L'HISTOIRE : Durant la Seconde Guerre mondiale, dans les montagnes toscanes, une escouade exclusivement composée de soldats noirs américains est encerclée dans un village italien ...
New York, années 80. Hector Negron, un employé de banque noir abat sans raison apparente un immigré italien venu acheter des timbres. Un jeune journaliste, Tim Boyle, est autorisé à rencontrer le tueur avant son procès. Celui-ci s'avère posséder une tête de statue dérobée en 1944 dans l'Italie occupée par les Allemands. Hector était membre des « Buffalo Soldiers », premier bataillon entièrement constitué d'hommes de couleur, ayant débarqué notamment en Toscane cet été là, près d'un village martyr nommé Santa Anna...
Vu de France, le nouveau film de Spike Lee apparaît presque comme une redondance. Mettre en lumière le rôle joué par les minorités lors du Débarquement des Alliés en Europe, Indigènes l'a déjà fait. S'il ne parle pas de colonialisme, mais plutôt d'intégration et de respect, et ne constitue en rien une oeuvre militante dans son ensemble, Miracle à Santa Anna, par de nombreux aspects, rappelle le film de Rachid Bouchareb, qui lui-même marchait sur les traces du monument Ryan : histoire centrée sur un petit bataillon représentant une nation dans toute sa diversité , scène forte inaugurale où le courage de chacun est testé, rencontre avec les populations civiles, et, fatalement, le sacrifice final dans une bataille rangée à 1 contre 100. En cela, le film ne surprend guère et on peut même dire qu'il se sert de ces conventions pour raconter tout autre chose.
Un contraste souligné avec peu de subtilité par un flash-back en Louisiane trop théâtral. Stationnée entre les étroites rues du village paysan, l'intrigue s'attache alors autant aux civils, à la fois patriotes et apeurés, qu'aux résistants italiens, les partisans, eux aussi porteurs de leur propre douloureux passé. Les Nazis, eux, sont logés à la même enseigne qu'il y a cinquante ans déjà au cinéma : la plupart sont des fous sanguinaires sans aucune pitié, et seuls certains militaires montrent leurs émotions et savent se montrer humains. Si l'on rajoute à cette galerie de portraits des officiers américains plutôt racistes, on comprend mieux l'imposante durée de ce Miracle à Santa Anna, d'autant que Lee s'attarde bien évidemment sur le petit garçon de l'affiche, fil rouge d'une histoire qui prend peut-être trop de temps pour poser ses enjeux.
Heureusement, le cinéaste montre à chaque instant que le savoir-faire qui a illuminé ses derniers films n'est pas à sous-estimer : tirant profit de la magnifique photo naturaliste de Matthew Libatique (chef op' de tous les films d'Aronofsky), et de l'imposante musique composée par le fidèle Terence Blanchard (qui poursuit avec brio les expérimentations orchestrales dissonantes débutées avec La 24 heures avant la nuit et Inside Man – l’homme de l’intérieur), Spike Lee signe une oeuvre plutôt émouvante et raisonnablement spectaculaire – disons du niveau de la série Band of Brothers, l'image monochromatique en moins. Une semi-réussite (voyons un peu le verre plein pour une fois !) qui doit beaucoup à l'effet de surprise, le metteur en scène new-yorkais ne s'étant jamais frotté à une fresque d'une telle ampleur auparavant, même pour sa biographie de Malcolm X. 































Tiré du roman éponyme de James McBride (qui a aussi écrit le scénario), l'histoire est celle d'un commando composé de 4 noirs américains, issus de la 92eme division, nommée « Buffalo Soldiers », ...