Vite plié, vite glissé,
Motel (
Vacancy en version originale) fait - en apparence - partie de ces petits thrillers riches en sensations, rentrant vite dans leurs frais, mais indubitablement noyés dans la masse. Surtout en pleine période estivale pour sa sortie française, où les blockbusters bulldozers écrasent tout sur leur passage. Il y a quelques semaines à la même période et surtout dans la même catégorie, c'est
Paranoiak qui a remporté facilement les faveurs du public américain avec sa conception lego technic d'une incroyable banalité. Eclipsant malheureusement la très bonne petite surprise dont nous parlons actuellement. Car oui, en prenant le parti de ne se focaliser que sur l'angoisse formelle, réaliste, sans aucun artifice grandguignolesque, et sans coup de théâtre détaché,
Motel s'impose comme un survival précipité brut de décoffrage dont l'extrême simplicité demeure la plus grande qualité.
MOTELDe Nimrod Antal
Avec Kate Beckinsale, Luke Wilson, Frank Whaley, David Doty
Durée : 1h21
Date de sortie : 1er août 2007Couple en instance de séparation suite à la mort accidentelle de leur petit garçon, Amy et David Fox tombent soudainement en panne sur une route de campagne après avoir évité un animal. Ils se retrouvent alors forcés et contraints de passer la nuit dans le premier motel du coin en attendant que le garagiste le plus proche soit disponible au petit matin. Installés dans une chambre particulièrement miteuse, ils découvrent des vidéos où des gens se font sauvagement agresser et tuer. Croyant d'abord observer un film d'horreur, ils comprennent vite que les crimes en question ont été filmés dans la pièce où ils se trouvent…La peur viscérale. C'est tout ce qui compte, et c'est peut-être ce qui fonctionne encore le mieux aujourd'hui dans un genre qui s'enorgueillit un peu trop de réinventer tout et n'importe quoi. Mais en oubliant généralement cet élément essentiel. L'angoisse et rien que l'angoisse donc, ici très vite engagée sans jamais prendre le temps de souffler (le spectacle ne dure qu'une heure et quart) et dont la construction évolue au même rythme que l'action, que l'intrigue, et que la personnalité fragile de ses héros. Qui plus est dans un lieu clos de trois pièces, à tout casser, laissant de côté tout sentiment de confort. Parce que l'intégralité du métrage se présente comme ce que proposent en général les scènes finales d'autres productions plus ou moins abouties, il ne raconte aucune autre histoire que celle de sa propre survie, par tous les moyens. Deux proies, et une meute d'assassins : ni plus, ni moins. Le contexte du snuff movie n'étant ici qu'une excuse pour justifier l'attitude meurtrière des frappés locaux. On ne s'y attardera jamais concrètement, parce que l'on ne lâche jamais les acteurs principaux (tous les deux parfaits), et tant mieux.

Cette histoire de couple tentant de survivre à l'attaque d'agresseurs inconnus n'est bien évidemment pas sans nous rappeler notre
Ils maison, et les deux films reposent effectivement sur des bases très similaires. Ils partagent surtout les mêmes qualités : celles d'un cinéma au radicalisme presque primaire, et à une simplicité narrative comme formelle qui empêchent cette angoissante bobine de s'embourber dans les gimmicks pénibles imposés par les studios. Mieux encore, ces fameux poncifs que l'on voit venir en général à des kilomètres n'arrivent ici jamais. C'est juste brut, sec, parfois imprévisible et d'une désarmante efficacité. On aime.
Arnaud ManginRetrouvez toutes les photos du film dans les pages suivantes !