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Non ma fille, tu n'iras pas danser

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Non ma fille, tu n'iras pas danser L'HISTOIRE :

Deux soeurs, Léna et Frédérique, se retrouvent dans la maison familiale de leurs parents, à la campagne. Depuis qu'elle s'est séparée de son mari Nigel, Léna traverse la vie non sans difficulté, avec ses deux enfants. Elle triomphe cependant avec vaillance des nombreux obstacles semés sur leur route. Mais il lui reste encore à affronter le pire : l'implacable bonté de sa famille qui a décidé de faire son bonheur à tout prix...

Une chronique familiale à la fois dense et virulente.
Capable du meilleur comme du pire, Christophe Honoré revient aujourd'hui en très grande forme. Ses trois derniers films, à savoir Dans Paris, La Belle Personne et Les Chansons d'Amour laissaient déjà entrevoir une telle réussite, ce qui n'a pas toujours été le cas avec ce cinéaste. On pense alors à 17 fois Cécile Cassard mais aussi à Ma mère, vraiment pas convaincants. Qu'est-il donc arrivé à Christophe Honoré ? Après moins de dix films, le voilà donc parti vers de tout nouveaux horizons, ce qui, en soi, n'est pas un mal. Son style et son univers restent encore bien marqués, mais le regard de l'homme a considérablement évolué. Désormais, il filme les rapports humains avec une très grande justesse, en alternant violence et douceur à bon escient.

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Les influences de ce nouveau film signé Christophe Honoré sont multiples. Il y a un peu de François Truffaut, bien sûr, et de Louis Malle (la nature n'avait jamais été aussi bien filmée depuis Milou en Mai, classique parmi les classiques), sans oublier l'incontournable Claude Berri. Qui mieux que lui en effet proposa au sein-même du cinéma français d'aussi belles chroniques familiales, entre drames, adultères, violences conjugales ou séparations, à l'instar d'Uranus, d'Un moment d'égarement, ou bien encore de Je vous aime, à l'intérieur duquel Catherine Deneuve se montrait d'ailleurs admirable de bout en bout. Dans Non ma fille, tu n'iras pas danser, c'est au tour de sa propre fille de rayonner. Chiara Mastroianni incarne cette jeune femme, perdue au beau milieu d'une famille qui l'étouffe à trop vouloir s'occuper d'elle. Littéralement incontrôlable, elle dégage une folie proche de la paranoïa, faisant de son entourage, parents, soeur, ex et enfants, ses principales victimes. Pourtant, le personnage séduit plus qu'il n'effraye, essentiellement grâce au charme et à la douceur que transmet la comédienne. Si elle manque parfois de circonstances atténuantes pour expliquer certains actes démesurés (elle joue avec son mari comme un enfant le ferait avec un yo-yo), l'auteur la présente aussi avec beaucoup d'ironie. Ainsi, le personnage apparaît tour à tour drôle puis émouvant, avant de revenir vers un burlesque surprenant mais ô combien jouissif. Plus ou moins responsable de la mort d'une pie, elle fera en sorte de dissimuler le cadavre dans une boite de jeux, loin du regard de ses enfants, pour ensuite aller l'enterrer avec sa soeur qui regrette surtout la perte de l'objet et non de l'oiseau.

 

On citera également les performances de Marina Foïs, décidemment très à l'aise dans le cinéma d'auteur, Marie-Christine Barrault et Fred Ulysse, touchant en couple de retraités encore très épris l'un de l'autre (le réalisateur ose filmer une scène d'amour entre eux, mais avec douceur et poésie), enfin de Julien Honoré, insupportable au premier abord, puis vite divertissant de par une excessivité de jeu constante.
Malgré tout, Christophe Honoré conserve quelques-uns de ses tics les plus agaçants. La théâtralité de certaines séquences a parfois tendance à nous sortir de l'ambiance globale de ce film, et le réalisateur se laisse donc aller à des facilités que l'on aurait préféré ne pas voir... L'histoire débute à peine qu'il se sert d'un de ses personnages principaux (le père), pour présenter les autres, ainsi que leur situation actuelle. On assiste alors impuissant à ce pénible monologue, exprimé par le comédien Fred Ulysse face caméra. Tant d'informations débitées en si peu de temps, une grave erreur qui nuit durement à la mise en place de l'histoire. Fort heureusement, le cinéaste se rattrape par la suite, avant de nous proposer vers la fin la mise en scène imagée d'une histoire lue par le fils ainé de Léna. Un procédé classique et on ne peut plus hors-sujet dans le cas présent.

Exceptées deux ou trois maladresses, Christophe Honoré livre donc un nouveau long-métrage parmi les plus aboutis (et peut-être les plus populaires) de sa carrière, faisant preuve ici d'une maturité et d'une remise en question particulièrement poussées. En espérant que le titre à rallonge (hélas propre au cinéma français) ne repousse pas le public, quel qu'il soit... Cela serait fort dommage.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 5

Les notes des internautes

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    Scénario
  •  
    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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