Produit par l’équipe de
Resident Evil (Paul W. Anderson, Jeremy Bolt et Robert Kulzer),
Pandorum, le dernier long-métrage de l’Allemand Christian Alvard (
Antibodies), relate le parcours de deux astronautes (un lieutenant et un caporal, respectivement incarnés par
Dennis Quaid et
Ben Foster) à la recherche de leur passé. Bien que personne ne les entende hurler dans l’espace, ils perçoivent des vibrations provenant du cœur de leur vaisseau. Sont-ils vraiment seuls à bord? C’est ce qu’ils vont chercher à savoir, mais cette découverte a un prix.
A une heure où la science-fiction se partage au cinéma entre la surenchère des effets pyrotechniques (
Transformers 2 : la revanche) et le pied de nez aux conventions Hollywoodiennes (
District 9),
Pandorum ressemble à un outsider plutôt curieux, réalisé dans l'esprit de la série B où la proverbiale contrainte économique stimule l'inventivité. Dans un premier temps, il partage avec
Event Horizon : le vaisseau de l'au-delà l’envie de faire peur dans l’espace et l’idée que l’horreur se trouve aux confins de l’univers, en fonctionnant sur la claustrophobie du vaisseau spatial et le sentiment d’isolement. Le postulat de base (des astronautes cryogénisés se réveillent sans se souvenir de leur mission) est développé en séparant les deux personnages principaux en fonction de leurs capacités mentales et physiques : l’un réfléchit pendant que l’autre agit. Le suspense repose autant sur leur identité inconnue (qui sont-ils réellement ?) que la nature des rencontres hostiles. Ce qui est étrange, c'est que les monstres sont exhibés dès le premier tiers cassant l’attente de manière brutale et suggérant au passage que la véritable menace se trouve ailleurs.

L’environnement menaçant et le rythme lent privilégient la dimension post-traumatique à l’action, insistant sur les failles psychologiques et transformant le vaisseau en univers mental. Alvard évoque la possibilité des réalités parallèles et la découverte ésotérique d’un arrière-monde sans faire abstraction des références (
Predator,
Alien, le huitième passager,
Pitch Black,
Sunshine,
The Descent). La démarche est parfois si risquée que le serpent se mord la queue. Progressivement, une force primale se dégage des images et le scénario révèle des coups de théâtre inattendus invitant à reconsidérer tout ce qui a précédé d’un point de vue différent. Mais, à force de rebondissements, le récit est inégal, et certaines séquences souffrent de la comparaison avec d'autres plus fortes. Les combats souvent illisibles à cause d’un montage sur-découpé, le vacarme sonore et l’abus de gros plans surlignent le manque de moyens. La récompense, c’est le dernier quart d’heure où la cadence s’accélère de manière spectaculaire et propulse le spectateur dans l’abstraction avant une conclusion qui, un peu comme dans
Abîmes de David Twohy, risque de laisser perplexe les plus cartésiens.