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Poseidon

La critique d'Excessif

1/5
poseidon_z2 L'HISTOIRE : La fête bat son plein à bord du Poséidon ce soir de la Saint Sylvestre, les amours, les amitiés et les conflits se forment pour le plus grand bonheur d'un capitaine de croisière fier comme le dieu des mers. Une joyeuse fiesta huppée en plein milieu de l'océan que mère nature se chargera de refroidir à grand coup d'une vague géante renversant littéralement le navire et ses centaines de passagers. Les quelques survivants devront alors regagner la surface avant que le bateau ne soit totalement englouti
Wolfgang Petersen n'a jamais semblé avoir autant les pieds sur terre que lorsqu'il situait ses récits en mer. Convaincant dramaturge dans son splendide Das Boot qui lui vaudra par ailleurs le statut de réalisateur d'un seul film par de nombreux cinéphiles (nd Kevin Prin : il y a L'Histoire sans fin aussi !), mais également faiseur efficace sur En Pleine tempête, le bonhomme semblait effectivement tout désigné pour remonter l'épave du SS Poseidon à la surface 34 ans après le film original. Malheureusement, aller voir le film confiant ou juste vouloir passer un simple bon moment ne suffit plus pour suivre aveuglément un technicien dont la louable volonté est de dépoussiérer un classique qui n'en a pas nécessairement besoin. Une remise à neuf que Petersen tente de lécher à l'excès, au point de tout simplement louper sa cible. Car à force de trop se focaliser sur son spectacle visuel, le réalisateur perd l'essentiel de son récit. Au revoir la mise en abîme des personnages, pivot essentiel du cinéma catastrophe en général, et du film original L'aventure du Poseidon en particulier, et bonjour un déferlement pyrotechnique/numérique ronflant et sans âme.

POSEIDON
Un film de Wolfgang Petersen
Avec Kurt Russel, Josh Lucas, Richard Dreyfuss, Emmy Rossum, Mia Mastreo, Jimmy Bennett
Durée : 1h38
Sortie le 14 Juin



La fête bat son plein à bord du Poséidon ce soir de la Saint Sylvestre, les amours, les amitiés et les conflits se forment pour le plus grand bonheur d'un capitaine de croisière fier comme le dieu des mers. Une joyeuse fiesta huppée en plein milieu de l'océan que mère nature se chargera de refroidir à grand coup d'une vague géante renversant littéralement le navire et ses centaines de passagers. Les quelques survivants devront alors regagner la surface avant que le bateau ne soit totalement englouti.

Comment peut-on encore planter un remake de A à Z, alors qu'il suffit de suivre les écrits de Paul Gallico (auteur du roman) ou tout simplement de singer tout ce qui a été fait dans le film original ? Pourtant tout semblait aller bien au pays du cliché et les personnages proposés ici, à l'exception de quelques clins d'œil (la chanteuse kitsch, le joggeur matinal, le bambin malin), n'avaient plus grand-chose de commun avec le film original. On échappe ainsi au chemin de croix rédempteur symbolisé par la catastrophe pour le révérend impertinent que campait jadis Gene Hackman, pour s'offrir d'autres convenances. A savoir Kurt Russel en papa poule voyant d'un mauvais œil le petit copain de sa fille, ou un Josh Lucas bondien dans son smoking qui sourit à toutes les dames en plus de les complimenter. "Votre petit garçon est vraiment très intelligent" à quoi la maman répondra "Merci, j'en suis très fière. On boit du champagne ?".



Un catalogue de personnages aussi usé que celui des 3 Suisses, avec la passagère clandestine, le cuistot sympa, le capitaine encore plus sympa, et surtout un Richard Dreyfuss dans la peau d'un vieil homosexuel (donc avec une boucle d'oreille) milliardaire sur le point de se jeter à l'eau façon Kate Winslet parce que son jeune minet de copain l'a plaqué avant d'embarquer. Suicide alors rapidement avorté par l'apparition de la fameuse vague géante, vue et revue dans la bande annonce.


Des lourdeurs propres au genre que nous étions même prêts à accepter malgré la vitesse d'exécution (20 minutes, montre en main) si nous étions au moins sûr d'en avoir pour notre argent. Or, et à l'exception de la spectaculaire séquence de chavirement coulant illico le gros Poseidon comme un défoulant tour de grand huit, l'intrigue n'arrivera jamais à captiver malgré ses toutes nouvelles péripéties. En gros ça explose à tout va, ça crame, ça s'écroule de tous les côtés, ça fait "wouf" dans nos oreilles en surround et ça cherche surtout à ne pas proposer les mêmes situations que le film de Neame. Et c'est essentiellement là que réside le cœur du problème puisqu'à force de vouloir faire joujou avec les flammes, les images de synthèse et les flammes en images de synthèse, Petersen oublie purement et simplement d'insuffler un iota d'humanité chez ses personnages qui semblent presque plus s'amuser que chercher à survivre. Le tout souligné par des vannes plus ou moins pourries, les pires semblant sortir de la plume de Akiva Goldsman. Un petit exemple ? "Si jamais vous avez soif, on doit pouvoir trouver de l'eau" (Richard Dreyfuss). Très fin !



Une règle immuable du film catastrophe veut que le spectateur puisse s'identifier aux personnages : et c'est sur ce point très maladroit que le remake s'embourbe très vite. Lisses comme rarement des héros de fiction ne l'ont jamais étés, les beaux survivants se lancent donc en direction de la sortie sans attendre une seconde, sans hésiter ou même trembler devant le gigantesque parterre de feu constituant le décor, traversé par la famille indestructible comme un champ de pâquerettes. Tout va bien, personne ne pleure, personne n'a peur et la bonne humeur générale annihile toute engueulade ou montée de tension que n'importe quelle situation catastrophique devrait logiquement susciter. Top du top, le hasard veut que la communauté soit composée d'un ancien pompier, d'un ancien nageur en apnée, d'un ancien architecte maritime et d'une ancienne fan de Flipper le dauphin. L'ambiance est tellement au beau fixe que la joyeuse bande décide même de passer bêtement et volontairement par tous les endroits a priori infranchissables avec un goût prononcé pour le non-sens qui finit tout simplement par exaspérer le spectateur.



On est bien content d'apprendre que Josh Lucas peut rester sous l'eau pendant 3h17 sans tourner de l'œil, qu'il escalade des cages d'ascenseur ou qu'il pique des têtes dans des bassins noyés sous le pétrole (en revanche il ne parvient pas à stopper l'hélice du bateau à mains nues), mais on perd par la même occasion toute implication du spectateur dans l'aspect dramatique de la chose, et on finit même par zieuter sans le moindre intérêt les quelques morts et sacrifices de rigueur. Seule persistera par moment une surprenante cruauté générale dévoilant, entre autres, la longue agonie d'un personnage principal appuyée par de pénibles convulsions, ou tout simplement une alliance des trois héros pour tuer sauvagement le gentil boulet qui ralentit tout le monde. Autant d'audaces de pacotilles, même hors propos, qui ne sauveront jamais Poseidon de son naufrage, tant son grand guignol cumule les paroxysmes de l'idiotie jusqu'à plus soif et l'impose comme une véritable contrainte, pour ceux qui y ont participé comme pour ceux qui le regardent. Elle n'a pas fini de voguer la galère…

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