1. >
  2. >
  3. >Critique Requiem Pour Billy The Kid

Requiem Pour Billy The Kid

La critique d'Excessif

0/5
requiem_for_billy_cine L'HISTOIRE :
Alors qu’il y a pile un an Ang Lee court-circuitait les conventions du western en réalisant un mélo sur la frustration sociale avec Le secret de Brokeback Mountain, Anne Feinsilber vient apporter sa contribution au dynamitage des règles avec un premier film déroutant et estimable. Ça donne Requiem for Billy the Kid, l’envers ambigu d’un mythe.

REQUIEM FOR BILLY THE KID
Un film d’Anne Feinsilber
Avec la voix de Kris Kristofferson
Durée : 1h26
Date de sortie : 10 janvier 2006



Pour ceux qui ne le sauraient pas, Anne Feinsilber est une documentariste émérite qui a notamment travaillé avec Raphaël Nadjari, le cinéaste français le plus singulièrement singulier aujourd’hui responsable de films inclassables comme Avanim et The shade. Passionnée par le monde viril des westerns, le dépoussiérage des mythes, les parallélismes étranges et le fait-divers, la cinéaste, épaulée dans sa démarche par Jean-Jacques Beineix, revient sur la légende de Pat Garrett et Billy the Kid pour mettre en exergue le romantisme qui découle d’une traque impitoyable.

Dans Requiem for Billy The Kid, elle gomme la frontière ténue entre réalité et fiction, met au même niveau le passé et le présent, le mythe et l’homme et construit un étrange édifice filmique où par l’intermédiaire du cinéma une femme se montre déterminée à gratter les ambiguïtés laissées en suspens d’une affaire rapidement résolue. Sans donner de réponses toutes faites, elle erre, musarde, suit deux shérifs qui partent enquêter sur William H. Bonney et révèle progressivement son ambition personnelle : aller au bout de ses propres obsessions (elle adore les westerns et ça se sent) pour peut-être se perdre dans ses fantasmes.



Conformément au genre et ses règles immuables, elle filme de beaux paysages en plans larges, rappelant au passage les vertus du Cinémascope, multiplie les audaces narratives et les brusques ruptures de ton et emballe une oeuvre postmoderne atypique qui concilie deux genres a priori étrangers : le documentaire et le western. Avec ses bonnes intentions et ses belles idées (le regard d’une femme sur un univers très masculin), l’ensemble n’est cependant pas exempt de quelques longueurs éparses et de lourdeurs théoriques qui ankylosent inutilement cette enquête à la fois cinéphile et intérieure.

Certains partis pris déroutent : si l’analogie Rimbaldienne avec le Kid se révèle pertinente, on saisit mal en revanche pourquoi elle a recours à une double voix-off ou filme un extrait du film de Peckinpah à travers un écran de télévision. Créer une distanciation ? Jouer sur la notion de frontière et d’intangible ? Proposer une réflexion sur le rapport à l’image ? Sans doute tout ça à la fois mais on peut trouver la démarche un tantinet filandreuse. Réserves accessoires qui n’entachent que partiellement une œuvre stimulante qui a le bon goût de ne ressembler à aucune autre. Ce n’est pas rien.

Romain Le Vern

Retrouvez pages suivantes une galerie photos...

Mag : plus d'actu sur Requiem Pour Billy The Kid

  • requiemforbillyitwhaut.jpg
    Dossier Interview
    Interview : Anne Feinsilber (requiem For Billy The Kid)09 janvier 2007 - 1 commentaires

    Quelque part au Nouveau-Mexique, un village de 38 habitants perdu au milieu d'une étendue désertique : Lincoln. En 1881, Billy the Kid, alias William Bonney, le fameux desperado, est tué à 21 ans par ...

Le verdict des internautes

Total des votes : 0

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

logAudience