L'HISTOIRE : Depuis plus d'un an, Matt Weston est frustré par le piètre poste qu'il occupe à Cape Town. Simple "intendant" d'un lieu sécurisé opéré par la CIA, il aspire à devenir un agent à part entière et attend l'opportunité de prouver ce dont il est capable, jusqu'au jour où son premier et unique "protégé" se révèle être l'homme le plus dangereux qu'il ait jamais côtoyé. Tobin Frost a échappé aux griffes de la CIA pendant presque dix ans. Un des meilleurs hommes de terrain que l'agence ait jamais recruté, cet ancien officier des renseignements a, depuis qu'il a retourné sa veste, monnayé dossiers et secrets militaires à quiconque disposé à y mettre le prix. Du trafic d'informations avec la Corée du Nord au soutien de factions dissidentes, le tort qu'il a causé à son pays est considérable. Avec un nouveau secret en sa possession, il devient une fois de plus d'une utilité précieuse pour la CIA.
À peine Frost est-il conduit pour un débriefing dans la "planque" de Weston qu'un groupe de mercenaires lancent l'assaut. S'échappant de justesse, les deux hommes vont devoir faire équipe pour découvrir si leurs attaquants agissent à la charge de terroristes ou, au contraire, d'un agent de l'intérieur prêt à supprimer toute personne faisant obstacle à ses desseins. Et il revient à Weston de déterminer à qui il peut se fier avant que ces alliés improbables ne soient tous deux éliminés du jeu.
Un thriller sans éclat mais très efficace.
Avec Easy Money, le suédois Daniel Espinosa avait habilement mêlé critique sociale et film noir à Stockholm. Rapidement recruté par Hollywood, le réalisateur est de retour avec Sécurité rapprochée et il donne cette fois rendez-vous en Afrique du sud pour un thriller d'espionnage avec deux stars américaines habituées aux rôles de gros bras : Denzel Washington et Ryan Reynolds. Bien filmé et suffisamment haletant, le long-métrage s'impose comme un divertissement efficace basé sur un scénario aux multiples rebondissements.
Au centre du film, on retrouve avant tout ce duo classique qui a tant nourri le cinéma : le maître et l'élève. D'un côté, il y a Tobin Frost, ancien agent de la CIA insaisissable, redouté par ses ex-collègues et travaillant désormais à son compte. De l'autre, il y a Matt Weston, jeune recrue de l'agence gouvernementale qui aimerait faire ses preuves sur le terrain. Leur rencontre, basée sur l'espièglerie, le danger et la trahison, sera confrontée à une menace extérieure grandissante. Parfaitement à leur aise, les deux acteurs sont à l'image du public : en terrain connu. Denzel Washington n'a pas à forcer son talent dans un partition qu'il connaît par coeur. Après Training Day et American Gangster, l'acteur est à nouveau dans la peau d'un expert ès manipulation au sourire ravageur et à l'assurance tous risques. En gardien de la "safe house", candide et valeureux, Ryan Reynolds en impose dans les séquences d'action et apporte une fragilité bienvenue à ce "bleu" rapidement dépassé par les évènement mais débordant de ressources. Au final, le contraste et l'ambivalence sont les moteurs principaux de Sécurité approchée et alimente sans cesse la paranoïa galopante.
De la photographie à la nervosité de la caméra, Daniel Espinosa emprunte aux Jason Bourne de Paul Greengrass comme d'autres avant lui. Son baptême du feu est réussi : les courses poursuites sont aussi furieuses mais plus lisibles que chez son prédecesseur et les combats à mains nues parfaitement exécutés. Les séquences d'action brillent donc par leur crédibilité et leur cinématographie dans un équilibre salvateur. Quant au jeu du chat et de la souris, les manigances des puissants et la férocité des assaillants permettent au rythme de ne jamais faiblir. Si la fin de Sécurité rapprochée n'est pas à la hauteur de l'ensemble lorsque les masques tombent, la tôle froissée, les balles perdues et les visages fatigués aboutissent tout de même à un résumé (sans éclat) de ce qui se fait de mieux en termes de cinéma d'action depuis dix ans. Pas si mal pour le genre.
Par Nicolas SCHIAVI
Le film d'animation Le Lorax fait un excellent démarrage au box office américain avec plus de 70 millions de dollars en trois jours.