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Secret Sunshine

La critique d'Excessif

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secret_sunshine_cinefr L'HISTOIRE : A la suite du décès de son mari, Shin-ae vient s'installer à Miryang, la ville natale de celui-ci avec son petit garçon. Entre ses cours de piano, ses nouvelles relations et Jong-chan, le patron d'un garage qui tente de se rapprocher d'elle, cette jeune femme douce et discrète débute une nouvelle existence. Jusqu'au jour où la tragédie frappe à nouveau. Face à ce nouveau drame, Shin-ae va tenter de redonner un sens à sa vie.
Quatrième long métrage de Lee Chang-Dong, Secret Sunshine était présenté en compétition au dernier Festival de Cannes et valait à sa comédienne principale, Jeon Do-Yeon, le prix d'interprétation féminine. Il faut dire que cette dernière accomplit un véritable miracle dans ce drame déchirant de bout en bout qu'elle habite littéralement.

SECRET SUNSHINE
Un film de Lee Chang-Dong
Avec Jeon Do-Yeon, Song Kang-Ho
Durée : 2h22
Sortie le 17 octobre 2007

Shin-ae (Jeon Do-Yeon) vient tout juste d'encaisser la disparition de son mari et se retrouve seule avec son fils. Sans dire un mot à sa famille, elle décide de s'exiler loin de Séoul et de s'installer dans la ville natale de son époux, Milyang. Reportant tout son amour sur son petit garçon, elle tente de s'habituer à sa nouvelle vie et prend une activité de professeur de piano. Elle fait aussi la connaissance de Kim Jong-Chan, un garagiste jovial qui manifeste très vite la volonté de l'aider à s'en sortir. Alors que Shin-ae reprend petit à petit une existence normale, sa vie est subitement frappée d'une nouvelle tragédie…


On n'avait pas entendu parler de Lee Chang-Dong depuis le bouleversant Oasis en 2002, l'histoire d'amour singulière entre un jeune homme attardé et une tétraplégique, incarnés respectivement par Sol Kyung-Gu et Moon So-Ri. S'il se fait rare derrière la caméra, le metteur en scène marque profondément à chacune de ses incursions dans le septième art. Œuvre d'une puissance émotionnelle remarquable, Oasis faisait suite à deux autres drames eux aussi très poignants. Il y avait tout d'abord eu Green Fish (1997) qui traitait avec un réalisme brutal de la descente aux enfers d'un jeune homme happé par la pègre coréenne, et surtout Peppermint Candy (2000) qui dressait à travers un récit conté à rebours le tableau noir d'une Corée du Sud meurtrie, tout juste sortie de la dictature. Avec Secret Sunshine, Lee Chang-Dong change de registre, délaissant les thématiques sociales et politiques pour se pencher sur une destinée individuelle, celui d'une jeune femme en pleine descente aux enfers. Alors qu'elle se raccroche à son rôle de mère, Shin-ae est doublement détruite lorsque son fils disparaît lui aussi et la laisse seule dans un environnement peu familier. Ne recevant aucun soutien de la part de sa famille, elle ne peut compter que sur elle-même et peut-être sur quelques unes de ses nouvelles relations pour retrouver un sens à son existence.




En dépit d'une rupture de ton évidente par rapport au reste de la filmographie du réalisateur, on retrouve la même souffrance qui traversait déjà de manière fulgurante ses précédents métrages, une souffrance qui s'exprime ici de manière plus directe puisque les événements qui la provoquent sont immédiatement identifiables. D'une portée dramatique bouleversante, certaines séquences de Secret Sunshine s'apparentent à de véritables cris de douleur. Si le regard adopté navigue constamment entre le point de vue de Shin-ae et celui de Kim Jong-Chan, l'approche du deuil est empreinte d'une telle sincérité et d'une telle empathie que l'on a parfois l'impression de ne plus seulement suivre un récit mais d'assister à du vécu. Ce sentiment, on le doit tout autant à l'écriture pleine de finesse des personnages qu'à une mise en scène laissant volontiers ces derniers évoluer avec naturel dans le champ, expulsant leurs émotions de manière très physique.


Le thème du deuil et de la reconstruction se voit doublé d'un propos incisif sur la religion et plus précisément sur l'endoctrinement dont les plus vulnérables sont les cibles privilégiées. Là encore, Lee Chang-Dong évite tout simplisme en insistant sur le caractère très entier de son personnage principal, dont les émotions passent brutalement d'un extrême à l'autre, ses réactions parfois violentes déroutant même les mieux intentionnées des personnes qui l'entourent. Loin de se résumer à son chagrin, Shin-ae dégage paradoxalement une certaine force de par son acharnement à vivre et à tenter de se retrouver face à la cruauté de l'existence. On savait la comédienne Jeon Do-Yeon talentueuse depuis le film d'action No Blood No Tears et le drame You are my sunshine, on la redécouvre totalement dans ce Secret Sunshine dont elle occupe chaque plan, irradiant le film de sa présence avec un charisme débordant. Jeon se voit magnifiquement donner la réplique par le toujours génial Song Kang-Ho (Foul King, Memories of Murder, The Host) qui compose un monsieur tout-le-monde très attachant.

Une fois de plus, Lee Chang-Dong frappe un grand coup avec ce Secret Sunshine, tranche de vie quelque peu éprouvante mais évitant tous les pièges du misérabilisme. Le réalisateur révèle du même coup au monde une comédienne douée qui a très certainement un bel avenir devant elle.

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Le verdict des internautes

Total des votes : 3

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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jujulcactus 20/01/2011 à 11h01
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