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Michel Vaillant

La critique d'Excessif

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michelvaillantultimatez2 L'HISTOIRE : Michel Vaillant, pilote virtuose, est le champion incontesté des rallyes. Jalouse de son succès, Ruth Wong, qui dirige l'équipe Leader et n'a de cesse de venger la mémoire de son père, est prête à tout pour détruire les Vaillant. Sur la grille de départ des 24 Heures du Mans, les deux écuries se préparent à un duel sans merci.
Dire qu’on attendait strictement rien de Michel Vaillant est un doux euphémisme tant le projet s’annonçait particulièrement épouvantable : Besson aux commandes de la production et du scénario (on a encore son Fanfan la tulipe à travers la gorge), un réalisateur qui a réussi à signer (selon nous) le pire film de l’année 2002 pour son coup d’essai (Sueurs) et une bande-annonce qui au mieux faisait penser à un Driven esthétisant. Bref, tout laissait à penser que l’excellente et populaire bande-dessinée Michel Vaillant n’allait pas sortir grandie de cette affaire. Dans le mille ! Michel Vaillant est un film poliment nul.

MICHEL VAILLANT
Réalisateur : Louis-Pascal Couvelaire
Acteurs: Sagamore Stévenin, Peter Youngblood Hills, Diane Kruger, Jean-Pierre Cassel
Durée : 1h 44
Sortie : 19 novembre 2003

Depuis 25 ans, les familles Vaillant et Leader s’affrontent sur les circuits automobiles du monde entier. Parce qu’elle a à sa tête le meilleur pilote du monde, Michel Vaillant, l’écurie Vaillante gagne régulièrement. Mais tout est remis en cause peu de temps avant le départ des 24 heures du Mans lorsque la perfide Ruth Wong, fille de feu Leader, engage son écurie dans la bataille et s’avère bien décidée à user de tous les (mauvais) coups pour emporter la victoire. L’affrontement s’annonce intense d’autant plus que la mère de Michel Vaillant a fait un rêve (cauchemar) prémonitoire voyant son fils mourir après un violent accrochage avec l’une des voitures Leader.



Non content de ne pas reprendre l’un des récits tirés de la soixantaine d’albums répartie sur près de 50 ans si ce n’est la vision prémonitoire de Elisabeth Vaillant qui ouvre le film (que l’on retrouve dans le volume 5 de la bande-dessinée, Le 13 est au départ), Luc Besson et son co-scénariste ont opté pour l’aspect humain du récit. En cherchant ainsi à s’éloigner d’un concept de divertissement formaté basé avant tout sur une multitude de rebondissements et de scènes d’action spectaculaires, concept que le cinéma américain maîtrise souvent à la perfection, les deux compères démontrent une méconnaissance totale de ce qui fait la richesse et l’intérêt de la bande-dessinée créée par Jean Graton. Effectivement, qui a déjà parcouru un album de Michel Vaillant sait à quel point les personnages, leur psychologie et leurs rapports sont avant tout très stéréotypés (les gentils, les Vaillant, sont très gentils, et les méchants, les Leader ou encore l’adversaire privilégié de Vaillant, Bob Cramer, sont très méchants) et que découvrir cela sur un grand écran prête presque inéluctablement à sourire. Ce qui est le cas puisque mise à part une tentative pour rendre plus poétique, romantique le personnage de Michel Vaillant (en cela le choix de Stévenin s’explique car sinon côté ressemblance avec le héros de Graton, on cherche encore) on retrouve parfaitement cette simplicité psychologique rendant certaines situations dialoguées au mieux niaises, au pire risibles. Pas étonnant donc que les comédiens et notamment Peter Youngblood Hills (une caricature navrante et si éloignée de Steve Warson, l’acteur n’étant pas aidé il est vrai par une post-synchronisation des dialogues complètement ratée) semblent perdus dans un tel vide dramartugique, Sagamore Stévenin ayant le mérite d’apporter une certaine justesse lors de quelques brèves scènes (la vente aux enchères, l’explication de la trajectoire parfaite).



En choisissant ainsi les personnages à l’action, on nous prive donc presque totalement du formidable potentiel de la bande-dessinée, à savoir une description riche, précise et palpitante de l’univers de la course automobile. Alors que les auteurs du film avaient tous les éléments pour nous faire vivre ce qui se passe exactement à l’intérieur du paddock, des stands ou encore dans les usines, on ne fait qu’y pénétrer en catimini et de manière ultra furtive. Cette soif incessante d’être les meilleurs chez les Vaillant, cette volonté de se dépasser humainement et mécaniquement pour aller toujours plus vite, on ne fait que l’effleurer. Frustrant !

Mais ce qui l’est encore plus finalement, c’est le traitement par l’image de ce qui est censé à première vue être le clou du spectacle : les courses de voitures et en particulier le final aux 24 heures du mans. Certes, les moyens déployés sont visiblement importants (l’équipe du film a réellement participé à l’épreuve) et certains plans ont même une réelle efficacité visuelle démontrant que Louis-Pascal Couvelaire est en progrès depuis Sueurs (ok, il partait de très bas) mais où sont les enjeux ? Sans trop en révéler, sachez que la majeure partie de la course finale n’en possède pas, du moins sportifs (soit la raison même d’une course automobile) puisque Vaillant est contraint de perdre. De même, lorsqu'une séquence s’annonce prometteuse comme celle où Vaillant et Warson sont obligés de ramener les voitures sur le circuit en passant par des routes "normales" en un temps record (18mn pour faire 65 km), le résultat est à l’écran à peine distrayant car délibérément anti-spectaculaire (un pauvre plan d’une 2CV ébranlée par le dépassement furieux des deux bolides) et surtout bien trop court. A ce titre, on ne peut s’empêcher de penser à une même genre de séquence dans Driven (la course-poursuite dans la ville entre les deux monoplaces) qui, elle, possédait une démesure jouissive et cette volonté finalement simple d’en mettre plein la vue à son audience. Quant au crash, point d’orgue de la course des 24 heures, là aussi, on a l’impression de l’avoir déjà vu ailleurs et en plus intense et réussi (Driven encore !).



Adaptation plus que maladroite de Michel Vaillant (les points communs étant finalement si maigres que le film aurait pu aisément s’appeler autrement, Driven 2 ?), le film de Louis-Pascal Couvelaire n’est pas un ratage absolu. Mais en l’état, n’importe quel album de la bande-dessinée, l’explose en termes d’intérêt et de suspense. Tiens, le 65ème épisode des aventures de Michel Vaillant, L’épreuve, vient récemment de sortir. Une sorte de parfait palliatif à un triste spectacle cinématographique !

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