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Shrek le troisième

La critique d'Excessif

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Affiche du film Shrek le troisième L'HISTOIRE : Shrek, le célèbre ogre vert, est dorénavant marié à la princesse Fiona. Leur vie s'écoule paisiblement jusqu'au jour où le père de celle-ci, le roi de Far Far Away, tombe gravement malade. Le trône est alors laissé vacant et c'est à Shrek que revient la lourde tâche de trouver un successeur au souverain...
Oyez, oyez, demoiselles et damoiseaux, l’ogre vert est de retour pour embrasser la fonction suprême du Royaume Fort Fort Lointain, devenir le futur Roi Shrek le Troisième. Enfin, pas si vite, car de royaume, l’affreux tout vert n’en aspire qu’un seul, son marais, et de sujets, il n’en veut pas, pas même une descendance de modèles réduits à son effigie. Repartis on the road again pour de nouvelles aventures à la recherche d’un roi pour son royaume, Shrek et ses acolytes poursuivent le dynamitage des contes de fées. Vous en prendrez bien un troisième morceau ?

SHREK LE TROISIEME
Un film de Chris Miller
Avec les voix de Mike Myers/Alain Chabat, Eddie Murphy/Med Hondo, Cameron Diaz/Barbara Tissier, Antonio Banderas/Boris Rehlinger, Julie Andrews, John Cleese, Rupert Everett, Eric Idle, Justin Timberlake.


Alors que Shrek a du mal à s’accommoder aux us et coutumes du Royaume Fort Fort Lointain, le Roi trépasse en le proclamant digne héritier du royaume. Sauf que sa Vertissime Majesté ne se sent vraiment pas taillé pour le faste et les froufrous… mais ni pour les couches et les biberons de jus de limace que lui présage incessamment sous peu sa Princesse ogresse. Son seul espoir est de retrouver le cousin de Fiona, Artie un loser patenté, pour prendre les rênes du Royaume. A moins que Charmant, le prince déchu, ne fasse à nouveau des siennes…

Se renouveler dans la continuité, tel est le problème des suites, et notamment lorsqu’il s’agit d’une franchise nommée Shrek qui est appelée à de nouveaux développements tous azimuts dans un futur pas Fort Fort Lointain. Dans la lignée des deux premiers épisodes, Shrek passe donc la troisième, avec de nouveaux personnages, des gags récurrents, et une histoire qui évolue tout en gardant les mêmes bases. Relecture de sa propre mythologie, Shrek le Troisième s’essouffle un petit peu mais réserve quand même quelques très bonnes surprises.


En assumant son image dans le premier épisode grâce à l’amour, et en se confrontant à sa belle-famille dans le deuxième pour finir par conforter cet amour, Shrek prenait un statut de anti-héros en proie à des difficultés personnelles qui se résolvaient dans l’acceptation de sa condition et dans l’amour de sa princesse. Le troisième épisode ne déroge pas au schéma d’une situation initiale que n’assume pas l’ogre vert, dans la continuité des deux films précédents, alors qu’on lui annonce qu’il va être Roi et père. Fuyant ses responsabilités pour l’un comme pour l’autre, Shrek et ses deux irremplaçables compagnons, l’Âne et le Chat Potté, repartent donc à l’aventure à la recherche d’un Roi pour régner.


Si l’histoire d’amour entre Shrek et Fiona évolue avec cette troisième étape d’une future paternité renvoyant l’ogre à ses doutes, Shrek le Troisième garde aussi le cap d’un conte de fées pas comme les autres où le rêve de tout prince d’accéder au trône est détourné en quête pour ne pas régner, avec comme ersatz de Roi, un ogre déserteur, un Charmant permanenté pas très charmant et un cousin mou du genou, Prince Arthur aussi vaillant qu’un artichaut. Shrek garde donc ses valeurs et ses prérogatives, et s’il repart à l’aventure, c’est une fois encore ironiquement pour rester chez lui, dans son marais, préférant la vie pépère en famille aux réceptions de l’ambassadeur.


De fait, l’histoire tend donc à se répéter, parfois même de manière parfaitement identique aux deux premiers épisodes renvoyant alors le film à des autocitations malhabiles (l’enlèvement du prince, les princesses spécialisées en kung-fu, etc.), mais parfois aussi en redistribuant les cartes de manière extrêmement inventive et drôle, comme lors de l’hilarant échange de corps entre l’Âne et le Chat Potté conduisant à une tentative ratée du fameux regard désarmant du Chat (devenu un gimmick paresseux dans les autres productions DreamWorks) ou lors de l’ingénieuse scène du mensonge de Pinocchio, décidemment à la fête pour les trouvailles scénaristiques.

Si certains passages accusent donc un goût de déjà-vu, d’autres séquences se hissent déjà au rang de futures scènes cultes de la saga, comme l’agonie du Roi, la rétrospective de la vie de Biscuit à l’orée de la mort ou la désinvolte Tea party des petits cochons et du loup à l’arrivée des soldats de Charmant. Parmi les nouveaux personnages qui contribuent au renouvellement de la série, le cousin Artie, assez fadasse, ne laissera pas un souvenir impérissable, et les héritiers de la franchises seraient bien avisés de concentrer plutôt leur talent sur l’enchanteur Merlin, sémillant vieillard à la tunique taillée ras des fesses, ou sur le futur baby-sitter des marmots verts, sorte de nain nanti d’une improbable moustache, d’un saillant capuchon rose et d’une voix d’une douceur infinie !


Avec une animation irréprochable et une technique en 3D de plus en plus évoluée, Shrek le Troisième garde la même excellence graphique que les deux premiers épisodes. Chris Miller a remplacé Andrew Adamson à la réalisation, en gardant les clins d’œil cinématographiques et parodiques, et une bande-son de classiques du rock, mais s’avère aussi moins créatif que son prédécesseur. Néanmoins, il parvient à mener Shrek le Troisième au bout de son aventure dans une suite un peu moins réussie, mais toujours sympathique, avant le retour de Shrek en 2010 dans Comment élever des marmots ogres quand on a pour ami un âne intarissable bavard et roi de l’incrust, flanqué d’une tripotée d’ânons volants et crachant du feu ? A suivre donc…

Arnaud Olzeski



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Total des votes : 8

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    Réalisation
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    Acteurs
  •  
    Musique

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