L'HISTOIRE : Tonia, une transsexuelle vétéran des spectacles de travesti à Lisbonne, voit s’effondrer le monde qui l’entoure. Son statut de star est menacé par la concurrence des jeunes artistes. Son copain veut qu'elle devienne une femme pour de bon. Son fils, qu’elle avait abandonné encore enfant, devenu déserteur, vient à sa recherche. Jusqu'à ce qu'elle se perde dans les bois et fasse des rencontres interdites. Du cinéma 100% radical à la fois drôle et triste, charnu et théorique.
Il suffit d'avoir vu les deux précédents films de Joao Pedro Rodrigues (O'Fantasma et Odete) pour savoir que son cinéma ne triche pas avec le sexe ni avec les sentiments. Dans le premier, un mec se consumait de désir latex dans des métaphores excrémentielles et des frasques sadomasochistes. Dans le second, un homme et une femme apprenaient à s'aimer après le décès soudain de celui qu'ils aimaient tous les deux. Mourir comme un homme marque la fin d'une trilogie queer proche de l'esprit Paul Morrissey-Andy Warhol (Flesh, Trash et Heat), axée sur le corps, la virilité et l'identité sexuelle. Cette fois-ci, les personnages ne se cherchent plus et connaissent déjà tout du sexe, ayant épuisé toute leur batterie de fantasmes. C'est peut-être pour ce supplément de vécu que l'ensemble est aussi long (2h15), si substantiel et dense. A nouveau, Rodrigues y parle du désir dans son expression la plus triviale, filme la guerre comme une étreinte et applique la définition du mélodrame par Rainer W. Fassbinder: il faut du sang, du sperme et des larmes pour qu'il soit réussi. A l'occasion de la sortie de "Mourir comme un homme" de Joao Pedro Rodrigues, retour sur les dix acteurs devenus femmes au cinéma. Dustin Hoffman, Wesley Snipes, Tony Curtis sont folles de vous.