La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Predators L'HISTOIRE : Sept hommes et une femme se retrouvent parachutés sur une planète inconnue. Ils sont les tueurs les plus dangereux de l'Humanité. Pourtant, ils vont vite se rendre compte qu'ici, ils seront les proies d'entités beaucoup plus redoutables. Entre leur envie de survie et leur instinct de prédateur, ils vont devoir s'associer afin de trouver la clef qui leur permettra de sortir de cette chasse à l'homme.

 

Un hommage aussi réussi que boiteux

Du haut de ses vingt-trois printemps, dire que le Predator avait bien besoin d'une renaissance après ses affrontements désastreux avec l'Alien (Alien vs. Predator, Aliens vs. Predator - Requiem) relève de l'euphémisme. Avec ses épisodes cultes d'époque (Predator, Predator 2), il était pourtant parvenu à se hisser très rapidement au rang d'icône de l'action, de la science fiction voire même de l'horreur. En confiant sa nouvelle épopée sanglante à Nimrod Antal, cinéaste n'ayant pas particulièrement brillé par ses précédentes réalisations, l'extraterrestre rastaquouère prenait donc un risque énorme, mais relativement mesuré par l'apport de Robert Rodriguez au rang de producteur. Et leur choix justifié de revenir aux origines de la série, à savoir une jungle luxuriante et dangereuse, apparaît comme véritablement propice à une réincarnation du Predator.

 

Predators de Nimrod Antal

 

Exit les buildings de Predator 2 et (re)bonjour la forêt tropicale et inquiétante. Le retour aux sources est donc pleinement assuré, bien servi par une photographie crade au possible mais ô combien réussie. On y retrouve une ambiance assez proche de celle qu'avait brillamment réussi à mettre en place John McTiernan dans Predator. De la boue, des feuilles qui craquent sous les pas, une humidité insoutenable, un champ de vision amoindrie par la luxuriance des lieux, des pièges insoupçonnés. Bref, tous les ingrédients à même de provoquer une lutte sans merci, laquelle se nourrit de nombreuses références au massacre de 1987 (la musique tribal omniprésente, le tronc, les scènes en vision infrarouge), soit autant de petits clins d'œil plutôt bien venus et qui feront plaisir aux amateurs du célèbre alien.
 
Ce terrain de chasse va donc accueillir une bande de mercenaires, les meilleurs mêmes, qui sont craints dans leur pays respectif. Menés par un Adrien Brody que l'on n'attendait pas forcément dans le rôle de badass, ils vont - passée la scène d'exposition rappelant Cube de Vincenzo Natali - devoir affronter un trio de Predators sadiques car étudiant leurs comportements en observant la moindre de leurs réactions. Et à la manière d'un jeu de téléréalité, Nimrod Antal, qui a prouvé sa direction d'acteurs dans Blindés, teste la nature humaine en milieu hostile. Et quand bien même, cela a déjà été fait et éprouvé, cette psychologie quelque peu poussée permet de relever le niveau d'un scénario prétexte à une simple boucherie. Il va même jusqu'à imaginer les conséquences désastreuses d'une trop longue exposition à cet enfer palpable au travers du personnage campé par Laurence Fishburne, même si certains pourront le trouver ridicule.

 

Predators de Nimrod Antal

 

Pour autant, Nimrod Antal se perd parfois un peu, ne sachant comment correctement exploiter ses idées fraîches, sans doute par peur de trop trahir les origines du Predator. Il y a donc un certain nombre de personnages sous-exploités (Danny Trejo, Topher Grace) et de choix scénaristiques parfois bancals (la fille trop édulcorante). Certaines séquences sont très ratées, ce qui a le mérite de faire briller les efficaces. Globalement, le divertissement est bel et bien là mais un peu trop exsangue, à défaut d'être jouissif. Quant à la fin, le réalisateur ne savait visiblement pas comment en terminer avec son Predators, entre renvoi à la conclusion majestueuse du Predator de McTiernan et épilogue pompeux au possible. Néanmoins, on se délectera de retrouver Predator à sa place, c'est-à-dire en chasseur impitoyable, redoutable, intelligent et fétichiste. Nimrod Antal nous a livré un hommage aussi réussi que boiteux. Predator est mort, vive Predator !

 

Maxime CLAUDEL

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