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Prince of Persia : Les Sables du temps

La critique d'Excessif

3/5
Affiche préventive du film Prince of Persia : les sables du temps L'HISTOIRE : Les aventures d'un jeune prince perse, Dastan, qui devra joindre ses forces à la princesse Tamina pour contrer les sombres plans d'un despote convoitant Les Sables du Temps, un cadeau divin qui lui permettrait de remonter le cours du Temps et de prendre ainsi le contrôle du monde...
Un divertissement qui devrait plaire au plus grand nombre

Pour, Maxime Claudel - Note : 3

 

 

Il était une fois un jeune et beau prince nommé Dastan. Recueilli parmi la plèbe pour son courage et sa détermination par un roi au grand cœur, il agit désormais comme un fils dévoué et loyal. Vivant jusqu'alors de menus larcins, s'il y a bien une chose qu'il n'a pas volé c'est son surnom, le Lion de Perse. Car Dastan est le digne héritier des Yamakasi et du jeu vidéo éponyme sur lequel Prince of Persia : Les sables du temps est basé. Il court, saute, virevolte, s'agrippe. Et qui dit adaptation dit deux choses. Premièrement, répondre aux attentes des fans de la première heure. Deuxièmement, être capable, malgré tout, de plaire au plus grand nombre. Sur le premier point, l'introduction a de quoi satisfaire ceux qui ont déjà effleuré une manette, de nombreux plans empruntant au monde vidéoludique. Quant aux autres, ils pourront s'enticher d'une mise en scène flamboyante, n'en faisant ni trop ni trop peu, et magnifiée par une somptueuse photographie orientale qui ne trahira pas l'empire Perse. Autre bon point plutôt étonnant, Prince of Persia : Les sables du temps se plait à faire fi des conventions de ses congénères. Point d'histoire d'amour trop pompeuse et d'humour trop gras ici, Dastan préfère nous emmener dans une belle aventure digne des contes des Mille et une nuits, simple, légère mais forcément prévisible.

 

Prince of Persia de Mike Newell


Malheureusement, dans le sable chaud du désert se cachent parfois des cailloux qui accrochent. Le premier s'appelle Jake Gyllenhaal qui prête ses traits au courageux héros. Même si ses muscles ne seront jamais remis en cause, il n'offre pas un charisme suffisant pour ce genre de production comme Johnny Depp avait pu le faire dans Pirates des Caraïbes, deux productions comparables. Et on le préfèrera ainsi dans des rôles de composition, comme ce fut le cas avec Brokeback Mountain. Concernant celle qui lui donne la réplique, la très jolie Gemma Arterton, elle a parfois tendance à se forcer, laissant entrevoir les ficelles d'émotions parfois trop plastiques. Et finalement, seul Alfred Molina semble s'être amusé comme un petit fou, comme nous...

 

Ne vous attendez pas à une montagne car vous n'y trouverez que des dunes où chaque mont représente les péripéties qui jalonnent le parkour* de nos héros, des dunes fort plaisantes néanmoins.

 

 

Maxime CLAUDEL

 

 Prince of Persia les sables du temps de Mike Newell

 


Contre, Benjamin Muriot - Note : 2

 

Pirates des Caraïbes : jusqu'au bout du monde ayant dû marquer la fin du voyage pour Jack Sparrow et Benjamin Gates 3 tardant à pointer le bout de son postiche, la collaboration Disney / Bruckheimer n'avait plus sous le coude aucune grosse licence à transformer en blockbuster estival. Après deux années de réflexion, le duo nous revient alors avec du sang neuf à ajouter à son catalogue : d'abord Mission-G et ses hamsters-espions puis, en attendant L'Apprenti sorcier, ce Prince of Persia : les Sables du Temps. Adapté d'un best-seller vidéo-ludique apparu pour la première fois en 1989 sur l'Apple II et décliné depuis en de nombreux épisodes, jusqu'à une nouvelle trilogie sur les consoles next-gen ayant servi ici de modèle, c'est donc à une légion de gamers fiévreusement attachés à la série qu'ils vont se confronter. Ou pas. Car plutôt que de se risquer à la comparaison, le film préfère se forger son propre destin.


Du jeu au film, un « parkour » inattendu
 
Les fans du jeu crée par Jordan Mechner, et tout particulièrement ceux s'étant frottés à sa dernière trilogie en date (Les Sables du Temps, L'Âme du guerrier et Les Deux Royaumes), risquent ainsi d'être décontenancés face à une adaptation ne reprenant que très vaguement la trame originale. Ce que l'on pouvait comprendre pour les portages de Super Mario Bros ou Mortal Kombat mais dans le cas de Prince of Persia, où l'intrigue et la narration avaient profité d'une réelle attention (souvenez-vous la construction en flashback du premier volet), la chose a de quoi surprendre. Enfin, passé cet étonnement, nous découvrons que la piste choisie par les scénaristes ne manque pas d'intérêt ni de surprises. Mais le plus gros des remaniements concerne le personnage principal, ce prince de Perse qui n'avait jamais eu de nom jusqu'alors et auquel on a considérablement développé l'histoire personnelle. Après un début rappelant furieusement celui d'Aladdin, la relation dépeinte avec son père adoptif, ses frères et son oncle apporte une dimension presque shakespearienne au héros, nous faisant penser notamment à Hamlet. Une excellente idée qui aurait véritablement gagné à être creusée -en tout cas davantage que cette absconse intrigue de destinée- sauf que, probablement en souvenir des erreurs du troisième Pirates des Caraïbes, on ne laisse plus ici le temps au Temps. Réduite à du fonctionnel, l'histoire voit en effet les séquences s'enchaîner à une cadence infernale sans possibilité de mise en place ou d'approfondissement, ce qui prive pour beaucoup le métrage d'une ampleur dramatique qui lui aurait pourtant été profitable.
 
Mais si les gamers pourront passer outre ces modifications, il est une trahison au jeu qu'ils ne pardonneront pas aisément : ses décevantes scènes d'action. Là où la saga vidéo-ludique s'est bâtie une réputation sur ses animations chiadées (le jeu original était un des premiers à utiliser la rotoscopie) et les prouesses physiques de son héros, présentées bien sûr dans une étourdissante continuité, le film opte pour un découpage au cimeterre retirant toute impression de fluidité aux cabrioles de Dastan. Nous savions que le réalisateur Mike Newell n'avait pas franchement de prédispositions pour ce genre de démonstrations mais tout de même, avec un matériau aux spécificités si marquées, nous espérions qu'il s'en inspirerait au moins un minimum. Et qu'il ne céderait pas à la manie des cadrages approximatifs pour paraître "dans l'action", tant qu'à faire. Las, l'entraînement au « parkour » de Jake Gyllenhaal n'aura en fin de compte été pour pas grand chose...

 

Prince of Persia les sables du temps de Mike Newell
 
Prince of panier percé
 
Le réalisateur donne en fait le sentiment de se reposer sur sa débauche de moyens pour assurer le spectacle, et on comprendra aisément pourquoi en constatant les largesses consenties par la production. Quelques effets spéciaux bâclés mis à part, le reste du métrage fait donc montre d'une production value à tomber par terre, où fleurissent de magnifiques décors à la richesse rare. Dépaysant et de grande envergure, Prince of Persia : les Sables du Temps ne lésine pas sur les billets verts pour nous en mettre plein les mirettes et le choix de placer Newell aux commandes se justifie alors pleinement, le Britannique faisant preuve du même bon goût visuel que sur son Harry Potter et la coupe de feu aux accents médiévaux. En contrepartie de quoi, pour ne pas prendre trop de risques, le film cède à quelques grosses ficelles et à un certain formatage. Il y a évidemment la question du discutable casting, outrancièrement occidentalisé pour ne pas effrayer les spectateurs d'Amérique du nord et d'Europe, et quelques lourdeurs dans les dialogues (voir comment Dastan nous explique le mode d'emploi complet de la dague) mais, heureusement, toutes les facilités concédées par le scénario ne conduisent pas à la débâcle. L'indispensable sidekick n'est ainsi jamais usant grâce au talent comique d'Alfred Molina et, plus fort encore, le jeu du chat et de la souris entre Dastan et la princesse Tamina fonctionne très bien grâce à l'alchimie que font naître les acteurs et leur réalisateur, lequel nous rappelle par ce biais qu'il avait livré une des meilleurs comédies romantiques jamais vues avec Quatre mariages et un enterrement. Et puis, avouons-le, la beauté envoutante de Gemma Arterton n'est pas totalement étrangère à cette réussite : même muette et dans la pénombre, elle continuerait sans peine de nous fasciner !
 
Malgré tout, et bien que l'idée ne manquait pas de nous intriguer au départ, confier ce Prince of Persia : les Sables du Temps à Mike Newell n'est finalement pas très porteur pour tous ceux qui attendaient une vraie adaptation de la fameuse licence. L'équipe Disney / Bruckheimer, comme ce sera d'ailleurs le cas avec L'Apprenti Sorcier, choisit de s'éloigner de sa source d'inspiration pour mettre en place leur propre trilogie et, pour cette raison, les gamers ne manqueront pas de tomber sur le film. Les autres trouveront un divertissement luxueux, emballé avec professionnalisme -ce qui n'exclue pas quelques erreurs- mais sans grande passion.

 

Benjamin MURIOT

 

* pratique physique consistant à transformer des éléments du décor du milieu urbain ou rural en obstacles à franchir par des sauts, des escalades (Wikipedia)

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Le verdict des internautes

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Les notes des internautes

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    Scénario
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    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

tigroux 07/07/2010 à 14h52
izzycre0 03/06/2010 à 18h58
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