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Sans laisser de traces

La critique d'Excessif

3/5
Affiche du film Sans laisser de traces L'HISTOIRE :

Alors qu'ils ne sont pas vus pendant des années, Etienne et Patrick, anciennement amis, se croisent un jour dans la rue par le plus grand des hasards. Très vite, ils se retrouvent autour d'un verre. Alors que Patrick semble admiratif devant la réussite d'Etienne, celui-ci se confie et lui avoue avoir mal agi pour en arriver là où il en est aujourd'hui. Pour soulager sa conscience, ils se rendent tous les deux au domicile de l'homme qu'Etienne a lésé à l'époque, et ce, pour enfin le dédommager. Malheureusement, la discussion tourne au drame...

L'intrigue principale ne manque pas de rythme ni même de rebondissements

Jeune scénariste à la carrière déjà fort remplie (Mensonges et trahisons et plus si affinité, Prête-moi ta main, Molière, Le Petit Nicolas, Astérix chez les Bretons), Grégoire Vigneron signe aujourd'hui son premier long-métrage en tant que metteur en scène. Pour cela, il fut aidé de son fidèle complice Laurent Tirard dans l'écriture du script. Au final, Sans laisser de traces apparaît comme une indéniable réussite, tant dans le fond que dans la forme. L'intérêt de cette oeuvre repose également sur une confrontation au sommet, particulièrement attendue, entre Benoît Magimel et François-Xavier Demaison. A l'opposé de son titre, voilà un film dont on reparlera très certainement dans les années à venir.

 

Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron


 
Une richesse scénaristique
Dès les premières séquences, l'inquiétude monte. Sans laisser de traces rappelle en effet quelques précédents longs-métrages aux qualités insurpassables. On pense notamment à Harry, un ami qui vous veut du bien, ou bien encore au film Le Serpent d'Eric Barbier. Un jour, Etienne Meunier, interprété par Benoît Magimel, retrouve par le plus grand des hasards (?) un ancien copain d'études (étonnant François-Xavier Demaison). Dès lors, les deux compères ne se quitteront plus, le second s'investissant de plus en plus dans l'existence du premier jusqu'à le mettre dans des situations on ne peut plus dramatiques. Un concept vu et revu, qui n'aurait hélas pas suffi à nous convaincre. C'est pourquoi Grégoire Vigneron et Laurent Tirard exploitent leurs personnages en profondeur. Contre toute attente, celui de Benoît Magimel se voit offrir un peu plus d'attention. Sans être le pire des deux (d'un point de vue psychologique), il est toutefois porteur d'une faute dont il veut aujourd'hui se racheter. Ceci étant, rien ne sera simple. De plus, malgré sa bonne foi, il dégage une certaine antipathie, à tel point que l'on se demande jusqu'à la dernière minute s'il mériterait vraiment de s'en sortir. Parallèlement, François-Xavier Demaison est beaucoup plus effacé. Son passé demeure globalement mystérieux (renforçant ainsi sa dangerosité) et ses apparitions ont été jaugées avec une parfaite précision. Avec parfois quelques outrances (la demande d'évasion sur le toit d'un camion Kiloutou), il sert à relancer l'action et le suspense quant à l'avenir proche des personnages. Responsables de la mort d'un homme et inquiétés par la présence de nombreux enquêteurs (la police, la fille de la victime), les deux hommes accumulent les bourdes alors qu'ils font tout pour en réchapper. L'intrigue principale ne manque donc pas de rythme ni même de rebondissements. Enfin, pour corser l'ensemble, les auteurs proposent une série de thèmes secondaires, d'abord presque anodins, mais qui finissent néanmoins par trouver une place essentielle au sein du film (Etienne à la veille de devenir Président d'une grande société et le stress qui va avec, sa difficulté à avoir un enfant avec son épouse, sa relation avec une jeune fille, etc.)
 
Deux acteurs hors-pairs
Loin du star-sytem, Benoît Magimel poursuit une carrière judicieusement construite. Il le prouve une fois de plus dans ce trhiller psychologique où il se montre étonnant. Il se révèle comme un personnage complexe, voire inclassable, et c'est ce qui le rend fascinant pour ne pas dire attachant. Ses mauvaises actions ne sont en fait que la conséquence d'un univers environnant malsain, auquel il s'habitue très difficilement. En somme, il est l'objet d'un système qui le dépasse et Magimel lui apporte toute la crédibilité nécessaire. La jeunesse et l'innocence qui se dégagent de son visage collent en effet parfaitement au personnage. On n'avait pas vu l'acteur aussi convaincant depuis bien longtemps. Une véritable redécouverte. De son côté, Demaison apporte à travers son regard une remarquable malice et séduit incroyablement dans la peau d'un personnage dénué de toute sensibilité.

 

Sans laisser de traces de Grégoire Vigneron

 
A l'arrivée, Sans laisser de traces se présente comme un pur produit de divertissement, parfois excessif, mais qui remplit totalement ses promesses grâce à une écriture, une mise en scène et une interprétation impeccables.

 

 

Gilles BOTINEAU
 

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Le verdict des internautes

Total des votes : 39

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

Les meilleures critiques

romheho42 19/02/2011 à 09h48
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