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Quatre nuits avec Anna

La critique d'Excessif

3/5
four_nights_tmp L'HISTOIRE : Léon Okrasa est employé (à l'incinérateur) dans un hôpital d'une modeste ville de Pologne. Il a dans le passé, été témoin d'un viol brutal. La victime, Anna, est une jeune infirmière qui travaille dans le même hôpital. Léon passe son temps à espionner Anna, à la guetter de jour comme de nuit. Cela devient une véritable obsession... Un soir, il finit par s'introduire dans l'appartement d'Anna par la fenêtre qu'elle laisse entrouverte. Alors, Léon s'installe sur son lit, l'observe dans son sommeil, s'imprègne de son univers. Où s'arrêtera-t-il ?
Une histoire campagnarde et drolatique d'un touchant idiot du village.
17 ans après nous avoir laissé sur Ferdydurke, oeuvre inaboutie, le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski revient en bien meilleure forme avec son dernier film. Et comme il se plaisait à le dire à la Quinzaine des Réalisateurs 2008, « I'm back ».
Ce retour était fort attendu, et le contexte choisi - le voyeurisme et la timidité maladive d'un doux rêveur dans la campagne polonaise - pour le moins intriguant. Qu'en est-il du résultat ? Début de réponse dans la suite.


La dernière oeuvre de Skolimowski s'appréhende comme un film tragico-burlesque comme seuls les créateurs de l'Europe de l'Est savent les faire. On y retrouve bien souvent ce doux mélange de mélancolie slave et d'humour exalté qui emporte tout sur son passage, même le désespoir. A l'image d'autres cinéastes comme Kusturica période Underground/Chat Noir, Chat Blanc, le style de Four Nights with Anna suit inlassablement le point de vue de Okrasa, un modeste employé d'hôpital (où il est préposé à l'incinérateur). Le film va en épouser tous les contours du personnage jusque dans ses souvenirs les plus traumatisants. Il a en effet assisté impuissant au viol d'une jeune infirmière, Anna. Suite à cet événement, il tombera éperdument amoureux de la jeune femme sans jamais oser l'aborder et encore moins se déclarer. Drôle de situation pour un chemin de vie des plus sinueux.

Si on est rapidement conquis par Artur Sterenko incarnant le lunaire Okrasa ; l'acteur se montrant tour à tour faible, touchant, misérable, amoureux fou et une seule fois impulsif. On pestera sur un rythme général des plus lancinants (malgré une durée relativement concise) avec un sentiment de répétition qui nous sépare trop de l'histoire.
Et pourtant, rien que pour aller jusqu'au bout de l'étonnant destin tragico-comique du bonhomme, on ne saurait que trop conseiller de surmonter les périodes de mou pour n'en retenir que les fulgurances ; ce sera la condition sine qua non pour apprécier idéalement une histoire campagnarde et drolatique d'un touchant idiot du village.

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