Qui d’autre qu’une chorégraphe, en l’occurrence Anne Fletcher, pouvait parler avec autant de compétence que de passion de l’univers de la danse dans ce qu’elle a de plus abouti : l’expression corporelle érigée en mode de vie, oeuvrant pour le dépassement de soi et le rapprochement des êtres, quelque soit l’origine sociale.
SEXY DANCEUn film de Anne Fletcher
Avec Channing Tatum, Jenna Dewan, Damaine Radcliff
Durée : 1h43
Date de sortie : 15 novembre 2006Tyler, Mac et Skinny arpentent les rues de leur quartier avec l’insouciance de leur jeunesse et le pessimisme désabusé de leur condition sociale. Mais tout va changer lorsque Tyler purgera une peine de travaux d’intérêt général dans la prestigieuse Performing Arts High School.Difficile de prime abord d’éviter le jeu des comparaisons avec
Fame,
Save the last dance et autres
Honey (dans une moindre mesure). Mais bien vite,
Sexy Dance se révèle unique simplement parce qu’en accord avec son temps. Les musiques sur lesquelles ces jeunes gens dansent, fort bien d’ailleurs, représentent très précisément le lieu et l’époque de l’action. La BO livre ainsi une forte dose de hip hop et RnB, le tout astucieusement mélangé à des relents de musique classique symbolisés par l’ajout de quelques violons.
Le film, de par son essence, est évidemment entièrement rythmé par les notes enjouées ou romantiques selon les circonstances de sa bande son. Les connaisseurs reconnaîtront même le chanteur Mario qui campe un rôle assez important. Son tube
Let me love you ayant permis à plus d’un ado de « conclure » ces dernières années. Anne Fletcher, il fallait s’y attendre, ne connaît donc pas trop de problèmes concernant le rythme et
Sexy Dance évite les longueurs.
Côté mise en scène, la chorégraphe possédait également certaines bases grâce à sa profession d’origine. Là encore, cela se ressent à l’écran, les acrobaties et autres pas de danse des acteurs se voyant parfaitement filmés. Les chorégraphies sont particulièrement soignées et le novice peut assimiler sans effort tous les mouvements demandés aux danseurs. La réalisatrice se montre autant à son aise sur les plans non dansés, avec un leitmotiv judicieux : faire simple. Beaucoup de plans fixes, quelques contre-plongées, un ou deux travellings, pas de quoi sauter au plafond, mais au moins la maîtrise y est.
Les chorégraphies, le rythme, quelques effets de mise en scène, autant de points sur lesquels Anne Fletcher était attendue et répond bien présente. En revanche, la maîtrise de la narration s’annonçait plus délicate. Pourtant,
Sexy Dance surprend agréablement. Certes, le scénario ne respire pas l’originalité, loin s’en faut. Mais l’évolution de ces trois paumés s’avère plus intéressante qu’il n’y paraît, avec en plus une touche de dramaturgie qui apporte une étonnante gravité à un film considéré a priori comme purement divertissant. Dommage que la romance entre les deux tourtereaux ne soit pas du même acabit, le couple ne dégageant réellement quelque chose que lorsqu’il danse. La faute à des « acteurs » très clairement plus doués pour suivre les traces de Noureev que de Sean Penn.
Les sceptiques risquent d’être agréablement surpris à la vision de
Sexy Dance. Si le film est à déconseiller aux allergiques à la musique hip hop, tous les autres devraient se laisser porter par le rythme et, pourquoi pas, remuer de plaisir sur leur fauteuil.
Joe C.Retrouvez pages suivantes la galerie photos...