La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Rec 2 L'HISTOIRE :

Les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l'immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l'intérieur. Dehors, le chaos règne...

La brigade d'intervention spéciale, équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour
analyser la situation, va devoir affronter une menace bien réelle...

Une suite un peu décevante.

Inutile de trop en dire sur l’intrigue : elle a été conçue de telle façon que personne ne se doute de sa progression. Dernière production Filmax assurant que le "cinéma" se prononce désormais "jeu vidéo", Rec 2, de Jaume Balaguero et Paco Plaza, est présenté en avant-première au festival de Sitges.

 


Les quinze dernières minutes de Darkness, de Jaume Balaguero, ont souvent été comparées à ce qu’aurait dû être l’adaptation de Silent Hill au cinéma. Involontairement ou non, elles annonçaient que l’industrie du jeu, en tant que secteur de divertissement, pouvait écraser celui de l’audiovisuel. Dans Rec, Balaguero proposait avec son ami Paco Plaza une représentation contemporaine de l’horreur YouTube (l’emploi de la caméra subjective, initiée par les Mondo Cane et Deodato, dépoussiérée la même année par Romero avec Diary of the dead) avec des restes du jeu Resident Evil. Le but consistait à faire très peur en exploitant le pouvoir des images instantanées et la captation d’un événement extraordinaire dans un contexte ordinaire. Aussi substantiel qu’un tour de train-fantôme, ce petit film est devenu un phénomène de mode, provoquant dans la foulée un remake américain. Conscients qu’ils étaient attendus au tournant avec cette suite, qu’ils ne pourraient pas récréer un effet de surprise et qu’il fallait un nouveau succès pour Filmax, Plaza & Balaguero avaient promis de ne pas tomber dans la redite mercantile. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on perçoit leurs efforts pour proposer une alternative même s’ils n’échappent pas aux pièges. D’emblée, ils repartent sur les bases du premier Rec en démarrant le récit immédiatement après la conclusion brutale. Ensuite, ils travaillent la déréalisation de la violence en organisant des images effrayantes amplifiées ou désamorcées par l’humour, avec des idées et des notions ludiques. Enfin, on retrouve la noirceur inhérente au cinéma de Balaguero : tous ses films, sauf Fragile, se terminent très mal ; et Rec 2 ne fait pas exception à la règle.

 


Ce qui passe pour de la nouveauté, c’est la multiplicité des points de vue qui offre un regard inédit sur l’action selon une structure «Rashomon» pour décupler l’intensité dramatique (qui filme ? Qui regarde qui ?). Tout en expliquant les zones d’ombre (l’origine de la menace), le résultat propose quelques audaces, avec par exemple une ouverture passionnante où la caméra révèle ce qui se passe à l’extérieur de l’immeuble, et s'avère plutôt efficace. Mais, là où la narration du premier filait en ligne droite, le traitement sinueux du second avec des ruptures de ton et des surprises à foison convainc moins dans la qualité de fabrication. Soit ça en fait trop (une surenchère agressive et vaine), soit pas assez (les personnages manquent de caractérisation pour créer une empathie). Le seul qui tire son épingle du jeu, c’est un prêtre dingue, à mi-chemin entre Max Von Sydow dans L'exorciste et le curé de Braindead. Par ailleurs, le dosage entre l’humour cruel et la peur exponentielle ne fonctionne jamais aussi bien que dans L'hôpital et ses fantômes, de Lars Von Trier, la vraie référence du duo ibérique. Au-delà des références, notamment à Aliens, la morale cynique qui résulte de Rec 2, c’est que la soif de voyeurisme (celle de la journaliste dans le premier, celle de "ceux qui filment" dans le second – en plaçant le spectateur en mode FPS) finit par se propager comme une contamination mortelle et qu’à force de vouloir en savoir plus et d’expliquer l’inexplicable, plus rien n’a de sens.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 75

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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11a11a 23/05/2010 à 11h19
11a11a 23/05/2010 à 11h18
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