L'HISTOIRE : Businessman brillant et heureux père de famille, John Crowley serait la parfaite représentation du rêve américain si ses deux plus jeunes enfants n'étaient pas atteints d'une grave maladie orpheline. Si une piste prometteuse pour un traitement existe en la personne du Dr Stonehill, ni l'industrie pharmaceutique ni aucun investisseur n'est prêt à parier ses fonds sur sa théorie peu conventionnelle. Alors que l'échéance fatale se rapproche, les Crowley décident de tout risquer pour réunir une somme folle et monter une société de biotechnologie capable de synthétiser un remède.
Un film à l’image de son héros : sympathique, sincère, mais sans doute un peu trop ordinaire
Hollywood aime les histoires vraies, génératrices de scénarios intouchables qu'on ne peut techniquement pas qualifier d'invraisemblables, et d'autant plus promptes à susciter l'empathie du spectateur qu'il est lui-même mis en scène. En ce sens l'histoire des Crowley (premier titre envisagé pour le projet) était en elle-même un noyau dur de potentiels, duquel pouvait être extrait aussi bien drame familial que thriller nerveux ou film procédural.
Si au scénario, Robert Nelson Jacob s'en sort sans trop de casse, derrière la caméra, le procédé choisi par Tom Vaughan pour se garder de déposséder les véritables Crowley de leur histoire risque de quelque peu décevoir les cinéphiles...
Au thriller médical ou corporatiste, le duo Jacob - Vaughan choisit le film intimiste, proche scénaristiquement comme scéniquement de la petite famille, adoptant leur point de vue de bout en bout à la manière de l'article puis du livre constituant leur matériau de départ. En théorie, ce parti pris est tout à leur honneur et, en dépit de quelques limites, fonctionne. Le mérite en revient d'abord au casting, et notamment aux actrices interprétant mère et fille avec une justesse constante. En mère regardant mourir ses enfants mais tentant de garder la tête hors de l'eau, Keri Russell convainc aussi bien dans ses scènes les plus intenses que dans le rendu d'un quotidien qui se veut heureux tant que faire se peut. Dans le rôle de la jeune Megan, Meredith Droeger se révèle étonnante de fraîcheur, ne nous faisant pas oublier un instant, derrière la maturité de son jeu et de son personnage, que l'on a affaire à une enfant.

Julie DECOTTIGNIES
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