L'HISTOIRE : Stanislaff Graff est un industriel à la tête d'un grand groupe international. Un matin il est kidnappé par une bande de truands qui en espère une rançon importante. Pourtant, alors que la police enquête sur l'identité de l'homme d'affaires, l'annonce de sa fortune réelle est un choc pour ses proches. Homme de femmes et de jeu, Stanislas Graff a cumulé des dettes importantes qui risquent de faire échouer les négociations avec les ravisseurs. Amputé, humilié, l'industriel va pourtant affronter son calvaire avec dignité. Dehors, alors que la presse se déchaîne sur ses frasques, le monde qu'il avait bâti se fissure...
Un film fort porté par l'interprétation de Yvan Attal
Le film pourtant ne se confronte pas tant avec les actes des ravisseurs qu’avec ceux de l’homme du pouvoir lui-même, qui les justifie par une rhétorique libertaire individuelle face à laquelle il n’a aucun compte à rendre à personne. Grand financier et fin limier dans son domaine professionnel, il n’accepte aucune réflexion d’ordre privé de ses pairs. De même sa façon de vivre intime ne devrait souffrir aucune remontrance de ses proches. En s’isolant par la même de ceux qu’il côtoie, Stanislass Graff ne peut trouver aucune solution à son kidnapping, ses collaborateurs comme ses proches n’ayant aucune prise sur son existence. Le film offre alors une véritable spirale paranoïaque, vertigineuse à souhait : si personne ne paie la rançon, c’est que quelqu’un trouve intérêt à ne pas revoir Stanislass Graff vivant. Dans son calvaire, le puissant homme se voit réduit à l’état d’animal avant d’entamer une réflexion sur son existence et son entourage. Expérience limite et traumatisante qui risque de lui interdire à jamais une socialisation équilibrée.
Le septième art s'est souvent nourri de l'enlèvement d'un personnage, d'une enquête mouvementée et du pardon impossible qui en découle.