La critique d'Excessif

4/5
Affiche du film Mother L'HISTOIRE : Une veuve élève son fils unique Do-joon qui est sa seule raison d’être.
A 28 ans, il est loin d'être indépendant et sa naïveté le conduit à se comporter parfois bêtement et dangereusement ce qui rend sa mère anxieuse.
Un jour, une fille est retrouvée morte et Do-joon est accusé de ce meurtre.
Afin de sauver son fils, sa mère remue ciel et terre mais l’avocat incompétent qu’elle a choisi ne lui apporte guère d’aide. La police classe très vite l'affaire.
Comptant sur son seul instinc maternel , ne se fiant à personne, la mère part elle-même à la recherche du meurtrier, prête à tout pour prouver l’innocence de son fils…
La grande force du film est de nous faire ressentir une empathie totale pour un personnage menaçant

Après The Host sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs, Bong Joon-Ho revient avec Mother là où on l'avait quitté avec son segment sur Tokyo !, c'est à dire en sélection officielle d'Un Certain Regard. Le cinéaste coréen a rapidement suscité l'intérêt avec le succès de Memories Of Murder dont les réminiscences en filigrane remporteront forcément l'adhésion de son public. Mother, c'est ça, et encore plus...


 

 


Bong Joon-Ho est grand. Après nous avoir ébloui avec des meurtres en série et un film de monstre politico-social, il réitère avec Mother. Un mot simple comme l'amour. Un mot simple comme la mort. Portée par l'exceptionnelle interprétation de Kim Hye-Ja, le film atteint la quintessence d'un thème souvent porté à l'écran (on pense à Hitchcock ou Bertolucci) tout en conservant la singularité des grands auteurs. L'actrice, qui semble libérée de l'apesanteur, rappelle la Mabel Longhetti d'Une femme sous influence, avec sa folie douce parsemée de violentes fulgurances. Dans Mother, la figure matricielle devient un monstre tentaculaire, un ogre anxieux et possessif obligé d'imposer des barrières à son fils pour ne pas le perdre. La grande force du film est de nous faire ressentir une empathie totale pour un personnage menaçant dans ses actes et intraitable dans ses idées. L'instinct maternel se mue en chasse à l'homme, jusqu'à l'aveuglement.

 

 

 

Si Bong Joon-Ho force autant le respect, c'est que sa maîtrise formelle s'allie à la perfection à un scénario en trompe l'oeil dont la révélation fait froid dans le dos (aussi différent et efficace que Memories Of Murder). Il ne s'agit pas pour le cinéaste de créer l'émoi avec un twist roublard. Son centre névralgique, c'est le parcours de cette femme en quête de vérité, ses prises de risque, ses coups de sang. Cette mère est forcée par une société lymphatique (la police ne cherche pas loin, l'avocat s'en fout) de jouer les enquêteurs et le réalisateur se fait un plaisir, comme The Host, de scruter avec horreur ces maux du quotidien engendrés par la fainéantise et la bêtise humaines.

Le réalisateur jette le trouble dès les premières minutes, usant d'un décalage constant avec la réalité et plaçant son récit dans un contexte d'où surgit le malaise (il y est question d'inceste et d'infanticide). De fait, la musique joue un rôle primordial, construisant autour des protagonistes une absurdité enivrante. La partition de Lee Byeong-woo est confrontée avec insistance avec des chansons pop jouées in vitro dans l'histoire. Ce combat incessant entre les deux espaces sonores réveille constamment une inquiétante étrangeté chez le spectateur. A l'image de cette magnifique dernière scène où l'on aimera être dérangé avant d'admirer cette maman monstrueuse qui se jette dans l'oubli pour survivre à sa peine.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

jujulcactus 30/03/2010 à 22h34
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