L'HISTOIRE : Arrêtée pour vol alors qu'elle avait 19 ans, Sherry Swanson, une ancienne accro à l'héroïne, sort de prison après avoir purgé trois ans. Totalement sevrée, elle goûte à son premier jour de liberté et décide de tout faire pour regagner la garde de sa fille, dont se sont occupés son frère et sa femme en son absence ...
Sur le thème éculé de la seconde chance, Sherrybaby décrypte le parcours d’une attachante survivante.
Sur le thème éculé de la seconde chance, Sherrybaby décrypte le parcours d’une attachante survivante.
Sur le papier, le programme scénaristique de Sherrybaby annonce une avalanche de clichés (démarche post-Cassavetes, tendance au misérabilisme). La bonne surprise, c’est que la réalisatrice Laurie Collyer refuse l’apitoiement, le pathos. Sans échapper à un formatage Sundancien (surtout pour parler des marginaux), son film creuse la veine convenue de la rédemption sociale à la première personne du singulier et ne néglige pas les personnages secondaires, plutôt bien caractérisés. Comme cet indien volage et tourmenté, amant de passage de Sherry incarné par Danny Trejo, à qui la vie n’a pas fait de cadeau – un beau rôle pour celui qui durant sa jeunesse, a connu les enfers de la drogue, de l’alcool et de la violence.
Et puis il y a Maggie Gyllenhaal, de tous les plans. En poupée brisée, ancienne taularde et junkie, qui déploie des efforts surhumains pour se racheter une conduite et récupérer la garde de sa fille, la sœur de Jake s’avère un atout irrésistible et prouve une nouvelle fois sa capacité à alterner les grosses productions (The Dark Knight, World Trade Center) et les petits films indie au cœur gros comme ça (Donnie Darko, La secrétaire). Plus touchante qu’irritante, surtout lorsqu’elle chante un tube des Bangles lors d’un anniversaire, sous les regards affligés des membres de sa famille, elle parvient avec une économie d’effets à traduire la tristesse d'une femme considérée comme la tâche familiale, pas reconnue par son enfant, confrontée au modèle de réussite de son frère beauf, obligée de montrer ses seins pour décrocher un job. A l’adolescente qu’elle n’a jamais été et à l’adulte qu’elle ne sera jamais.