La critique d'Excessif

2/5
septvies135 L'HISTOIRE :

Hanté par un secret, Ben Thomas cherche sa rédemption en transformant radicalement la vie de sept personnes qu'il ne connaît pas. Une fois son plan mis en place, plus rien ne pourra l'arrêter. C'est tout du moins ce qu'il croit. Mais Ben n'avait pas prévu qu'il tomberait amoureux de l'une de ces personnes et que c'est elle qui va le transformer...

A force de vouloir faire pleurer dans les chaumières, les vannes se ferment !

Deux ans tout juste après être parti à la recherche du bonheur, Will Smith est de retour aux côtés du réalisateur italien Gabriele Muccino pour un nouveau mélodrame particulièrement morbide cette fois-ci dont les intentions restent encore mystérieuses à la sortie de la projection... Visant les cîmes du vrai, du pur, du gros drame hollywoodien, Sept vies fait la part belle à deux comédiens habités et souvent émouvants qui ne peuvent néanmoins faire fi d’un scénario cousu de fil blanc. Le tout s’achève sur une conclusion particulièrement douteuse, parfaitement illogique et gâchant royalement un film qui parvient pourtant à instaurer un rythme intéressant durant les deux heures qui nous sont offertes. On frôle constamment le consensus mou mais le cinéaste sait parfois se montrer efficace dans l’évocation du temps qui passe et de certains sentiments. Gabriele Muccino (version US) s’améliore mais ce n’est pas encore ça...

  

 

On pensait que Will Smith avait tout fait. Le chasseur d’aliens et de robots rebelles, le super-héros alcoolique, le boxeur légendaire ou le dernier homme sur Terre... Pourtant, on reste coi devant le rôle de Ben Thomas, sorte de messie dont le sens du sacrifice démesuré et quasi aveugle l’amène à agir de manière absolument incompréhensible. En effet, Sept vies déroule devant nos yeux un scénario dont les subtilités toutes relatives forment un ensemble particulièrement incohérent si l’on suit la morale du personnage principal. Si l’on passe très rapidement sur le fameux secret de polichinelle qui le hante et dont on nous râbache la présence à coups de violents flashbacks au ralenti, les actions accomplies par Will Smith, pétries de bonnes intentions, semblent néanmoins particulièrement vaines si l’on en croit l’épilogue.

 

Seul hic, ce n’est pas ce que veut dire le film ! L’homme qui tente de changer et sauver la vie de gens malheureux pour la rendre encore plus triste... on se demande bien quel est véritablement le sens donné à tout ça. D’autant que la morale absconse du film, déployant des ruses incroyables pour faire passer la pilule du « certaines personnes méritent d’être sauvées, d’autres non... », ne nous convainc pas vraiment. En ajoutant à cette tentative de jouer à Amélie Poulain sur une note plus grave, une dimension profondément morbide qui nous amène à penser que le sens du sacrifice doit être bien aiguisé avant de prendre une quelconque décision majeure, on se retrouve avec un méli-mélo(drame) difficilement digérable. On évitera de vous dévoiler la fin mais sachez simplement que Will Smith sait donner de sa personne... Au propre comme au figuré.


Car s’il y a bien quelque chose que nous ne pouvons enlever au film, ce sont les prestations des deux comédiens principaux, Will Smith et Rosario Dawson qui, dans un registre complexe et larmoyant, réussissent néanmoins à tirer leur épingle du jeu en proposant une interprétation sans faille, pudique et toute en retenue... La jeune comédienne américaine fait état d’une jolie sensibilité et d’un savoir-faire assez épatant en face du molosse Will Smith qui nous avait déjà prouvés dans Je suis une légende ou A la recherche du bonheur qu’il avait la larmichette facile. Ils tiennent le film de bout en bout et sauvent in-extremis Sept vies de la catastrophe intégrale... On remercie donc Gabriele Muccino d’avoir su encadrer ses comédiens tout comme il parvient, à quelques rares instants, à offrir à son métrage une once d’originalité ou de légèreté au sein d’un scrip aussi lourd qu’un sac de plomb. Quelques idées de mise en scène se glissent ici, un petit instant d’émotion par là, un regard capté et le film prend son envol... pour replonger aussitôt.

 

Au final, Sept Vies nous interroge sur notre amour, notre égoïsme, notre capacité à pouvoir changer la vie des autres et à influencer toute une existence. Parfois, le film arrive à ses fins en évitant d’emprunter une multitude de détours mais le tout s’embarque trop souvent dans une justification douteuse des actes du personnage de Smith et la morale nauséabonde qui en découle, tout comme notre incompréhension du choix final, l’emporte sur l’ensemble et nous achève littéralement lorsque le tout aurait pu être simplement réjouissant. C’est triste à en mourir et donc peu conseillable aux âmes sensibles... Les autres, c’est au feeling mais rien ne vous oblige à vous faire du mal.

 

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Le verdict des internautes

Total des votes : 29

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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beap 20/03/2010 à 20h02
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