L'HISTOIRE : Un long entretien de Jean-Luc Godard présenté ici sous forme de fragments choisis ... A travers ses rencontres avec divers interlocuteurs, Jean-Luc Godard développe la réflexion sur l'Histoire, la politique, le cinéma, l'image et le temps, qui le conduira à s'exposer comme artiste au Centre Pompidou. Les échanges avec Dominique Païni, Jean Narboni, André S.Labarthe, Jean-Marie Straub, Danielle Huillet et Christophe Kantcheff ont été filmé chez Jean-Luc Godard à Rolle, dans son studio de travail, puis au Fresnoy (face aux étudiants) et au Centre Pompidou dans les espaces de l'exposition. Un peu ennuyeux, non ?
Un témoignage important pour le cinéma, qui va ravir les connaisseurs et les artistes. Il n’est pas nécessaire de présenter l’œuvre de Jean-Luc Godard tant son impact sur le cinéma mondiale fut considérable. A l’origine de la « nouvelle vague » à la fin des années 50 avec François Truffaut, il rendra compte tout au long de sa carrière d’un regard unique derrière la caméra. Si l’on connaît bien ses films, l’homme reste cependant plus énigmatique. La plupart d’entre nous croient savoir, mais comme Godard le dit si bien, le public ne connaît que son nom.
Le documentaire d’Alain Fleischer regroupe quelques morceaux de conversations entre Jean-Luc Godard et d’autres personnalités du cinéma, critiques, auteurs, producteurs et cinéastes. Jean-Luc Godard y développe, face caméra, sa réflexion sur l’image, le temps, et bien sûr le cinéma, en passant par l’Histoire et la politique.
Lunettes, cigare, écharpe rouge et le sourire malin, Jean-Luc Godard se raconte au monde, et par-dessus tout, au cinéma. Alain Fleischer nous propose de connaître enfin l’homme caché derrière le nom « Godard ». Le nom lui-même étant presque devenu une expression pour parler du cinéma français dans le monde entier, il était nécessaire d’en savoir un peu plus sur l’un des cinéastes les plus importants de l’Histoire.
La réalisation d’Alain Fleischer offre une position très passive au spectateur, à l’écoute, presque en admiration. Mais comment ne pas l’être devant tant de finesse, d’intelligence, d’humour, et évidemment devant cette connaissance aiguë de ce qu’est le cinéma. « Le cinéma c’est montré ce que l’on ne voit pas »
Derrière cette incontournable vérité, il faut admettre que si tous les distributeurs l’appliquaient, il y aurait peu de films en salles. C’est dit.
Ce documentaire nous permet de pénétrer chez Jean-Luc Godard, à Rolle en Suisse, et de l’observer pendant le travail de préparation de l’exposition qui lui fut consacrée au centre Georges Pompidou en 2006. De cette façon, le spectateur entre dans « l’atelier du peintre » et écoute, privilégié, la démarche de l’artiste dans un processus de création.
Une forme de tristesse se dévoile au fur et à mesure que le film avance. Le spectateur prend conscience en écoutant cet homme, qu’un cinéma est en train de s’éteindre doucement, laissant la place à celui qui envahit les salles aujourd’hui et où malheureusement, on montre ce que l’on voit. Jean-Luc Godard ne se résigne pas pour autant, et continue d’affirmer une réflexion pleine de doutes et de croyances, une science du regard où se rencontrent l’abstraction et la précision. « La caméra est un doute, et non une certitude. »
Sobriété de l’image, clairvoyance du personnage, poésie de la réflexion et justesse des mots, Alain Fleischer tire le meilleur de son sujet. Un film d’apparence simple mais très bien géré, avec une image de fin qui en dit long sur Jean-Luc Godard et le cinéma. Un voyage spirituel où les spectateurs et l’artiste gardent les pieds sur terre, une percée à travers la rétine de Jean-Luc Godard, en pleine mise au point.