Seconde réalisation pour le comédien Vincent Perez,
Si j’étais toi est un drame fantastique adapté d’un best-seller japonais, Naoko... Bancal dès les premières minutes et très vite désastreux, le métrage pêche par l’incroyable interprétation d’un Duchovny passablement affligeant et d’un scénario particulièrement mauvais. Seule la jeune actrice, Olivia Thirlby, sort son épingle du jeu grâce à son interprétation délicate d’un rôle dont le ridicule aurait pu achever tout autre comédien... Un petit miracle en somme.
SI J’ETAIS TOI Un film de Vincent Perez
Avec David Duchovny, Lili Taylor, Olivia Thirlby, Brendan Sexton
Durée : 1h33
Date de sortie : 10 octobre 2007Benjamin et Hannah forment un couple modèle. Ensemble, ils ont une fille de 16 ans : Samantha. Sensible à la crise que semble traverser sa fille, Hannah décide de partir quelques jours en tête à tête avec elle. Mais au détour d'un virage, leur voiture quitte la route. Elles sombrent toutes les deux dans un profond coma. Hannah ne reprend conscience que quelques instants, le temps de serrer une dernière fois la main de sa fille. Au moment même où celle-ci reprend vie, Hannah s'éteint. Mais Benjamin s'aperçoit bientôt que l'esprit d'Hannah semble s'être glissé dans le corps de Samantha...Difficile de garder son sérieux devant
Si j’étais toi... Il faut dire que Vincent Perez n’a pas choisi la facilité. Sujet casse gueule, acteur de télévision sans grande prestance, seconde réalisation après un Peau d’Ange plutôt moyen, il aurait fallu une intervention divine pour que le métrage soit une réussite. A mi-chemin entre le drame familial et le fantastique, le film est un concentré de séquences plus invraisemblables les unes que les autres où chacun (ou presque) s’évertue à donner un minimum de consistance au propos. Si propos il y a...

Ca démarre très vite, très mal... Que l’on se rassure, ça ne s’arrange pas. Au contraire. Mis en scène selon les codes du téléfilm du dimanche soir, monté sans véritable souci de continuité, on se demande dès les premières minutes quels vont être les enjeux de cette famille toute droit sortie d’un Kinder Surprise ! Le couple est joli, la fifille est rebelle (elle écoute de la musique forte dans sa chambre !)... Attendons de voir comment l’intervention du fantastique va chambouler tout ce petit monde. Et bien au final, ça ne chamboule pas grand-chose. Duchovny, apprenant que l’esprit de sa femme s’est projeté dans le corps de sa fille, est aussi troublé que le jour où Audrey Tautou a appris qu’elle descendait du Christ (
sic). En somme, il s’en tape. Enfin non, tout de même, il fait deux ou trois recherches à la bibliothèque municipale dans un Sciences et Vie Junior avant de déclarer forfait... Quel ambitieux ce Fox Mulder. La vérité est ailleurs, certes, mais on ne va pas se casser la tête à la chercher. Ca prendrait trop de temps.
Passée la révélation d’un Duchovny aussi charismatique qu’un poireau en fin de cuisson, on se délecte d’un scénario cousu de fil blanc et d’un ridicule laissant croire que personne ne l’a lu sobre. Entre ados fumeurs de shit, sales ou irrespecteux et personnages secondaires payés au tarif figuration, rien ne semble pouvoir sauver le film d’un naufrage certain. Archi-superficiel et oubliant définitivement la notion de sentiment,
Si j’étais toi fait dans le sommaire... Pire encore, réalisant l’exploit de ne pas traiter son sujet, aussi fastideux soit-il, Perez évite les confrontations entre le père et la fille-mère. Une allusion sexuelle fait un petit coucou en passant et puis s’en va... Bref, à trop vouloir faire dans la pudeur, on se retrouve avec un discours prêchi-prêcha portant le coup de grâce à une histoire aux ressorts bien usés.

Mais (oui, il y a un mais...), telle une lueur d’espoir dans ce flou artistique, la jeune Olivia Thirlby s’en sort avec les honneurs. Peu aidée par un personnage aussi nuancé qu’un monochrome de Klein, elle arrive à rester crédible de bout en bout et par moments, à émouvoir. Sa sensibilité et sa douceur alliées à une maturité de jeu dépassant toute espérance, elle est LA révélation du film. Oubliant la bêtise des situations et faisant fi du ridicule de son rôle, elle sauve radicalement le métrage par son unique présence. Et c’est déja énorme. Le naufrage est évité de justesse et l’on espère revoir très vite cette comédienne de 20 ans particulièrement envoûtante...
Kevin Dutot