La critique d'Excessif

3/5
Affiche préventive du film Robin des Bois L'HISTOIRE :

A l'aube du 13ème siècle. Robin Longstride, archer au service de la Couronne d'Angleterre, assiste à la mort de Richard Coeur de Lion durant une bataille contre les Français. Se faisant passer pour le Seigneur Loxley de Nottingham, Robin rentre en Angleterre et découvre un pays dévasté par la corruption et gouverné par l'incompétent Prince Jean. Lorsqu'il rencontre Marianne et prend conscience du mal qui ronge l'Angleterre, Robin rentre en résistance contre le shérif du comté pendant qu'une conspiration se trame.

Robin des bois est mort, vive Robin des bois.

Plusieurs fois incarné au cinéma et à la télévision, Robin des bois a vécu tant de vies qu'il s'est durablement installé dans l'inconscient collectif comme un héros que l'on connaît par coeur. Très documentés et à la recherche d'une véracité historique, Ridley Scott et Russell Crowe ont voulu changer la donne et proposer une exploration sincère et méticuleuse de cet archer parti en Croisades pour Richard Cœur de Lion et devenu l'ennemi d'un autre Roi. Une relecture plutôt astucieuse qui ne manque pas de légitimité et d'émotions. On la doit à un cinéaste habitué aux cavalcades et aux batailles massives (Gladiator, Kingdom of Heaven), toujours très à l'aise quand il s'agit de mettre en scène la destinée d'un homme seul contre tous et prêt à renverser l'ordre établi. On le doit aussi à ces deux têtes d'affiche qui respirent le magnétisme sauvage et le romantisme éthéré. Robin des bois est mort, vive Robin des bois.
 
L'introduction ne ment pas sur les intentions des auteurs pour mettre fin au règne d'Errol Flynn et consorts : le roi Richard s'éloigne brutalement des clichés et disparaît vite des plans dramaturgiques. Robin ne vit pas encore dans la forêt et transfigure l'image du soldat obéissant au carnage et à la féodalité. Ridley Scott retranscrit l'assaut d'un château fortifié français avec une précision qui témoigne de son habileté de metteur en image et de chef d'orchestre. La séquence est traversée de contre rythmes palpables où la stratégie des deux camps est décryptée de manière remarquable. Quelques touches d'humour et gouttes de sang plus tard, le réalisateur laisse ses acteurs libres d'insuffler eux-mêmes du panache et de devenir les gardiens de ce renouveau.

 

Robin des bois - Ridley Scott - Russell Crowe - Cate Blanchett 1

 

Le duo Russell Crowe / Cate Blanchett fonctionne dès leurs premiers regards, entre sous entendus adolescents et fausse répugnance pudibonde. Lui, tout en roulement de mécaniques et sourires en coin. Elle, en femme forte qui n'en reste pas moins attraction charmante et lumineuse. Ce couple là devient le centre névralgique du film, accompagnant d'autres ressorts dramatiques liés à la bêtise du Roi ou au passé de Robin. Il y a des forces qui les dépassent et qu'ils apprendront à dompter. On assiste donc au retour de Martin Guerre et de sa fratrie de déserteurs, très vite acceptés par la populace féminine en manque d'homme. La bande du futur prince des voleurs, toute en muscles, rires et joyeuses tribulations apparaît très accessoire. Peu de place est laissée à Petit Jean, Frère Tuck et il faudra chercher un second souffle dans les prestations de l'immense Max von Sydow et dans la sobriété impeccable de William Hurt. Les deux acteurs profitent de dialogues solides et d'un scénario qui met en lumière la vaillance d'esprit de leurs protagonistes. Côté méchants, exit (ou presque) le shérif de Notthingham, place au vilain Godefroy (Mark Strong), suffisamment imposant pour être efficace.Tout se joue et se déjoue ensuite lors d'une dernière demi-heure épique.
 
L'aiffrontement final selon Ridley Scott prend la forme du débarquement en Normandie façon Il faut sauver le soldat Ryan. Le réalisateur avait déjà emprunté à Steven Spielberg cet esthétique ultra réaliste dès les premières minutes de Gladiator et continue d'user de l'hyper ralenti ou d'une fluidité exemplaire à chaque corps à corps en mouvement. Son savoir faire fait le reste sur toute la durée du métrage : spatialisation des armées en préparation, envols magnifiés d'un objectif omniscient et gros plans poseurs. Ridley Scott sait distiller une ambiance romancée par un simple champ contre champ et faire couler le sang avec un lyrisme forcené. Il manque seulement à Robin des bois l'ampleur des grandes fresques cinématographiques. Par ailleurs, le film sent quelquefois l'auto-plagiat paresseux lors de  séquences d'action où le cinéaste répète à l'infini ce qu'il maitrise. L'essentiel n'est pourtant pas là. Il réside sans détours dans une nouvelle approche esthétique et historique d'une légende mille fois racontée. C'est en parlant de l'homme derrière le mythe que Ridley Scott et Russell Crowe y parviennent.

 

Nicolas SCHIAVI

Mag : plus d'actu sur Robin des Bois (2010)

Le verdict des internautes

Total des votes : 179

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

tigroux 07/07/2010 à 15h01
jbn 01/06/2010 à 14h54
logAudience