L'HISTOIRE : John Lennon a grandi dans une famille pleine de secrets. Elevé par sa tante Mimi, il retrouve à l'adolescence sa mère, Julia. Arrivé en âge de comprendre le mystère qui a déchiré ces deux sœurs, John veut réconcilier sa famille. Une paix fragile s'installe, aussitôt ruinée par une tragédie. Mais sa mère a légué à John un don précieux : la musique. Un jeune homme tourmenté trouve enfin sa voie. Une réelle déception
L'idée de voir enfin un biopic sur l'icône John Lennon sur grand écran était ô combien séduisante. Surtout après le biopic réussi d'Anton Corbijn sur Ian Curtis (Control). On se prend à rêver d'une réussite comparable avec ce Nowhere Boy. Mais que ceux qui espèrent voir en ce film un biopic de la qualité de Control d'Anton Corbijn passent leur tour. Le premier long-métrage de Sam Taylor-Wood laisse un goût amer. Nowhere Boy et Control partagent pourtant le même scénariste : Matt Greenhalg et le même chef costume : Julian Day. Fin des comparaisons.
Dans ce film larmoyant, aux réprimandes malvenues sur le pardon, il est tout de même bien compliqué de voir un peu de John Lennon chez Aaron Johnson, remarqué dans Kick Ass de Matthew Vaughn. L'acteur campe un adolescent constamment dans la caricature de rockeur-star autoproclamée, à la trajectoire sans surprise, ne parvenant pas à embarquer son spectateur dans la danse. En échec scolaire, John picole avec son oncle (Charlie) qui disparaît subitement. L'idée de se concentrer sur la relation houleuse qu'a entretenue John Lennon (abandonné par son père Alf) avec Mimi, sa tante qui l'a élevé et sa mère Julia est intéressante, seulement c'est son traitement trop éloquent (à l'image des démonstrations excessives d'Anne-Marie Duff) qui parvient finalement à susciter l'inverse de ce que le film paraît rechercher : un certain renoncement.
La faute n'est pas à imputer au seul Aaron Johnson qui doit composer avec un script convenu et opportuniste, utilisant le nom du légendaire John Lennon pour attirer les adeptes de l'ex Beatles dans un premier long-métrage dispensable. Une déception car Sam Taylor-Wood s'était distinguée avec un court métrage, Love You More sélectionné à Cannes en 2009 et l'on attendait bien davantage de sa première réalisation. Si la peinture de la ville de Liverpool de l'après-guerre est convaincante, elle ne suffit pas à gomme l'insatisfaction générale. De même pour la prestation de Kristin Scott Thomas qui tire son épingle du jeu, incarnant tout ce qui révolte John Lennon : la musique classique, les valeurs bourgeoises, la culture « supérieure », expliquant assez sommairement les engagements futurs de l'artiste. Nowhere Boy manque tout de même de partis pris esthétiques, d'une vraie signature visuelle. Dans la forme, le film est quelconque, sans faute de goût mais pas renversant. Une réelle déception.
Julien LOUBIERE
A l'occasion de la sortie de Nowhere Boy de Sam Taylor Wood, dédié à John Lennon, voici un bilan des films les plus marquants sur le rock.