Critique Rose Et Noir

    La critique d'Excessif

    2/5
    L'HISTOIRE : Gérard Jugnot ne fait certes pas partie du cercle (très) restreint des grands cinéastes français. Ses quelques films, de Pinot Simple flic à Boudu en passant par Meilleur Espoir féminin, ont cependant rempli bon nombres de salles. L’acteur-réalisateur a même l’honneur d’avoir fait esquisser quelques sourires et fait naître des petites larmes. Malgré un passé rassurant et confortable, l’incursion de notre ancien du Splendid dans le milieu de la mode en plein XVIème siècle avait de quoi provoquer une moue légèrement dubitative.

    ROSE ET NOIR
    Un film de Gérard Jugnot
    Avec Gérard Jugnot, Bernard Le Coq, Assaad Bouab, Juan Diego, Raphaël Boshart, Stéphane Debac, Patrick Hautdecoeur, Saïda Jawad
    Durée : 1h37

    Pic Saint Loup est le plus grand couturier de France… en 1577, à la cour du roi Henri III. Ce dernier pense qu’il fera un ambassadeur de choix pour l’Espagne au moment de marier son jeune neveu à la fille d’un Grand. Pic se rend donc dans l’Espagne de l’Inquisition afin de préparer une robe pour la « belle », accompagné de son secrétaire, protestant en pleine vendetta, de son couturier arabe et de ses deux assistants, très efféminés.



    Finalement, nous ne sommes pas si choqués par cette irruption d’un Lagerfeld en souliers roses à pompons dans la France renaissante. Nous le sommes plus par le fait que cette comédie n’est pas (tellement) drôle. L’anachronisme situationnel, les créateurs en caricatures de folles du XVIème siècle, les insolences d’un jeune Prince de France accroché à son doudou ou les flatulences du vieux couturier en mal de reconnaissance éternel ont bien du mal à faire décrocher un sourire. Ce n’est donc pas faute d’essayer, mais les clichés humoristiques, s’ils ont le confort de l’habitude, risquent de laisser de marbre les plus de 9 ans.

    C’est un peu tout le problème de Rose et Noir, l’engouffrement délibéré et complet sur des sentiers battus et rebattus. Cette aventure costumée emprunte tous les passages obligés d’une comédie appréciable par le plus grand nombre. Nous avons ainsi droit à une dramatisation politique (soulignée musicalement avec gravité), à une amourette entre les plus jolis minois, à une évocation presque lacrymale de l’enfance sur fond de lit de mort et, surtout, à des discours émus sur la liberté et la tolérance. L’acteur/réalisateur aurait pourtant eu la possibilité de prendre légèrement son spectateur par surprise pour traiter un sujet évidemment d’actualité. Mais ce n’est pas là son ambition.

    Ne cherchons pas à tout prix à démonter un discours terriblement naïf. La naïveté a déjà trop de détracteurs. Cependant, Jugnot va très loin dans ce penchant. Embarquons pour le XVIème siècle et l’Espagne de l’Inquisition pour mieux dénoncer l’intolérance actuelle. Bien sûr, la troupe hétéroclite de Pic Saint Loup choque dans son contexte. Et bien sûr, la morale, indubitablement rose face aux sombres inquisiteurs, eut été lumineuse il y a un peu plus de deux siècles. Si, aujourd’hui, une pensée tolérante est loin d’être dépassée, le message de Rose et noir est aussi simpliste que l’antagonisme pas vraiment subtil du titre.



    Le film ne se révèle bon ni dans la comédie ni dans la morale et pourtant il nous reste une vague sympathie pour ses personnages. Peut-être parce qu’en voyant le réalisateur à l’écran, on conserve un semblant d’affection pour son regard naïf. D’abord parce que Gérard Jugnot fait sûrement de la comédie car il aime s’y octroyer des moments d’émotion, moments où sa naïveté douce-amère prend un peu d’éclat. Peut-être partage-t-on aussi un peu du plaisir visible qu’ont les comédiens à jouer pour lui. Comme un regretté Splendid, Jugnot ramène une troupe autour de lui, offre un rôle à chacun –jusqu’au caméo de son fils Arthur, en roi… Le réalisateur sait sûrement se faire aimer de ceux qui l’entourent car en retour, ses acteurs lui offrent leur crédibilité et leur énergie. Tous jouent bien, même l’enfant, Raphaël Boshart, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

    Gérard Jugnot a un capital sympathie qui ne demande qu’à se confirmer. Ses qualités de directeur d’acteurs et la douceur de son regard ne suffisent pas à rendre réjouissante sa vision en rose et noir. Une comédie colorée qui ne décoiffera pas ses spectateurs et qui peut-être même ne les fera pas rire.
    Gérard Jugnot ne fait certes pas partie du cercle (très) restreint des grands cinéastes français. Ses quelques films, de Pinot Simple flic à Boudu en passant par Meilleur Espoir féminin, ont cependant rempli bon nombres de salles. L’acteur-réalisateur a même l’honneur d’avoir fait esquisser quelques sourires et fait naître des petites larmes. Malgré un passé rassurant et confortable, l’incursion de notre ancien du Splendid dans le milieu de la mode en plein XVIème siècle avait de quoi provoquer une moue légèrement dubitative.

    ROSE ET NOIR
    Un film de Gérard Jugnot
    Avec Gérard Jugnot, Bernard Le Coq, Assaad Bouab, Juan Diego, Raphaël Boshart, Stéphane Debac, Patrick Hautdecoeur, Saïda Jawad
    Durée : 1h37

    Pic Saint Loup est le plus grand couturier de France… en 1577, à la cour du roi Henri III. Ce dernier pense qu’il fera un ambassadeur de choix pour l’Espagne au moment de marier son jeune neveu à la fille d’un Grand. Pic se rend donc dans l’Espagne de l’Inquisition afin de préparer une robe pour la « belle », accompagné de son secrétaire, protestant en pleine vendetta, de son couturier arabe et de ses deux assistants, très efféminés.



    Finalement, nous ne sommes pas si choqués par cette irruption d’un Lagerfeld en souliers roses à pompons dans la France renaissante. Nous le sommes plus par le fait que cette comédie n’est pas (tellement) drôle. L’anachronisme situationnel, les créateurs en caricatures de folles du XVIème siècle, les insolences d’un jeune Prince de France accroché à son doudou ou les flatulences du vieux couturier en mal de reconnaissance éternel ont bien du mal à faire décrocher un sourire. Ce n’est donc pas faute d’essayer, mais les clichés humoristiques, s’ils ont le confort de l’habitude, risquent de laisser de marbre les plus de 9 ans.

    C’est un peu tout le problème de Rose et Noir, l’engouffrement délibéré et complet sur des sentiers battus et rebattus. Cette aventure costumée emprunte tous les passages obligés d’une comédie appréciable par le plus grand nombre. Nous avons ainsi droit à une dramatisation politique (soulignée musicalement avec gravité), à une amourette entre les plus jolis minois, à une évocation presque lacrymale de l’enfance sur fond de lit de mort et, surtout, à des discours émus sur la liberté et la tolérance. L’acteur/réalisateur aurait pourtant eu la possibilité de prendre légèrement son spectateur par surprise pour traiter un sujet évidemment d’actualité. Mais ce n’est pas là son ambition.

    Ne cherchons pas à tout prix à démonter un discours terriblement naïf. La naïveté a déjà trop de détracteurs. Cependant, Jugnot va très loin dans ce penchant. Embarquons pour le XVIème siècle et l’Espagne de l’Inquisition pour mieux dénoncer l’intolérance actuelle. Bien sûr, la troupe hétéroclite de Pic Saint Loup choque dans son contexte. Et bien sûr, la morale, indubitablement rose face aux sombres inquisiteurs, eut été lumineuse il y a un peu plus de deux siècles. Si, aujourd’hui, une pensée tolérante est loin d’être dépassée, le message de Rose et noir est aussi simpliste que l’antagonisme pas vraiment subtil du titre.



    Le film ne se révèle bon ni dans la comédie ni dans la morale et pourtant il nous reste une vague sympathie pour ses personnages. Peut-être parce qu’en voyant le réalisateur à l’écran, on conserve un semblant d’affection pour son regard naïf. D’abord parce que Gérard Jugnot fait sûrement de la comédie car il aime s’y octroyer des moments d’émotion, moments où sa naïveté douce-amère prend un peu d’éclat. Peut-être partage-t-on aussi un peu du plaisir visible qu’ont les comédiens à jouer pour lui. Comme un regretté Splendid, Jugnot ramène une troupe autour de lui, offre un rôle à chacun –jusqu’au caméo de son fils Arthur, en roi… Le réalisateur sait sûrement se faire aimer de ceux qui l’entourent car en retour, ses acteurs lui offrent leur crédibilité et leur énergie. Tous jouent bien, même l’enfant, Raphaël Boshart, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

    Gérard Jugnot a un capital sympathie qui ne demande qu’à se confirmer. Ses qualités de directeur d’acteurs et la douceur de son regard ne suffisent pas à rendre réjouissante sa vision en rose et noir. Une comédie colorée qui ne décoiffera pas ses spectateurs et qui peut-être même ne les fera pas rire.

    Le verdict des internautes

    Total des votes : 6

    Les notes des internautes

    •  
      Scénario
    •  
      Réalisation
    •  
      Acteurs
    •  
      Musique

    Les meilleures critiques

    555-Jean Patrick Desportes 24/10/2009 à 03h27
    Dirk Digler 14/10/2009 à 00h58
    logAudience