L'HISTOIRE : Un vieil homme solitaire (Brian Cox) vit avec son chien dans une maison de campagne. Ce chien, qui s'appelle Red, est sa seule raison de vivre et la seule chose au monde qui le rattache à sa femme défunte. Alors qu'il pèche au bord de l'eau, sa quiétude est agressée par trois adolescents désoeuvrés. L'un d'eux sort un fusil et plombe le chien sous les yeux traumatisés de son maître. Sous le choc, il est bien décidé à retrouver les jeunes responsables pour leur faire payer. Oui mais comment ? S'ensuit une lente descente aux enfers qui va prendre des proportions inouïes dans la petite bourgade jusque là paisible.
Un vieil homme solitaire (Brian Cox) vit avec son chien dans une maison de campagne. Ce chien, qui s’appelle Red, est sa seule raison de vivre et la seule chose au monde qui le rattache à sa femme défunte. Alors qu’il pèche au bord de l’eau, sa quiétude est agressée par trois adolescents désœuvrés. L’un d’eux sort un fusil et plombe le chien sous les yeux traumatisés de son maître. Sous le choc, il est bien décidé à retrouver les jeunes responsables pour leur faire payer. Oui mais comment ? S’ensuit une lente descente aux enfers qui va prendre des proportions inouïes dans la petite bourgade jusque là paisible. D’un bout à l’autre, Red fonctionne sur un rythme inerte, étrangement atone, comme endormi alors qu’il est censé se dérouler des événements intenses. Mais cette torpeur est moins un effet de style ou une volonté de minorer le suspense pour jouer la carte de la sobriété stylistique que le fruit d’une incompatibilité entre un cinéaste trop radical (Lucky McKee) et ses producteurs trop exigeants, bien décidés à ce que ce dernier respecte le cahier des charges.
On ne peut pas s’empêcher de regarder Red sans penser à tout ce qui s’est passé en interne, en espérant néanmoins sauver quelques restes, comme ces beaux fondus au rouge. Pour cela, il faut se rattacher au casting. Brian Cox, acteur brillantissime, lui-même coproducteur de Red (il serait intéressant de savoir comment il est intervenu dans cette affaire de divergence artistique et s’il a soutenu McKee ou pas), donne une vraie consistance à son personnage de papy cowboy cabossé qui se complait aveuglément dans une vengeance pour sauver l’honneur de son chien et à travers lui tout ce qu’il incarne (le reste de sa famille, décimée par les vicissitudes). Une longue scène de confession où tout un pan de vie est résumé à travers un monologue éclaircit les motivations jusqu’au-boutistes de cet homme. Mais dès lors que l’on sort de ce portrait, les autres caractères n’ont pas de place pour exister et les acteurs ne peuvent pas les défendre même s’ils sont excellents. Tom Sizemore était idéal en père de famille flippant et lâchement cossu qui préfère défendre sa tribu (quitte à user de moyens douteux) plutôt que d’admettre la vérité. A l’écran, il n’a que quelques réparties banales à balancer derrière un bureau.
Est-ce une surprise ? Personne de l’équipe n’est venu au festival de Sitges pour défendre Red, juste voit-on dans le catalogue les photos des deux réalisateurs qui se chevauchent et une présentation vaguement hypocrite de la genèse d’un projet que tout le monde préfère oublier aujourd’hui. Le seul clin d’œil que Lucky McKee s’est permis de glisser à ses fans et qui est resté dans le montage final, c’est la scène dans la salle de cinéma où des gamins turbulents regardent un film sans faire attention à ce qui se déroule à l’écran. Il s’agit en fait de Roman, le long métrage qu’Angela Bettis a réalisé à partir d’un scénario de McKee et dans lequel il incarne le rôle titre. C’est toujours cela de pris, mais on peut sincèrement commencer à s’inquiéter pour Lucky McKee qui n’arrive plus à faire les films qu’il voudrait.Les étoiles des rédacteurs sur les films de la semaine : Red, La famille Jones, Mother & Child, Boogie, My Joy, L'étranger en moi...