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Mes amis, mes amours

La critique d'Excessif

2/5
mes_amis_mes_amoursok L'HISTOIRE : Mathias et Antoine, pères divorcés ayant la garde de leur enfant, décident de faire toit commun dans le quartier français de Londres. La vie s’organise, désordonnée, joyeuse, avec les enfants, mais aussi Sophie, la jolie fleuriste secrètement amoureuse d’Antoine, Yvonne, la patronne fantasque du « bistrot français » qui couve son petit monde d’un regard maternel, et Mac Enzie, le chef d’agence d’Antoine, obstinément amoureux d’Yvonne en dépit de leur grande différence d’age…
Entre Antoine, qui a appris à verrouiller ses émotions pour ne plus avoir à souffrir de personne, et Mathias, qui se laisse très vite submerger par les siennes, le quotidien n’est pas une sinécure.
Et quand Mathias rencontre Audrey, une ravissante journaliste de passage à Londres, ce bel arrangement de pères célibataires vole en éclats. Ce ne sont plus deux amis qui cohabitent, c’est un couple qui se déchire. Qui triche. Qui se réconcilie.
Mais Audrey n’est pas une femme à qui l’on ment. En essayant maladroitement de protéger sa vie de couple avec Antoine, Mathias ne comprend pas que ne pas faire de choix, c’est prendre le risque de tout perdre. L’amitié de l’un, et l’amour de l’autre ...
Le résultat est là : pas grand chose.
Marc Lévy, phénomène littéraire français dépassant parfois l’entendement, est à nouveau adapté au cinéma quelques années après la mouture américaine de son best-seller, Et si c’était vrai. Chers lecteurs et lectrices de plage, vous pourrez donc découvrir cet été Mes Amis, Mes Amours, une comédie très propre et gentillette qui ne devrait pas vous poser de cas de conscience trop graves. Emballé, enrubanné et qui sent bon la fleur bleue, ce récit romantique bourré de bons sentiments ne gagne pas en profondeur à l’occasion de son passage sur grand écran. En même temps, on en n’espérait pas grand-chose... Et le résultat est là : pas grand chose.


Certains auteurs vivent dans le joli monde des bisounours, une planète magique où de gentilles créatures poilues s’offrent des arcs en ciel en chantant des comptines. Les personnages de Marc Lévy, directement tombés de cet astre étranger au commun des mortels, font partie de cette race d’énergumènes et à l’instar des schtroumpfs, répondent tous à un caractère bien défini. Le schtroumpf rêveur est donc interprété par Vincent Lindon, nous avons ensuite le maniaque et sympathique Pascal Elbé, la schtroumpfette Virginie Ledoyen, la fleuriste en bottes, Florence Foresti et la grande schtroumpf sage fumeuse de joints Bernadette Lafont ! Tout ce petit monde, n’ayant même pas à se méfier d’un méchant Gargamel parti en vacances pour l’occasion, évolue dans un joli village français au coeur de Londres où de pauvres gens se retrouvent tous les midis au bistrot du coin pour se demander s’ils doivent ajouter un troisième étage à leur duplex. Dur.

Sinon, passée la présentation sommaire des personnages (qui n’évolueront pas à outrance, sachez-le), l’histoire commence peu à peu à trouver son rythme de croisière. Les questionnements sur l’existence ne font pas véritablement honneur à la complexité humaine mais en se laissant prendre au jeu, il n’est pas impossible d’esquisser quelques sourires au détour d’une petite blagounette lancée par Florence Foresti (on est fan où on l’est pas). Si nos exigences de cinéphages passent rapidement à la trappe et permettent à notre cerveau de se déconnecter temporairement du monde réel qui se situe à l’extérieur de la salle de projection, nos dernières capacités intellectuelles réclament néanmoins un semblant de scénario qui, finalement, ne voit jamais le jour. Le film tourne très rapidement en rond et si la réalisatrice Lorraine Lévy (soeur de...) tente tant bien que mal de meubler le vide avec une mise en scène honorable et une bande originale sympathique, on commence à s’ennuyer ferme vers la moitié du métrage.


Difficile de vous raconter concrètement les thèmes qu’expose le film... Marc Lévy brasse large tout en restant à la surface des sentiments. Les déceptions amoureuses se dégagent en un coup de balai, les morts s’oublient en fumant des joints et le semblant d’amitié qui lie les deux protagonistes masculins du film amuse au départ pour sonner faux sur la fin. Cette petite comédie romantique et estivale n’a pas les qualités comiques de ses homologues anglais qu’elle semble prendre pour modèle et encore moins l’ironie ou le cynisme qu’on leur connaît. Et à force de guimauve, le sucre écoeure et l’effet anesthésiant du départ laisse place à un ennui ferme et un certain énervement. Mes amis, mes amours et mes emmerdes alors ? Elles sont où les emmmerdes ?



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