques pas de réalisme. Réalisme qui dominera pendant près d’une heure et demie. Puis commence le tango de la comédie musicale. Muyl s’en sort plutôt pas mal. Les paroles sont bien écrites, la musique composée par Cali aussi. Cependant, on ressent une certaine gêne à les écouter, sans doute provoquée par l’absence de complémentarité entre l’ambiance du film et celle de la musique. Mais cette gêne se dissipe peu à peu pour nous laisser pénétrer dans un monde plein de poésie. En cela on touche un des points forts du film : la valse du nouveau réalisme poétique peut commencer avec une image d’une splendeur incroyable, presque subliminale !! Chaque image est travaillée comme un véritable tableau et la vertigineuse beauté des grands espaces canadiens nourrit admirablement cet univers. En cela, Muyl a fait de ce film un véritable chef d’œuvre visuel, jouant autant sur les contrastes que sur les lumières naturelles des décors. Ses cadres aussi s’allient avec merveille à cette ambiance colorée, lui donnant une ampleur d’une grande rareté.


Mais la beauté visuelle ne fait pas tout. Si le jeu des comédiens se révèle parfaitement juste et sobre, en accord parfait avec l’univers dans lequel ils évoluent, on regrette néanmoins que certains personnages ne soient pas plus mis sur le devant de la scène. C’est notamment le cas pour Auguste, le personnage interprété par Antoine Duléry. Le cinéaste esquisse trop vite sa vie, sa personnalité, c’est pourtant lui qui amène le jeune Tommy vers le bonheur. Au plus profond de nous, on se sent frustré, on aurait aimé accompagner plus loin ce personnage. Un sentiment que l’on ressent également envers le cheminement des autres personnages, se contentant d’entourer le jeune Tommy, personnage sur lequel Philippe Muyl a déversé toute sa tendresse, sa sensibilité et, sans doute, toute son enfance, les rêves l’ayant bercé. Une partie de l’âme du réalisateur se retrouve dans ce jeune garçon.

Ainsi, dès le début de ce conte, la trame scénaristique est tissée et aucun sursaut émotionnel, aucun rebondissement ne vient réellement surprendre le spectateur, le faire futilement vibrer. On reste centré sur le personnage de Tommy, dont l’on suit le parcours initiatique, avec intérêt certes, mais également par moments avec une certaine forme de passivité se transformant en lassitude, les moments de magie poétique étant les seuls auxquels il est alors possible de se raccrocher.

Cette féerie enfantine apporte au film une dimension lyrique nous faisant finalement très vite oublier ces petits désagréments scénaristiques, invitant à un réel voyage à déguster en famille.

Amandine Quanté







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