La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Planète 51 L'HISTOIRE : Tout est normal sur la Planète 51. Le ciel est bleu, les habitants sont vert pomme et tout y est rond. Dans les salles de cinéma, "L'attaque de l'humain" fait un carton. Aux JT, les journalistes répètent en agitant leurs huit doigts que l'humain est un monstre extragalactique, une créature même pas verte qui rêve de les envahir. A part ça, tout est normal. Lorsque Chuck, un astronaute aussi futé qu'une huître, déboule de sa fusée pour planter le drapeau américain comme si toutes les caméras du système solaire étaient braquées sur lui, la Planète 51 bascule dans la terreur. Une invasion terrienne, tous aux abris ! L'armée débarque avec ses tanks (ronds), ses hélicos (absolument ronds), ses jeeps (définitivement rondes) pour capturer le monstre (nettement moins rond). Soupçonnant qu'il n'est pas aussi bienvenu que prévu, Chuck se carapate. Réfugié dans le planétarium du coin, il fait la connaissance de Lem. Un ado tout ce qu'il y a de charmant, avec des antennes jaunes, un régime de bananes mal coiffé sur le crâne. Et une sacrée dose de curiosité. Malgré toutes les mises en garde qu'il a reçues à propos des humains, Lem vient en aide à Chuck...
Un film drôle et mature qui dispose d’un univers riche et attachant

Alors que l'on n'attendait pas grand-chose de Planète 51, cette humble production européenne en image de synthèse est une agréable surprise qui n'a pas à rougir de la comparaison avec les machines de guerre hollywoodiennes. Visant avant tout le grand public, le film est écrit par Joe Stillman, le scénariste de Shrek et signé par Jorge Blanco qui passe pour la première fois à la réalisation après avoir participé récemment au succès de la série du jeu vidéo Commando. Les producteurs cherchant visiblement à capitaliser sur la filiation possible avec Shrek, ils ont repris un character design et une colorimétrie sensiblement similaires au film de Dreamworks.
 
Humour S.F. révérenciel à gogo
Or, Planète 51 s'affranchit nettement de Shrek grâce à un humour qui joue sur l'imagerie véhiculée par le cinéma de science-fiction sans s'en moquer, ni la tourner en ridicule. De plus, le film ne tombe jamais dans la vulgarité, ni le graveleux. L'univers qui nous est dépeint puise dans les figures archétypales de l'âge d'or de la S. F. des années 1950 jusqu'à nos jours. Ainsi, on retrouve de jolis hommages à 2001 l'Odyssée de l'espace, L'Invasion des profanateurs de sépultures, Alien, Mars Attacks, E.T. et même Wall E. Loin d'accumuler les simples clins d'œil, Planète 51 propose une habile réflexion sur les constituantes intrinsèques au genre comme reflet des préoccupations de la société américaine.

 

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Une planète qui ne nous est pas étrangère
En inversant les rôles préétablis, la planète 51 est peuplée de bonhommes verts qui vivent dans la hantise de voir débarquer un jour des extraterrestres venus de l'espace pour les réduire en esclavage et leur dévorer le cerveau. Ce n'est pas étonnant que L'Attaque des humains III fasse un carton dans les salles de cinéma de la ville de Glipforg. On peut aussi évoquer la présence d'aliens en format SD en guise d'animaux de compagnie affectueux et joueurs. Distillant un esprit caricatural et distrayant, les personnages et les gags de situations fonctionnent sans peine, le tout à un rythme qui ne faiblit jamais. La qualité des dialogues participe pour beaucoup à l'humour et à la bonhomie générale, procurant à l'ensemble des accents de vaudeville. On se félicite aussi de ne pas retrouver les sempiternelles séquences de comédie musicale devenues un leitmotiv chez les concurrents de Pixar.
 
Humour et émotion : équilibre instable
Néanmoins, l'approche parfois trop adulte pourra échapper aux plus jeunes tant le film est stratifié de références populaires du cinéma de science-fiction. De plus, on peut reprocher une dramaturgie qui manque cruellement d'émotion. Ainsi, à une ou deux exceptions près, on ne s'inquiète guère de la tournure que va prendre le destin des différents personnages. À cela s'ajoute le choix douteux du design des protagonistes et des couleurs qui profitent immanquablement du rayonnement de Shrek. On le regrette d'autant plus que le travail sur les décors est tout autre, imposant un style « néo-rétro » des années 1950 inspiré du design futuriste du Googie. Le tout est revisité à la sauce S.F., déployant un univers riche faisant côtoyer des Cadillac roses avec des voitures de police volantes ainsi que de vieux gramophones qui bercent le film sur du Lollipop et Be bop a lula réorchestrés par Jones Seymour Brett. Si Planète 51 rencontre le succès escompté, il risque fort d'y avoir une suite... Wait and see.
 
 


Gwenael TISON

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Le verdict des internautes

Total des votes : 36

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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tigroux 04/02/2010 à 00h00
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