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Planete Terreur

La critique d'Excessif

0/5
planete-terreur_cinefr L'HISTOIRE : Une petite ville de l'ouest est ravagée par des zombies appelés "sickos". Une femme avec un fusil à la place de la jambe et son petit copain karatéka vont essayer de les repousser...
Dans l'inconscient général, et malgré des massifs effets d'annonce, GrindHouse est surtout attendu comme le prochain Tarantino, mais aussi comme une curiosité puisqu'il s'attaque ici frontalement aux « zèderies » façon Roger Corman. Voilà qui éclipse d'autant plus son pote Robert Rodriguez laissé de côté par la division de ce programme hors normes en deux films et deux sorties distinctes. Plus déséquilibrant encore, une fois Death Proof sorti en salle après son futur buzz au festival de Cannes, l'actualité de cette nouvelle franchise retombera comme un soufflé laissant ce Planète Terreur en bout de file puisqu'il ne sera pas visible chez nous avant le mois de septembre. Voilà une bonne raison de nous intéresser aujourd'hui à ce segment uniquement, puisqu'il s'adresse directement aux amateurs de films d'horreur old school

PLANETE TERREUR
De Robert Rodriguez
Avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Marley Shelton, Josh Brolin, Michael Biehn, Tom Savini, Bruce Willis, Naveen Andrews, Quentin Tarantino
Durée 1h37
Sortie courant septembre 2007


Le cimetière d'une petite ville se retrouve envahi de citoyens au regard vide et suspect, ravagés par la gangrène et agressifs. Cherry, go-go danseuse, s'est fait arracher la jambe lors d'une attaque. Les malades se multiplient et deviennent des agresseurs enragés. Accompagnée de son ami Wray, Cherry, armée d'une mitrailleuse en guise de jambe de bois, prend la tête d'une armée destinée à empêcher l'épidémie de se propager.

Ne faisons pas non plus de vrai/faux mystère sur la petite révolution qu'aurait pu (ou dû) être Planet Terror puisqu'il n'en est rien. On évitera même de le comparer artistiquement à son partenaire de parcours Death Proof - même si c'est un peu le but de la manœuvre – puisque le projet GrindHouse tracera définitivement la frontière entre les cinémas distincts de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. Deux frangins de péloche, comme ils se vendent, dont les méthodes sont aussi déviantes l'une de l'autre que le sont encore plus leurs filmographies respectives. Les deux films sont sympas, très sympas même, mais avec un parcours et des conditions créatives et financières identiques d'un point A à un point B, l'un aura su rendre un hommage aux films de seconde zone avec un regard et une touche de cinéaste qui lui sont propres, là où l'autre aura finalement fait un vrai film bis qui se fond sans soucis dans l'anonymat du genre.


Pour être moqueur, on pourra dire que Rodriguez aura même tiré son projet d'un point A directement à un point Z. Il faudra bien reconnaître que s'il nous signe ici une nouvelle délirante petite boucherie, c'est parce qu'il s'est laissé influencer par Quentin sur le chemin dégringolant d'une certaine cinéphilie. Mais en tant que simple faiseur technique pertinent (comme ses autres films l'attestent) et non pas comme un connaisseur. Et encore moins en vrai visionnaire. Sur ce point là, Planet Terror, fait indéniablement profil bas devant Death Proof, mais il en tire finalement un certain avantage. Celui de nettement moins péter plus haut que son cul, et par conséquent de se laisser regarder sans le moindre complexe. Comme souvent, Rodriguez préfère être fun que contemplatif, et c'est ce qui sauve son film. Les griffures et autres défauts de pellicule ne sont que la surface visible du délire accompli.


La vraie force du film, c'est justement son concept comme le précise le résumé officiel un peu plus haut, et cet art de tirer avec jubilation un genre vers le bas à une époque où l'on tente tout pour rendre prestigieuse n'importe quelle pièce de divertissement. On pourra reprocher à GrindHouse de vouloir faire du bis appauvri à grands coups de millions de dollars, mais le résultat est pourtant à l'écran. Un film de zombies radicalement bordélique où il n'est jamais question de se servir des monstres comme reflet social. Ils sont rares à pouvoir le faire, et Rodriguez reste sagement dans son camp. Gros come-back qui n'a même plus besoin de baigner dans le référentiel direct – mais on peut penser au Retour des morts-vivants d'Obannon et plein de trucs comme ça – puisque les clichés font tout le travail. Des personnages caricaturaux échappés de bandes dessinées rock, un gaz mortel lâché par l'armée qui transforme les infectés en mycoses sur pattes, des monstres en caoutchouc mou qui se liquéfient à tour de bras, et la désolidarisation totale des habitants qui tirent fougueusement dans le tas en espérant ne pas percuter un proche.


On est en terrain connu donc. Dix ans après l'excellent Une Nuit en enfer, Rodriguez nous réchauffe ce genre de plat dont on se gave avec gourmandise, l'effet de surprise en moins. Non content d'étaler sur sa sanguinolente table de travail un jeu de sept familles réunissant tout un gratin forçant l'improbable, il parvient à distribuer les cartes avec une certaine malice. Entre la tête brûlée acrobate, sa gonzesse futur espoir de l'humanité mais handicapée par une arme à feu à la place de sa jambe droite, un duo de shérifs faussement patriarches, des jumelles débiles, un terroriste anarchiste, une femme infidèle et son mari violemment jaloux, il tente ainsi de fuir le survival traditionnel comme la peste pour livrer une étrange galerie des horreurs maquillée en film choral. Pas vraiment d'intrigue, juste des situations et des gens qui se croisent ou s'entrecroisent pour témoigner avec crédulité d'une violence si potache qu'elle n'arrive même plus à effrayer.

Et puisque plus ça gicle, plus c'est rigolo, le bonhomme y va de bon coeur et décharge au moins autant que dans son précédent film de vampires. Si ce n'est plus. Les impacts de balles ressemblent à des geysers, les monstres explosent comme des ballons à eaux remplis de grenadine, et l'on démembre à qui mieux mieux pour satisfaire ceux qui ne s'amuseraient déjà pas assez avec l'incongruité de l'ensemble, et des diverses empoignades verbales. Outre le grotesque général, la sensation de voir un potentiel exploité à fond (l'effet "tondeuse à gazon" avec l'hélicoptère sur une marée humaine) et un sacrifice sacrément culotté à mi-parcours, on retiendra surtout Planet Terror comme une entreprise poussive qui tire une certaine absurdité à son avantage. Le dialogue final entre Eddy Rodriguez et Bruce Willis - ici réhabilité au statut de héros américain dans toute sa splendeur au sein d'un contexte d'actualité – reste assurément la meilleure idée de tout le métrage… À égalité avec la participation de Tarantino acteur dans une adaptation hardcore du curé de Camaré. A voir… sérieusement !


C'est potache, c'est facile, c'est moins audacieux que prévu, c'est plus ou moins volontairement très bis et c'est ce qui fait que les défauts de Planet Terrorfont armes égales avec ses qualités nanardèsques annoncées. Celles d'un réalisateur qui a choisi son camp entre chef d'œuvre mémorable événementiel, et divertissement sans surprise mais remplissant son contrat sans fausse note. Qualité relative, mais très grande qualité quand même…

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    Réalisation
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    Musique

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