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Scary Movie 4

La critique d'Excessif

2/5
scary_movie_4_z2 L'HISTOIRE : Pour arrondir ses fins de mois, Cindy Campbell s'occupe d'une vieille dame totalement incapable d'effectuer le moindre mouvement ni de parler, dans une maison des plus étranges. Une ambiance qui tétanise la jeune femme d'autant plus qu'un petit fantôme amateur de sashimi hante le grenier. Son charmant voisin Tom Ryan, père indigne, ne lui sera d'aucun secours puisqu'au même moment les extra-terrestres décident d'exterminer la race humaine avec leur Ipod géant. Pour sauver leurs vies, leurs amis, leurs familles et leur amour naissant, Cindy et Tom vont devoir s'associer pour... se démerder tout seuls.
Nos souvenirs de Scary Movie ne sont pas faramineux. Pop corn movie vite ingurgité, vite oublié dont le premier volet n'avait aucun sens en soi - si ce n'est celui de relancer les spoofs – puisqu'il tentait de parodier au plan près le Scream de Wes Craven qui était déjà lui-même une satire du slasher. Pas plus malin, le second avait au moins le mérite d'élargir son originalité en ratissant dans le paranormal, et le troisième ne laissait pratiquement aucun souvenir. Une saga bas de gamme dont nous n'attendions plus rien. Pourtant, là où la franchise peinait sérieusement à nous arracher quelques rictus, le quatrième volet du "film qui fait peur" fait surtout rire. Pas à gorge déployée, ni finement, la recette restant essentiellement la même. Mais le film amuse par moments avec surprise, puisque entre deux lourdeurs propres au genre, surnagent quelques délires assez efficaces. Reste à savoir au bout de combien de fois nous nous lasserons de ces portes claquées en pleines figures.

Scary Movie 4
De : David Zucker
Avec : Anna Farris, Craig Bierko, Leslie Nielsen, Bill Pullman, Carmen Electra, Michael Madsen, Charlie Sheen
Durée : 1h23
Sortie : le 21 Juin 2006

Pour arrondir ses fins de mois, Cindy Campbell s'occupe d'une vieille dame totalement incapable d'effectuer le moindre mouvement ni de parler, dans une maison des plus étranges. Une ambiance qui tétanise la jeune femme d'autant plus qu'un petit fantôme amateur de sashimi hante le grenier. Son charmant voisin Tom Ryan, père indigne, ne lui sera d'aucun secours puisqu'au même moment les extra-terrestres décident d'exterminer la race humaine avec leur Ipod géant. Pour sauver leurs vies, leurs amis, leurs familles et leur amour naissant, Cindy et Tom vont devoir s'associer pour… se démerder tout seuls.


Ce n'est pas un scoop, Scary Movie n'a jamais eu pour vocation de conserver l'étendue de sa folie à travers les années et perpétue en quelque sorte le concept de film jetable. Ce cinéma qui mise toute son efficacité sur la pauvreté cinéphilique du jeune public américain visé, en jouant à fond la carte des références encore toutes fraîches. Mais encore faut-il avoir vu les nombreux films en question pour pleinement apprécier les références, le noyau de l'intrigue croisant ici La Guerre des mondes avec The Grudge, en bifurquant ensuite vers Le Village et Saw. Etrange contrainte avantageant essentiellement les cinévores qui n'ont cessé de squatter les salles ces deux dernières années, à défaut d'une vraie richesse ou passion pour le cinéma.


Un énorme inconvénient qui rend chacun des opus rapidement désuet puisque les nombreux gags collent parfois au dialogue près du film parodié, ce que l'on ne saisira plus nécessairement dans quelques années. A prendre pour exemple une séquence où le fameux Tom félicite son ex femme d'être enceinte, là où le vrai Tom Cruise complimentait également Miranda Otto dans La Guerre des monde. En lieu et place du "Merci" chez Spielberg, nous avons ici droit à un nerveux "Je ne suis pas enceinte, connard !". Alors oui, comme ses prédécesseurs, Scary Movie 4 risque de devenir rapidement pénible à partir du deuxième visionnage, mais la plupart de ses gags, aussi lourdingues soient-ils, font étrangement mouche pour peu que l'on accepte l'euphorie générale.


Le grand plus de la chose réside tout de même dans la présence de David Zucker derrière la caméra, laissant de côté les excès de bistouquettes qui amusaient tant les frères Wyans pour du burlesque totalement visuel dans lequel le réalisateur excelle depuis Hambuger Film Sandwich et Y a t'il un pilote dans l'avion. Bien entendu, on n'atteint jamais ici le paroxysme passé, mais on se surprend encore à s'amuser devant un coup de feu tiré en l'air, toujours par le fameux Tom, pour éloigner les vandales qui essaient de voler sa voiture, avant de voir s'écraser en arrière plan un type avec son delta-plane.


Au rang des réjouissances, on retiendra également le propriétaire de Cindy qui essaie de cacher la touffe de cheveux qui virevolte au plafond, le fantôme désarticulé qui se casse la gueule dans les escaliers, un Michael Madsen dans la peau de Tim Robbins dont le plan pour se débarrasser des tripodes consiste à construire un autre tripode à 4 jambes, les pièges de Jigsaw façon arbalète/godemiché qui se déclenchent en 30 secondes, ou encore des macaques qui pilotent des grues de contremaître. De la gratuité pure, grandement assumée, mais qui trouve surtout son paroxysme dans l'hallucinant sadisme qui manquait tant dans les épisodes précédents et qui s'acharne un maximum sur les plus faibles. Si les vieilles dames handicapées en prennent pour leur grade, ceux qui exècrent la petite Dakota Fanning seront aux anges tant son binôme en prend plein la tronche durant tout le film, avant d'obtenir une proposition des plus salaces par un Michael Jackson qui se balade sur les champs de batailles accompagné d'autres enfants terrorisés.


Très souvent gras, suivi de quelques uns de nos rires qui ne le sont pas moins, Scary Movie 4 démontre malheureusement qu'entre quelques fous rires bien sentis, le film s'égare tout de même dans ses propres excès du dernier quart d'heure, comblant ses baisses de régime par des gags bouche-trou (tout ce qui peut se recevoir en plein visage, facilités scatologiques) en plus de prolonger son référencement dans l'univers people américain, là où nous Français seront littéralement largués. Bien malin seront ceux qui comprendront encore dans quelques mois le détournement du Oprah Winfrey Show – pourtant très drôle ici – ou les allusions à Russel Crowe et ses "coups" de téléphone qui relèvent plus du sketch sur grand écran que d’un vrai comique de situation. En revanche le monde entier pourra rire de Leslie Nielsen, toujours dans le rôle du président des Etats-Unis, et sa parodie assez osée de George Bush apprenant dans une école que le monde est attaqué ("je veux connaître la fin de l'histoire avec le canard !").


En restant constamment petite joueuse sur ses pastiches, la saga Scary Movie semble assumer le risque de ne plaire qu'une seule et unique fois à chacun de ses volets, mais s'offre par la même occasion une opportunité en or de pondre autant de suites qu'il est possible d'en imaginer. Ou tout du moins d'en faire une cadence suffisamment soutenue tant que le cinéma américain proposera des films à succès. Auquel cas nous prendrons Scary Movie 5, 6, 7, 8 et tous les autres comme nous prenons aujourd'hui ce Scary Movie 4 : comme un produit fast-food dont on accepte volontiers une petite bouchée en attendant le suivant. Ca ne nourrit pas son homme, mais ça calme les aigreurs.

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