L'HISTOIRE : Shrek est un ogre très heureux de vivre seul dans son marais, loin des cris de peur et de la haine que son apparence provoque chez les autres. Pourtant, lorsque le méchant Lord Farquaad déclare toutes les créatures magiques illégales, celles-ci s'exodent en masse vers le marais de l'ogre qui va devoir alors passer un pacte avec le lord pour récupérer sa tranquillité : aller délivrer la princesse Fiona et la ramener... 


On l’oubli un peu trop, mais Dreamworks, quand il n’est pas le tremplin des propres films de papa Spielby (dont le Soldat Ryan est peut-être le plus beau), est une usine à ersatz. Et il est intéressant de (il faut) se pencher sur le cas de ce studio fondé par un trio de ‘’choc’’ afin, je cite, d’aider les artistes et de leur offrir les infrastructures idéales à l’épanouissement de leur liberté créatrice, fin de citation. Ca c’est pour la théorie. Dans les faits, cela donne tout à fait autre chose. Un faux chef d’œuvre auto-proclamé qui a des airs de vraie production Bruckheimer (Gladiator), une miramaxerie estampillée ‘’politiquement incorrecte’’ à peine déguisée en film d’ôteur (American Beauty), une comédie gentillette qui a le goût, l’odeur et l’apparence d’un Woody Allen mais qui n’en est pas ou si peu (Small Time Crooks) ou encore Hantise, ça ce n’est pas un film, c’est une blague. Et la liste est longue. En vérité, il ne s’agit que d’un studio hollywoodien comme les autres, un jeunot qui veut se tailler sa part du lion (et quoi de plus normal, en définitive), mais qui se donne des airs.
Avec Shrek, on passe à la vitesse supérieur : travestir Disney en un truc vaguement distancié, référentiel et cynique, parfaitement tendance, qui prend justement pour cible la firme aux grandes oreilles et ses parcs attractifs, pour mieux nous resservir au final la même soupe et fonder un nouveau parc à thème(il faut se souvenir que Katzenberg était auparavant le patron de Disney). Et c’est comme cela que Shrek s’est retrouvé en compétition officielle à Cannes. C’est qu’ils sont très malins chez Dreamworks. Sont conviés dans ce grand détournement, Mike Myers, qui incarne l’ôgre couleur morve et reprend ici sa voix du mondialement célèbre Fat Bastards d’Austin Powers 2, Eddie Murphy, en âne aussi bavard que son personnage du Flic de Beverly Hills et Cameron Diaz en princesse à délivrer des griffes d’un dragon, qui retrouve son rôle de Drôle de Dame, front-kick et coup de pied hongkongais à l’appui. L’opportunisme et la malice de l’entreprise résident essentiellement dans le fait de convoquer tout le bestiaire des contes, fables et légendes pour s’en moquer gentillement : monsieur Perrault, les frères Grimm, et donc Disney, en prennent ainsi pour leur grade. Ajoutez quelques pets, crottes de nez, crottes d’oreille et autres références scatologiques plus quelques dialogues salaces et croustillants tout droit sorti d’un Farrelly et vous aurez une bonne idée de la chose.A l'affiche cette semaine de Night and Day, Cameron Diaz demeure une valeur sûre à Hollywood, alternant films d'auteurs et oeuvres populaires. La preuve, au vu de son incroyable carrière.