L'HISTOIRE : C'est en 1999, sur la ravissante île grecque de Kalokairi que l'aventure romantique commence, dans un hôtel méditerranéen isolé, la villa Donna, tenu par Donna, sa fille Sophie et le fiancé de Sophie, Sky. Juste à temps pour son mariage prochain, Sophie poste nerveusement trois invitations destinées à trois hommes bien différents dont elle pense que l'un d'eux est son père. De trois points du globe, trois hommes s'apprêtent à retourner sur l'île - et vers la femme - qui les avait enchantés 20 ans auparavant.
Certains cinéphiles particulièrement sagaces reconnaîtront peut-être là l’argument d’un mélodrame intitulé Buona sera, Mrs. Campbell dans lequel Gina Lollobrigida se retrouvait elle aussi confrontée à ses amours passées. Mamma Mia ! le film est un tour de force narratif, s'inspirant lui-même d’un spectacle bâti autour d’une vingtaine des chansons les plus célèbres du groupe suédois Abba, lesquelles n’ont jamais été conçues dans ce but, leurs paroles ayant d’ailleurs nettement moins marqué les esprits que leur musique. L’adaptation et la réalisation du film tiré de cette comédie musicale ont été confiées à la scénariste Catherine Johnson et à Phylllida Lloyd, metteuse en scène qui s’efface prudemment derrière son sujet et confie à un chef opérateur grec le soin de donner à cette île paradisiaque un glamour de carte postale.
On est loin de l’invention de Hair de Milos Forman voire The Wall d’Alan Parker, mais la musique compense largement cette petite frustration. Mamma Mia ! le film n’entend pas, en effet, révolutionner un genre déjà riche de monuments. Sa chorégraphie, tout juste passable, risque d’ailleurs d’outrer les admirateurs de Busby Berkeley ou de West Side Story, tant certains ballets collectifs semblent approximatifs, le montage étant chargé d’imposer le rythme. Plus modestement, ce film sans autre prétention que de distraire est la restitution enthousiasmante d’un pur moment de bonheur qui ne peut s’apprécier que si l’on a gardé une tendresse particulière pour ces folles années soixante-dix où toutes les excentricités semblaient encore possibles.
Côté messieurs, le film associe trois comédiens qu’on n’imaginait pas nécessairement se trémoussant en veste à paillettes et pantalon à pattes d’éph’ : le très British Colin Firth, l’ex-James Bond Pierce Brosnan et l’acteur suédois Stellan Skarsgård. Ils sont eux aussi impeccables en pères de la mariée poussant la chansonnette. Il y a dans Mamma Mia ! le film cette insouciance qui fait tout le charme de la comédie musicale. Surtout quand c'est Pierce Brosnan qui susurre "S.O.S.". Au point qu’au générique de fin, quand Meryl Streep interpelle les spectateurs en leur demandant s’ils en veulent encore, les cris jaillissent spontanément de la salle et on a droit en bonus à une chanson incasable dans le scénario : “Waterloo”, le Grand Prix de l’Eurovision par lequel tout a commencé pour le groupe suédois le plus célèbre de la planète pop. Oubliez Disco et son vilain service rendu aux Seventies. La seule invitation au Revival authentique, la voici !
















Admettons-le d'entrée, Meryl Streep est probablement la plus grande actrice du monde, citée en exemple avec la même régularité que Marlon Brando chez les hommes.