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Mission Impossible 3

La critique d'Excessif

3/5
mi3_z2coll L'HISTOIRE : Ethan espérait avoir tourné une page en quittant le service actif de la Force Mission Impossible pour un poste de formateur ; pouvoir enfin mener une vie "normale", se consacrer tout entier à sa ravissante épouse, Julia... Mais lorsque Lindsey, la plus brillante recrue de l'IMF "tombe" à Berlin, Ethan se sent moralement obligé de lui porter secours. Assisté de ses fidèles coéquipiers Luther, Zhen et Declan, il infiltre le repaire du trafiquant Owen Davian et arrache la jeune femme des mains d'une quinzaine de ses sbires. Trop tard : quelques instants plus tard, une mini-capsule de magnésium explose dans la tête de Lindsey, la tuant sur le coup. Davian avait tout prévu... Pour Ethan, c'est bien plus qu'un ratage - c'est une faillite personnelle dont il lui faut au plus vite se racheter...
Le premier Mission Impossible était attachant parce qu’au-delà des prouesses pyrotechniques, De Palma avait matière à expérimenter comme un petit fou avec des rebondissements clefs en main, des mise en abyme tortueuses et une thématique pas si éloignée de ses obsessions. Le résultat était si alambiqué qu’il a laissé sur le bas-côté les amateurs de produits strictement bourrins. Dans le second Mission Impossible, John Woo injectait moins de personnalité, effectuait un travail de pur formaliste et se contentait de recycler quelques unes de ses figures stylistiques les plus connues. Dans ce troisième volet, JJ Abrams, rendu célèbre grâce aux séries Alias et Lost dont il est le créateur, orchestre des scènes d’action invraisemblables, dangereuses et impressionnantes sagement disposées à intervalle régulier. C’est en cela que le film séduit, c’est qu’il est prévisible et confortable. Une fois le plaisir immédiat passé, on ne rapporte pas grand-chose à la maison si ce n’est l’impression d’avoir vu un film divertissant avec Tom Cruise calibré pour Tom (et les fans de) Cruise et moins une transposition de la série originelle (et ce en dépit d'une belle armada de gadgets en tous genres). Un blockbuster monstrueux d’égocentrisme mais plutôt efficace et plaisant.

MISSION IMPOSSIBLE 3 (M : I : 3)
Réalisé par JJ Abrams
Avec Tom Cruise, Ving Rhames, Maggie Q…
Durée : 2h06min
Date de sortie : 3 mai 2006



Après les terribles missions impossibles du second volet, Ethan a eu envie de tourner la page. Dépression ? Non, envie de rentrer dans le moule du conformisme et de tomber amoureux sans risques et périls. Un jour, Lindsey, une demoiselle pour laquelle il éprouve de forts sentiments et meilleur élément de l’IMF est piégée à Berlin. Il décide de reprendre le boulot pour aider la femme. Alors qu’il pensait l’avoir sauvée, Ethan assiste à sa mort en direct (elle a une mini-capsule de magnésium qui lui explose dans la tête). Pour lui, c’est un échec dont il lui faut au plus vite se racheter.



Soyons clairs : on n’écrit pas Mission Impossible 3 comme on rédige une thèse de troisième cycle. En cela, c’est peut-être le volet le plus satisfaisant de la trilogie parce qu’il répond aux attentes de l’aficionado de blockbusters testostéronés (moins de blabla, plus de séquences spectaculaires) et suit savamment un cahier des charges faussement simplet et en réalité très calibré. De toute façon, on en a pour son argent. Mais il découle des conséquences logiques et pas toujours heureuses : le scénario ne recule devant aucune outrance (oui, ça fait partie de la série et du genre, donc pas de quoi s’en plaindre) mais surtout témoigne un mépris pour tous les personnages secondaires qui gravitent autour de Tom Cruise. Tous ont pour mission de mettre la star en valeur et basta.
Les acteurs, plutôt bons, font ce qu’ils peuvent pour donner un minimum de consistance à leurs persos alors qu’ils confinent souvent aux archétypes les plus bêtas. Michelle Monaghan, la bombe de Kiss Kiss Bang Bang, est très mignonne mais elle endosse ici le rôle ingrat de la potiche qui sourit à Tom Cruise et se contente de jouer les Katie Holmes qui subit les événements comme des intempéries. Ving Rhames, Maggie Q et Jonathan Rhys-Meyer sont sympathiques mais plus ou moins anecdotiques selon les situations. Simon Pegg, la révélation rouquine et alcoolisée de Shaun of the Dead, doit se débattre avec quelques répliques qu’il défend avec humour. Billy Crudup apporte un soupçon de perversité bienvenue.
De tous, c’est Philip Seymour Hoffman qui, s’il n’est pas suffisamment inquiétant pour incarner un vrai méchant de cinéma, tire son épingle du jeu et prouve que dans n’importe quel rôle (psychopathe, écrivain manipulateur, pervers, travesti…), il est toujours capable du meilleur. Le comédien s’illustre lors d'une scène irrésistible où il est confronté à son double dans un cadre Italien aux réminiscences farcesques des ZAZ (on change de tête comme de costume). Mais, si en surface, c’est charmant, en substance, tout reste trop lisse et superficiel pour qu’on puisse parler de profondeur.



Parce que l’histoire tourne autour d’un double-agent qui doit cacher son vrai métier à sa dulcinée, on pense légitimement à True Lies, de James Cameron, qui en empruntant le canevas Zidien s’était bien amusé à torturer les aléas d’un couple. JJ Abrams a certainement eu peur de la redite et a préféré plaquer ses codes à lui (toute la première partie est une longue déclinaison du meilleur d'Alias - pré-générique superfétatoire et nerveux à l'appui). Ce n’est que progressivement que le film révèle son potentiel : à Shanghai où le personnage virevolte de manière étourdissante sur des parois de buildings; à Rome où il grimpe les murs comme personne; dans un guet-apens où il est capable de déchiffrer un numéro de chambre sur les lèvres de son comparse plongé dans le mutisme. Les scènes d’action, puissantes, défient les lois de la vraisemblance (scène du pont, de l’hélico, d’explosion à Rome…) et dépotent un max.
Au milieu de ces allées et venues providentielles, il y a la star Tom Cruise qui se met dans des positions et des situations incroyables dont il se tire avec une aisance prodigieuse et déconcertante. Que ce soit à Rome (plage cocasse et classe) ou à Shanghai (partie essentiellement physique et mouvementée), l’acteur fait montre d’une vitalité débordante. Le film est ainsi rempli d’exploits minimalistes qui comblent les creux : Tom et ses dents blanches, Tom qui imite Spiderman, Tom qui fait déraper les camions, Tom qui pleure sans cligner des yeux, Tom qui cause en Italien, Tom qui fait du parachute, Tom qui téléphone en conduisant, Tom qui fait de l’arithmétique sur une vitre avec une craie, Tom qui fracasse la gueule avec un téléphone, Tom qui prend l’ascenseur, Tom qui fait de la varappe, Tom qui fait du bateau avec ses potes… Mais surtout Tom qui cherche à résoudre le mystère de la patte de lapin, véritable McGuffin dont tout le monde se contrefout.



L’humour qui fait beaucoup rire les grabataires donne à penser que Tom flirte avec l’autoparodie mais c’est un peu comme Julia Roberts qui s’autoparodie chez Soderbergh : on regarde ça avec la sensation un peu gênante que l’acteur joue au premier degré alors que le film et le réal fonctionnent à celui du dessus (on fermera les yeux sur la scène du mariage et du gag des alliances). En fin de compte, c’est à mi-chemin entre Tom qui joue avec son image et JJ. Abrams qui accumule les effets mélodramatisants, les ralentis grandiloquents, les combats hypertrophiés et les dialogues primesautiers. Si on délaisse le sous-texte et si on n’a pas envie de chercher des poux dans la tête de la star qui vacille entre pose et arrogance, Mission Impossible 3 ne manque pas de vertus distractives (sur deux heures, on ne s’ennuie pas) et ressemble à un chewing-gum de l’œil qui donne envie paisiblement d’attendre la conclusion bâclée et convenue. Et Tom, juste pour de rire une dernière fois, tu nous redonnes le numéro de ta chambre à Shanghai ?



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Total des votes : 6

Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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