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Mesures exceptionnelles

La critique d'Excessif

3/5
Affiche ciné Mesures Exceptionnelles L'HISTOIRE :

Businessman brillant et heureux père de famille, John Crowley serait la parfaite représentation du rêve américain si ses deux plus jeunes enfants n'étaient pas atteints d'une grave maladie orpheline. Si une piste prometteuse pour un traitement existe en la personne du Dr Stonehill, ni l'industrie pharmaceutique ni aucun investisseur n'est prêt à parier ses fonds sur sa théorie peu conventionnelle. Alors que l'échéance fatale se rapproche, les Crowley décident de tout risquer pour réunir une somme folle et monter une société de biotechnologie capable de synthétiser un remède.

Un film à l’image de son héros : sympathique, sincère, mais sans doute un peu trop ordinaire

Hollywood aime les histoires vraies, génératrices de scénarios intouchables qu'on ne peut techniquement pas qualifier d'invraisemblables, et d'autant plus promptes à susciter l'empathie du spectateur qu'il est lui-même mis en scène. En ce sens l'histoire des Crowley (premier titre envisagé pour le projet) était en elle-même un noyau dur de potentiels, duquel pouvait être extrait aussi bien drame familial que thriller nerveux ou film procédural.
 
Si au scénario, Robert Nelson Jacob s'en sort sans trop de casse, derrière la caméra, le procédé choisi par Tom Vaughan pour se garder de déposséder les véritables Crowley de leur histoire risque de quelque peu décevoir les cinéphiles...
 
Au thriller médical ou corporatiste, le duo Jacob - Vaughan choisit le film intimiste, proche scénaristiquement comme scéniquement de la petite famille, adoptant leur point de vue de bout en bout à la manière de l'article puis du livre constituant leur matériau de départ. En théorie, ce parti pris est tout à leur honneur et, en dépit de quelques limites, fonctionne. Le mérite en revient d'abord au casting, et notamment aux actrices interprétant mère et fille avec une justesse constante. En mère regardant mourir ses enfants mais tentant de garder la tête hors de l'eau, Keri Russell convainc aussi bien dans ses scènes les plus intenses que dans le rendu d'un quotidien qui se veut heureux tant que faire se peut. Dans le rôle de la jeune Megan, Meredith Droeger se révèle étonnante de fraîcheur, ne nous faisant pas oublier un instant, derrière la maturité de son jeu et de son personnage, que l'on a affaire à une enfant.

 


 
Si la dynamique familiale fonctionne donc très bien, le bât blesse dès lors que l'on s'attaque à l'aspect course contre la montre de l'histoire. Là encore, le scénario fait les choses en finesse, évitant de diaboliser totalement l'industrie pharmaceutique tout en révélant les rouages strictement économiques de la mécanique. Mais cette finesse passerait presque pour de la mollesse via le prisme d'une réalisation bien trop calme, trop lisse. En les confinant quasiment exclusivement au cadre de la maison de famille, la modestie de la mise en scène justifie la sobriété et par là-même, l'authenticité du jeu des actrices. Cette même modestie devient un handicap lorsqu'il s'agit de filmer en extérieur ou au sein de décors moins intimistes tels le laboratoire. Couleur, lumière et surtout découpage scénique, tout compose un rendu étrange, comme si Vaughan avait oublié que Mesures exceptionnelles était destiné au grand écran, et filmait très exactement comme pour le petit. Peut-être par volonté de rester à hauteur d'homme, de demeurer aussi intime et vrai que l'histoire des Crowley le fut à l'origine. Louable certes, et acceptable dans le fond, mais décevant à l'écran. Jamais un plan séquence pour retranscrire la tension, jamais un cadrage en pied pour traduire la nervosité de Crowley ou Stonehill. En ne laissant aux deux acteurs principaux que la possibilité de s'exprimer via leur visage, Vaughan pousse Brendan Fraser comme Harrison Ford à tout donner dans la voix et la mobilité de leurs traits, ne leur permettant presque jamais d'utiliser leurs corps et donnant - à tort - l'impression que l'un comme l'autre finissent parfois par en faire trop... On sent le duo, et notamment Ford, qu'on a connu magistral dans plus d'un drame, coincé dans une mise en scène trop étriquée, trop étroite pour leurs larges épaules, et ce sont à nouveaux les scènes intimistes entre les deux hommes qui rappelleront tout le talent qu'on leur connaît.
 
Au bout du compte, on aurait vraiment aimé que Mesures exceptionnelles soit à l'image de son héros en situation, capable de prendre des risques, d'adopter des prises de positions, de bouger, courir, quitte à s'essouffler. Au final, il sera à l'image de son héros dans la vie de tous les jours : éminemment sympathique, absolument sincère, mais finalement ordinaire.

 

 

Julie DECOTTIGNIES

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Le verdict des internautes

Total des votes : 33

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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oropherbp 22/03/2010 à 09h14
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