Autant le dire tout de suite :
Meurtres à la Saint-Valentin 3D ne satisfait en rien les attentes du spectateur, qu'il soit amateur de films d'horreur ou désireux d'expériences nouvelles de films en 3D. Pire, en voulant donner un esprit fun et eighties, le réalisateur Patrick Lussier passe totalement à côté des enjeux dramatiques et se moque volontiers du public en mettant en scène une histoire stéréotypée et déjà vue des centaines de fois. Pas très gore, pas très fun, pas très effrayant. Un film fade et sans saveur.

L'idée de faire un remake de Meurtres à la Saint-Valentin n'était pas forcément quelque chose de très original, s'inscrivant dans la lignée d'une énième remise au goût du jour d'un slasher des eighties. Le film original reste honnête, mais il est loin d'arriver à la cheville d'un
Halloween ou d'un
Massacre à la tronçonneuse. Seule plus-value, et non des moindres, l'exploitation de la technologie 3D. Un élément fort intrigant qui donne l'eau à la bouche à de nombreux fans de films de genre cherchant une expérience nouvelle en matière d'horreur.

Hélas, de cette expérience on en ressort presque indifférent tant le film est plat. Un comble pour un film en 3D ! L'équipe technique du film a beau mettre en avant l'utilisation de la nouvelle caméra numérique Red One avec des images en 4K et en 3D, le résultat s’avère plus que décevant. Ce système qui se veut à la pointe de ce qui se fait de mieux actuellement en super 3D permet, certes, une restitution des volumes et de la profondeur de l'image impeccable. Mais, hélas, la mise en scène est tellement pauvre et sans "relief" que les purs effets 3D se comptent sur les doigts d'une main. La mise en scène n'est jamais pensée en trois dimensions. Là où
Scar 3D arrivait à rendre palpable les textures suintantes des plaies et vaporeux les panaches de fumée,
Meurtres à la Saint-Valentin 3D s'ingénie à proposer des effets funs et cheaps à la manière des films en 3D des fêtes foraines. Hélas, ils sont si brefs qu'ils se révèlent peu saisissants, si bien que le spectateur ne sursaute pratiquement jamais de son fauteuil et qu'il assiste sans la moindre émotion au carnage de ce slasher qui massacre tout ce qui bouge.
Les acteurs manquent singulièrement de charisme avec une mention spéciale pour les deux rescapés de la série Dawson, Jensen Ackles et Kerr Smith. Ils incarnent à la perfection la figure archétypale du metro-sexuel. Dans le genre transfuge de série télé, on leur préférera Jason Presley…C'est dire ! À cela s'ajoutent des personnages tièdes, inconsistants et sans profondeur psychologique. Seul le boogeyman impose une certaine prestance grâce à un look assez léché, avec son masque à gaz, son casque de mineur rivé sur la tête et sa pioche à laquelle rien ne résiste. Mais ça s’arrête là.

Le film accuse une structure scénaristique ultra-linéaire et sans véritable rebondissement. Il cherche à mettre en place un pseudo-triangle amoureux autour de la ravissante Jaime King, mais sans approfondir les enjeux dramatiques qui en découlent. Les scénaristes ont quand même essayé de brouiller les pistes un tant soit peu sur l'identité du tueur. Cependant la maladresse et la volonté que le film soit compris par un large public enlèvent toute subtilité et originalité, si bien que, celui (où celle) qui se cache derrière le masque du vilain saute aux yeux rapidement. Le spectateur semble être considéré comme un têtard décérébré dépourvu de la moindre réflexion. On a véritablement l'impression qu'on se moque du public, le film n'arrivant jamais à jouer sur ses attentes.
Après le calamiteux
Scar 3D,
Meurtres à la Saint-Valentin 3D confirme le manque flagrant d'intégrité et de talent chez les réalisateurs qui cherchent à utiliser la 3D. Elle est plus considérée comme un gadget qu'autre chose, jamais exploitée de manière à insuffler une réelle nouvelle dimension à la mise en scène. Vivement que James Cameron mette les points sur les i et montre enfin ce que c'est qu'un film en super 3D, digne de cette appellation et qui ne se moque pas du public.