Après un décevant premier long-métrage,
L'Age de Glace, qui rencontra tout de même un énorme succès,
Chris Wedge s'attaque à ce
Robots, étonnant par rapport à ce à quoi on pouvait présager. Le simple design des mécaniques s'annonçait casse-gueule, en leur donnant un aspect rétro, limite boite de conserve ambulante. Les responsables de cette réussite :
William Joyce, et
Steve Martino qui ont eu l'intelligence de se détacher du monde humain, de l'androïde ou même du cyborg. Ici nous revenons au robot mécanique des années cinquante, avant l'invasion de l'ordinateur.
ROBOTSUn film de Chris Wedge
Avec les voix de (en vo) Ewan McGregor, Robin Williams, Halle Berry, Greg Kinnear, Mel Brooks.
Avec les voix de (en vf) Elie Semoun, Vincent Cassel, Monica Bellucci, Edouard Baer, Jean Rochefort
Durée : 1h30
Sortie : 06 Avril 2005Rodney est un jeune robot plein d'idées, mais son village est trop petit pour ses rêves. Il décide de partir à Robot Ville rencontrer Bigweld, le plus génial inventeur et bienfaiteur de tous les robots, pour lui proposer ses services. Mais de nombreuses surprises l'attendent...En créant un univers intégralement robotique, Chris Wedge ne se risque pas à la comparaison ou au choc culturelle avec l'être humain. Ce qui s'impose comme un véritable avantage puisque celui-ci empêcherait littéralement l'empathie avec ses personnages. Ainsi dans
Robots trois univers se superposent : la bonne vieille campagne robotique, la ville de type mégalopole, et l'enfer. Tout trois reposent sur des graphismes différents graduant la valorisation d'une vie simple et saine. Manichéen mais pas condamnable.
Bordélique à souhait l'univers de
Robots favorise la croyance en ce monde mécanique. Ce qui s'avère une vraie richesse puisque Wedge ne s'attache pas qu'au premier plan de chaque scène ou à l'action effectuée par les protagonistes (à l'instar d'un
Vaillant par exemple). Il offre alors à son film une deuxième ou troisième lecture, permettant de revisiter le monde amical de
Robots, monde qui paraît réellement "vivant" tel ceux crées par les plus grands de ce domaine (Pixar pour ne pas les nommer).
Robots joue également de références populaires sans jamais ne se nourrir que d'elles, n'apparaissant ni autosuffisant ni complaisant. Les gags ne sont nullement fondateurs, attendus de toutes façons aux vues du sujet, le métrage restant sur les rails et évitant le funambulisme périlleux.
Wedge n'abuse pas et ne fatigue pas le spectateur, il garde une énergie infantile vraiment sympathique, sollicitant des rires sincères sans jamais tomber dans le graveleux. Pour un film comme celui là, aujourd'hui à l'heure des
Shrek, c'est un réel exploit.
Univers enchanteur, gags efficaces, personnages attachants, graphisme séduisant : le seul gros défaut réside dans l'histoire en des passages un peu longs qui cassent la narration par leur inutilité. La découverte de la ville est ainsi longue, fastidieuse, mais heureusement justifiée par le réalisateur (à la fin évidement). Certains gags là encore meurent puisque trop tirés en longueur. Par exemple la naissance de Rodney est un assemblage Ikéa vécu comme un accouchement : c'est drôle sitôt compris, mais malheureusement s'étale durant cinq longues minutes. Ce qui dans le fond n'est pas gênant, mais persiste la désagréable sensation qu'on passe à côté d'autres bonnes idées. Dommage mais pas catastrophique.
A la grosse différence d'un
Shrek,
Robots n'est ni vulgaire ni lourdingue, et se base sur un univers original charmant, riche, joliment construit et souvent propice à de réels gags qui convaincront sans hésiter les plus réticents à
l'Age de Glace. Ses rares défauts n'étant rien face à ses grandes qualités, grands, petits, ados : chacun y trouvera son bonheur avec un plaisir non dissimulé.