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Scream 3

La critique d'Excessif

0/5
scream3 L'HISTOIRE :
Après une incursion réussie dans le mélo (Music of the heart), Wes Craven revient à ses premiers amours avec un Scream 3 très référentiel...


Les héros ou plutôt les survivants de Scream sont de retour. Mais attention, cette fois-ci et tous nous le promettent, Wes Craven en tête, il s’agit bel et bien du dernier chapitre. L’action du film est ici transportée directement à Hollywood renforçant donc l’idée que la boucle est définitivement bouclée.

Dans l’un des nombreux plateaux de ciné, on tourne Stab 3, retour à Woodsboro, film qui replonge dans les horreurs vécus par les protagonistes de Scream. Tout est donc en place pour un mélange fiction (Stab 3 mais aussi Scream) réalité (Scream 3 mais qui est aussi un film, on ne s’en sort plus) cher au réalisateur de Freddy (son opus 7, Freddy sort de la nuit n’était qu’une grande mise en en abîme ). Ne manque plus que l’arrivée du fameux tueur masqué et avec lui un premier meurtre pour que tout recommence. Traumatisée (et on la comprend) par les événements précédents, Sidney (Neve Campbell), névrosée, se terre à la campagne dans une maison ultra protégée. Elle va devoir sortir de son cocon quand elle apprend que le tueur laisse sur ses victimes une photo de sa mère jeune.

Commençons par les choses qui font mal : cette séquelle est sans aucun doute le film le moins abouti de la trilogie. Pour autant, on vous rassure tout de suite, même s’il ne tient pas toutes ses promesses, le film vaut le détour et réussit à clore dignement une des sagas les plus prolifiques de ces dix dernières années (ce qui ne fut pas le cas par exemple avec L’arme fatale ou Alien).

On sort de Scream 3 à la fois content d’avoir assisté une fois encore à un spectacle de qualité où le suspense est constant, les rebondissements se succédant avec un sens parfait du timing, mais aussi frustré que Wes Craven n’utilise pas complétement toute l’immense richesse d’un scénario pourtant plus malin et complexe que les deux autres réunis.

A l’instar de La nuit américaine de François Truffaut, c’est à un véritable mélange réalité-fiction que l'on assiste. Les héros/acteurs des deux Scream se retrouvent face à des acteurs/acteurs qui jouent leur rôle dans la version ciné (Stab 3). Cette mise en abîme est par moments absolument étourdissante, laissant le spectateur perplexe. Elle culmine dans une scène prodigieuse (la meilleure de la série avec la séquence d’ouverture du premier Scream) où Sidney se retrouve sur le plateau de Stab 3 dans lequel est reconstitué avec minutie le décor de sa propre maison... Elle revit alors les mêmes événements qu’auparavant (sa première agression par le tueur) et tente d’exécuter les mêmes gestes salvateurs, mais cette fois, expérience oblige, en connaissance de cause. Malheureusement, c’est la seule fois dans le film où Wes Craven pousse aussi loin la réflexion. Le reste du temps, le procédé du film dans le film ne sert qu’à des ''private joke'' certes réussies (les réactions de Gale Weathers face à sa ''représentation'' filmique, l’apparition de Carrie Fisher/Princesse Leia aussi surprenante que désopilante...) mais qui n’apportent finalement pas grand chose.

Là où le film souffre le plus face à ses prédécesseurs, c’est le manque d’implication du spectateur dans la recherche du potentiel tueur (tueurs ?). Autant dans les deux premiers, Wes Craven et Kevin Williamson s’amusaient à nous donner de fausses pistes nous persuadant au final que tout le monde pouvait être coupable, autant ici, on subit l’action et on ne cherche à aucun moment à savoir qui peut bien se cacher derrière le masque...

Lié ou pas à ce reproche, force est de constater que le niveau de violence a terriblement baissé depuis le deuxième épisode. Les meurtres sont graphiquement moins sanglants. Les différents actes de violence juvénile (massacre de Littleton) qu’ont connu les USA n’y sont sans doute pas étrangers.

Pourtant, malgré tous ces bémols et ce sentiment envahissant de frustration, Scream 3 séduit car Wes Craven aime trop ses personnages et s’amuse (et nous amuse par là même) à dépeindre le milieu dans lequel il évolue depuis si longtemps. La révélation du tueur (attention à ceux qui veulent garder le suspense entier) renforçant la place prédominante qu’a Wes Craven dans le processus de création de la trilogie. Le grand manitou qui tire toutes les ficelles, c’est lui. Le message de la fin est d’une simplicité et d’une lucidité sans faille : on est tous le metteur en scène de notre propre peur. Wes Craven revendique par le biais d’un film de pur divertissement son droit à la création et sa liberté d’expression, libre de toute censure.

Critique de Laurent Pécha

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Total des votes : 9

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    Acteurs
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    Musique

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