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Mongolian Ping-Pong

La critique d'Excessif

3/5
mongolianpingpongcinefr L'HISTOIRE : Au fin fond de la Mongolie, Bilike trouve un jour une petite balle blanche d'origine inconnue. Les adultes qui l'entourent ne parviennent pas plus que lui à identifier l'objet. Peu satisfait de l'explication de sa grand-mère, laquelle prétend qu'il s'agit d'un trésor des dieux, Bilike décide de mener l'enquête avec sa bande d'amis. Un jour, un marchand ambulant leur répond qu'il s'agit d'une balle de ping pong sans leur donner plus d'explication. Or, lorsque son père tente d'installer la télévision, Bilike entend dire dans une émission dont il ne voit pas les images que le ping pong est le trésor national de la Chine. Dans un élan patriotique, il entreprend avec deux de ses amis de traverser la steppe afin de rendre le trésor à Pékin…
La qualité exceptionnelle qu'autorise la HDV (haute définition) pour un moindre coût a permis à une nouvelle génération de jeunes réalisateurs chinois d'émerger et de s'intéresser à d'autres réalités que celles des grandes villes. Ning Hao fait partie de cette nouvelle vague et signe avec Mongolian Ping Pong, Prix du Public à la Berlinale 2005, une œuvre visuellement stupéfiante et véritablement dépaysante, même si l'on aurait pu espérer une meilleure exploitation de son sujet.

MONGOLIAN PING PONG
Un film de Ning Hao
Avec Hurichabilike, Dawa, Geliban
Durée : 1h42
Sortie le 11 octobre 2006

Au fin fond de la Mongolie, Bilike trouve un jour une petite balle blanche d'origine inconnue. Les adultes qui l'entourent ne parviennent pas plus que lui à identifier l'objet. Peu satisfait de l'explication de sa grand-mère, laquelle prétend qu'il s'agit d'un trésor des dieux, Bilike décide de mener l'enquête avec sa bande d'amis. Un jour, un marchand ambulant leur répond qu'il s'agit d'une balle de ping pong sans leur donner plus d'explication. Or, lorsque son père tente d'installer la télévision, Bilike entend dire dans une émission dont il ne voit pas les images que le ping pong est le trésor national de la Chine. Dans un élan patriotique, il entreprend avec deux de ses amis de traverser la steppe afin de rendre le trésor à Pékin…


Les premières images du film montrent une famille, celle de Bilike, posant devant la Cité Interdite, ou plutôt une image des lieux comme on le réalise quelques minutes après, une scène à laquelle l'un des derniers plans du film viendra faire écho. Pour la famille qui intéresse Ning Hao dans son Mongolian Ping Pong, la ville n'est qu'une carte postale et n'a pas de réalité concrète, si ce n'est à travers les quelques objets que rapporte le voyageur ambulant qui leur rend visite de temps à autres. Ainsi, lorsque Bilike découvre cette balle de ping pong, il se retrouve face à une véritable énigme. La petite balle blanche devient rapidement l'objet d'une vraie fascination de la part de Bilike et de ses amis, tandis que les adultes n'ont que faire de ces enfantillages. L'intrusion de cet objet insolite dans la steppe révèle deux chocs culturels : celui du monde de la ville avec celui des nomades mongols, mais aussi – et surtout – celui des enfants avec celui des adultes. La force de Mongolian Ping Pong provient de l'omniprésence des enfants qui lui confère une fraîcheur inattendue au vu de l'aridité du décor. Il n'est guère difficile de prendre en sympathie Bilike et ses jeunes amis d'autant que les jeunes comédiens qui les interprètent, tous non professionnels, apportent une énergie à un film qui aurait pu n'être qu'un beau défilé de cartes postales – comment ne pas fondre devant la moue irrésistible de Hurichabilike ?


Ning Hao exploite pleinement son décor dans toute son ampleur à travers l'utilisation de nombreux grands angles révélant des terres désertiques à perte de vue, paysages vertigineux soutenus par la magnifique direction de la photographie de Du Jie et par la texture d'image superbe qu'autorise la HDV. En parallèle avec la quête de Bilike, le réalisateur en profite pour dépeindre le mode de vie de tout un petit monde, une dimension documentaire qui ne ralentit en rien le rythme du film grâce à un montage équilibré. Mongolian Ping Pong ne s'attarde pas uniquement sur le quotidien des enfants (dont les petites filles sont étrangement absentes) mais aussi sur le parcours de quelques adultes parmi lesquels on retiendra surtout Wurima, la grande sœur de Bilike qui réalise peu à peu sa prise d'indépendance.


Cependant, la dimension documentaire du métrage n'a pas que des avantages. A vouloir embrasser toute l'organisation de la communauté qu'il filme, Ning Hao se détache progressivement du point de vue des enfants. Primordiale au début du film, la quête de Bilike devient progressivement anecdotique, ne revenant que de temps à autres sur le tapis dans la seconde partie du film. Le réalisateur se place de plus de plus à distance des enfants pour finalement adopter un regard neutre sur son histoire, beaucoup moins intéressant que ce dont le début du récit laissait présager. Si l'on ne s'attendait pas à ce que la tonalité de Mongolian Ping Pong ressemble à celle de Les Dieux sont tombés sur la Tête de Jamie Uys, comédie partant d'un pitch similaire, il est dommage que Ning Hao mette peu à peu l'humour et le rêve de côté pour faire de son oeuvre une simple chronique sociale.


Cela dit, Mongolian Ping Pong reste un joli film dans lequel on prend plaisir à s'immerger, et cela même si l'on reste légèrement sur sa faim. Les qualités indéniables de ce second long métrage du réalisateur ont semble-t-il suffi à convaincre l'acteur et producteur Andy Lau, PDG de la société Focus Films : Ning Hao fait partie des six cinéastes de la diaspora chinoise en Asie à avoir sélectionnés pour participer à Fist Cuts, un film à sketches produit par Andy Lau et qui devrait voir le jour prochainement…

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