L'HISTOIRE : Fasciné par trois actrices, Robert est sans doute pour celles-ci, le fan le plus collant du cinéma français. Agent de service la nuit dans une grande agence artistique, il consacre toutes ses journées à "ses" stars et n'hésite pas à s'immiscer dans leurs vies. Réunies sur un même tournage, les trois actrices découvrent un jour qu'elles ont le même problème... avec le même fan. Elles vont alors décider de s'unir pour lui régler son compte : elles étaient ses idoles... elles vont devenir son pire cauchemar !
La caricature est encore plus drôle quand elle s’assume... Il faudrait en glisser un mot à Laetitia Colombani. Car le second film de la jeune cinéaste, petite friandise douce-amère sur le monde du cinéma, manque parfois de croustillant et surtout de vraie méchanceté et cette première tentative dans le registre de la comédie pure nous laisse un brin sur notre faim malgré un fort potentiel. Alors oui, l’idée de départ fait des étincelles et semble idéale pour faire monter une mayonnaise bien citronnée où coups bas et talons hauts font bon ménage. Réunir Deneuve, Béart et Bernier au sein d’un stratagème machiavélique pour se venger d’un fan trop collant aurait pu prendre une tournure jubilatoire où les capricieuses mêleraient leurs malices pour créer une froide vengeance. Le tout ne fonctionne pas forcément comme on aurait pu l’imaginer... A force de changer les noms de personnalités du milieu (Patrice Leconte devient Patrice Leduc, Dominique Besnehard devient Dominique Bhé...), le portrait perd de son authenticité et les clins d’oeil sonnent faux. Néanmoins, il faut admettre que le film parvient à faire mouche à plusieurs instants grâce notamment aux prestations tranchantes de Deneuve et Béart.
La part du lion, ce sont donc les femmes qui se la taillent et notre Kad national, fraîchement rentré de son voyage nordique semble un peu pâlot à côté de ces trois boules d’énergie. C’est donc une bataille trop déséquilibrée qui se joue ici et le scénario peine parfois à retrouver son souffle dans cette suite de petits traquenards trop gentils. Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’aller plus loin, de pousser le récit dans ses retranchements, de faire de ses grandes actrices de vraies garces et de triturer leurs images jusqu’à épuisement... Des coulisses, on en veut des vraies, et les pattes de velours portées par la cinéaste manquent de réellement égratiner tout ce petit monde. On passe néanmoins un très agréable moment en compagnie de ce quatuor à l’espièglerie candide qui parvient à nous divertir le temps d’une comédie de fin d’année qui devrait connaître un joli succès. Allez, pourquoi pas... A l'affiche cette semaine de L'Immortel, Kad Merad est devenu en quelques années l'un des comédiens les plus populaires de sa génération. L'occasion de revisiter sa carrière en images.