La critique d'Excessif

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Affiche Miami vice - Deux flics à Miami L'HISTOIRE :

Miami... Deux agents fédéraux et la famille d'un informateur ont été sauvagement exécutés. Une nouvelle enquête commence pour Sonny Crockett et son coéquipier Ricardo Tubbs, avec une certitude : la fuite qui a permis ce massacre en règle provenait des sommets de la hiérarchie... Les deux inspecteurs découvrent rapidement que les tueurs étaient au service de la Fraternité Aryenne, organisation suprématiste liée à un réseau de trafiquants internationaux doté d'un système de protection ultra-sophistiqué. Poursuivant leurs investigations, les deux partenaires prennent contact avec l'administratrice

La projection de Miami Vice à la presse s'est déroulée ce matin. Comme tout film de Michael Mann (Heat, Collateral, Le Dernier des Mohicans, Révélations, Ali, ..) qui se respecte, l'attente était évidemment énorme, d'autant qu'il s'agit de l'adaptation d'une série culte des années 80 dont il était producteur exécutif.
Après la déception Superman Returns, le très fun Pirates des Caraïbes 2 (mais finalement très calibré), Miami Vice était attendu comme le film choc et incontournable de cet été au cinéma. Le verdict ? Unanime.

MIAMI VICE
Un film de Michael Mann
Avec Colin Farrell, Jamie Foxx, Gong Li, Naomie Harris, Luis Tosar, John Ortiz, Barry Shabaka Henley, Ciaran Hinds, Justin Theroux, Isaach De Bankolé.
Durée : 2h15 environ
Sortie : 16 Août 2006



Miami Vice le film n'a plus rien à voir avec Miami Vice la série. Néanmoins ils partagent un énorme point commun : celui de s'adresser au grand public. Un défaut ? Non, au contraire. Miami Vice impose par ses éclats de violence rares et marquants, son esthétisation extrême mais jamais vulgaire, ses personnages principaux taillés à la cisaille, ses secondaires presque absents mais indispensables au background réaliste (on trouve une bonne dizaine de personnages comme Danny Trejo dans Heat, presque hors-champ mais sans qui le film perdrait en consistance). Sur une intrigue assez simpliste mais jamais pauvre, racontant finalement l'histoire de flics infiltrés et amoureux de leur copine, Miami Vice étale tout le talent de Michael Mann au service d'un buddy movie rehaussant le genre à niveau insoupçonné. Sombre mais jouissif, splendidement photographié en HD (le support pellicule en prend pour son grade), mélangeant une approche ultra-réaliste à une photographie stylisée, Miami Vice s'impose comme le fossoyeur des Bad Boys, et possède le potentiel pour devenir un film culte. Seul hic : même si le film se suffit à lui-même, le fan de Michael Mann décèlera qu'une director's cut doit bien exister quelque part...
Note : 9.9/10 (en gardant le 10 pour une éventuelle director's cut !)



Impossible de quitter les yeux de l’écran du début à la fin: de l’intro abrupte dans une boîte de nuit (au moins aussi intense que celle de Collateral) à la dernière scène (qui stimule sacrément l’affect lacrymal), Miami Vice imprime la rétine, flagelle les viscères, retourne les tripes. C’est tellement virtuose que ça en devient presque épuisant. Peu importe que l’on ne pige rien au concept de la série ou qu’on n’ait vu aucun des épisodes: le film a été conçu pour satisfaire à la fois les fans et les profanes. De toute manière, le script est très classique (le précédent Collateral tirait le meilleur d'un scénario presque conventionnel qui avait pour dessein de mettre en valeur tous les autres éléments du film) et délivre des rebondissements avec une précision à la fois mécanique et diabolique; mais, la maestria formelle de Mann (plans hallucinants, mouvements de caméra ébouriffants, travail sur le son ahurissant) transcende tout. A travers ce canevas, on retrouve la thématique obsessionnelle de Mann (frontière ténue entre le bien et le mal, rapport de haine, de peur et de fascination, plongées nocturnes, fusillades en béton armé, manipulation, intrigues parallèles qui finissent par se rejoindre insidieusement) et ses plus beaux effets de style (alternance entre moments tendus et séquences intimistes). C’est tellement cohérent sur ce plan que ça peut aisément ressembler à un aboutissement dans la carrière du cinéaste.



Il transpire ici un amour du cinéma, une humanité rugueuse, une générosité dans l’interprétation des acteurs. Parmi eux, si le duo Farrell-Foxx assure, c’est le paradoxe Gong Li qui tire son épingle du jeu: elle magnifie par son simple talent un personnage qui sur le papier confine au cliché et réussit à véhiculer une gamme variée d’émotions. La relation qu’elle noue avec Colin Farrell devient déchirante, alors qu’au départ, on craint le pire dans le registre de la romance sirupeuse. Mann ne bouffe pas de ce pain-là et il a raison. Le film est rempli de micro-exploits de ce genre (et bien plus encore). Certains pourront reprocher à Mann de ne pas renouveler sa grammaire cinématographique (une bonne louche de Collateral, quelques autocitations de Heat). Peu importe: il vient de signer ici un uppercut terrassant où le bien et le mal se cherchent délicieusement des noises. S’il n’y a qu’un seul film à voir cet été, c’est celui-ci.
Note : 10/10



Liberté formelle et intégrale pour un Michael Mann dont la priorité demeure son propre plaisir et celui de ses fans au service d’un film de genre pur et dur. Laissant de côté toute similitude avec la série télévisée dont il s’inspire, à l’exception de ses personnages principaux, mais fonçant systématiquement vers un minimalisme narratif de série TV (deux flics undercover chez les trafiquants de drogue), le cinéaste use le prétexte du divertissement pour signer un exercice de style monstrueusement couillu : celui du pitch le plus bateau du cinéma policier pour signer un film d’action viscéral, d’une brutalité et d’une violence assez inouïes lors des fusillades – on ne compte plus les têtes et les membres qui partent en lambeaux, les armes sont grosses comme des Twingo – dans un style qui lui est depuis devenu propre et dont chaque plan retenti comme un uppercut destiné au spectateur. Et parce qu’il n’a nulle autre prétention que de faire mal, voire très mal, Miami Vice le film atteint son objectif avec une réjouissante aisance.
Note : 8/10




Malgré un petit goût amer inévitable, dû à la comparaison avec Heat, Michael Mann imprime son génie virtuose sur chaque bobine, avec une classe et un talent aussi insolent qu’éclatant. Renvoyant littéralement tous les autres réalisateurs de la planète à leur biberon, Mann pèche pourtant par la faiblesse de son propos, le faciès inexpressif de Colin Farrell et le développement parfois étrangement superficiel de ses personnages. Miami Vice nous offre au final un scénario mince aux ficelles scénaristiques un peu faciles, mais transcendé par une forme sombre et éblouissante, transformant une histoire dépressive en œuvre d’art mouvante. Mann prouve donc une fois de plus que le septième art existe bel et bien, portant fièrement le flambeau des films de genres intelligent, réussi et virtuose. Merci l’artiste.
Note : 10/10

Attendu comme la claque de l'été, Miami Vice permet à Michael Mann d'exposer une nouvelle fois son sens inné et esthétiquement parfait de la mise en scène. Ceux qui espèrent découvrir la ville de Floride sous un autre jour (ou plutôt une autre nuit), à l'instar de Los Angeles dans Heat, seront sans doute quelque peu déroutés, car paradoxalement l'action ne se déroule assez rarement à Miami. En revanche, les scènes d'action sont d'une violence jouissive, Gong Li n'a jamais été aussi belle, Colin Farrell surprend agréablement, et surtout le film va jusqu'au bout de ses intentions dans tout ce qu'il entreprend sans se soucier du label "blockbuster" et les contraintes et figures imposées que cela implique. Pour la faire court, Miami Vice n'est rien d'autre que le film qu'aurait dû (pu ?) être Mission impossible 3. Jouissif, décomplexé et virtuose.
Note : 10/10



Miami Vice est bien l’adaptation parfaite que l’on espérait, ni plus ni moins. De la série culte des années 80, Mann a su reprendre un sens indéniable du rythme et de la musicalité, transcendé, amplifié mille fois par le réalisme saisissant du réalisateur virtuose. L’utilisation de la HD trouve ici une pleine justification et permet de projeter Miami en plein 21ème siècle. Les plages ensoleillées et les boîtes surchauffées ont cédé leur place à un univers plus sombre et sous terrain (n’employons pas à tort le mot adulte), théâtre idéal des joutes opposant forces de l’ordre et trafiquants en tout genre. D’un point de vue scénaristique, Miami Vice n’est pas si éloigné d’un Bad Boys II. Difficile pourtant de prolonger la comparaison tant l’univers du premier est infiniment plus documenté et précis que celui du buddy movie de Michael Bay. On retrouve ici la volonté, inhérente à Michael Mann depuis Manhunter, de dépeindre avec un sens extrême du détail le monde criminel dans tout ce qu’il a plus ambigu, de plus noir et de plus désespéré. La partie undercover/infiltration du film est brillantissime de par sa capacité à absorber et tenir en haleine le spectateur. Mann excelle sur tous les tableaux (scènes d’action, plans intimistes, plans larges stylisés) et signe peut-être son film le plus dense sur le plan formel. Il faut souligner la qualité hors normes du casting, avec en premier lieu un Colin Farrell éblouissant, lui qui a entamé une incroyable métamorphose avec Alexander et Le Nouveau Monde, ainsi que Gong Li, qui forme avec lui un couple sublime, insufflant un parfum de romance à l’univers très viril du film. Miami Vice se pose sans conteste comme l’expérience ciné la plus excitante et la plus grisante de l’année, à peine contrariée par un final certes moins grandiose et abouti que celui –inoubliable- d’un Heat ou d’un Collateral. Vivement la suite ?
Note : 9/10

THOMAS LEGAL
Sur le papier, Miami Vice avait déjà l’apparence du grand film malade. Dépassement de budget, incidents de plateau, durée du film réduite à 2h15, tout cela laissait craindre un résultat inégal. Bien-sûr la réalisation de Mann est une nouvelle fois exemplaire. On retrouve sa patte habituelle, notamment un gros travail sur la lumière, le son (le rendu des fusillades est proprement hallucinant) et le montage, auquel il faut ajouter un cadrage surprenant et osé, bien plus audacieux que ses précédentes œuvres. Malheureusement, le scénario est non seulement basique mais la structure se révèle parfois bancale (peut-être due aux nombreuses coupes). Le film peine à trouver son rythme dans la première demi-heure. Pire, la relation quasi-fusionnelle qui devrait lier les deux héros a beaucoup de mal à exister. Au contraire, la relation entre Gong Li et Colin Farrell (tous les deux excellents) est extrêmement réussie, au point d’effacer le personnage de Jamie Foxx ainsi que des seconds-rôles qui auraient mérité un meilleur traitement comme Naomie Harris ou Justin Theroux. Les scènes d’action, finalement peu nombreuses, sont mises en scène avec brio même si on peut leur reprocher une certaine fixité. Au final, Miami Vice se regarde sans déplaisir mais reste nettement inférieur à Heat ou Collateral.

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