La critique d'Excessif

4/5
sincitycoll L'HISTOIRE : 3 histoires se déroulant dans les tréfonds d'une ville comme tant d'autres, là où le crime remplace la loi, où l'ombre remplace la lumière. Une ville de péchés dans laquelle 3 héros vont se révéler, usant de leurs mauvaises habitudes comme le bourre-pif ou les flingues pour rétablir un peu l'ordre...
En direct live des Etats-Unis, notre correspondant Stéphane Mille a vu Sin City bien avant que ce film évènement ne foule le sol de Cannes où il est largement pressenti, et nous livre sa critique complète.

Sin City (littéralement la cité du vice) est un titre qui a le mérite de donner le ton. C'est une plongée dans une ville ravagée par la corruption, la violence et la luxure où tous les personnages sont constamment en danger de mort. Il n’est pas nécessaire de connaître l’univers de Frank Miller pour découvrir cette ville obscure aux multiples recoins glauques. Robert Rodriguez se contente de calquer les story-board de Miller et dans un sens, c’est ce qu’il pouvait faire de mieux. Le film bénéficie d’un tel capital sympathie que le spectateur trouve forcément de quoi se réjouir.


CINE : SIN CITY
Un film de Robert Rodriguez
Avec Bruce Willis, Mickey Rourke, Clive Owen, Jessica Alba, Rosario Dawson, Benicio Del Toro, Elijah Wood, Josh Hartnett, Nick Stahl, Michael Madsen, Michael Clark Duncan, Jaime King, Brittany Murphy, Carla Gugino, Rutger Hauer, Devon Aoki.
Durée : 2h04
Sortie : 01er Juin 2005

L'adaptation sur grand écran du comic-book de Frank Miller. Un univers sombre peuplé d'individus plus déjantés les uns que les autres, parmi lesquels Hartigan, un flic chargé de protéger la strip-teaseuse Nancy, et Marv, une montagne de muscles décidée à venger la mort de sa conquête d'un soir.


Le film en forme de spirale est construit sur trois segments tirés des trois premiers livres de la série The Hard Good-bye de Miller : Sin City, The big fat kill et That Yellow Bastard. Une structure qui peut dérouter ceux qui s’attendaient à voir un produit plus calibré. Une démarche qui requiert plus d’attention de la part du spectateur qui doit prendre en compte les moindres détails s'il ne veut pas être perdu. Trois histoires parallèles se passent à Sin City : celle d’un homme (Mickey Rourke), brute au visage fracassé et au cœur meurtri qui recherche le meurtrier de la prostituée qu’il aimait ; une autre, fable adultérine avec Clive Owen, Brittany Murphy et Benicio Del Toro ; et enfin une dernière avec Bruce Willis en flic qui sauve une enfant des mains d’un pédophile. Tous ont pour thèmes centraux la vengeance froide.


Les premières images, stylisées à l’extrême, feront le tri entre ceux qui aimeront et ceux qui détesteront. La caractérisation des personnages, la noirceur cynique et l’absence de morale sont respectées mais tellement respectées qu'on a parfois davantage la sensation de feuilleter une BD que de voir un film. En soi, Sin City possède tous les symptômes du film culte. Le scénario entremêle tant de pistes qu'on s'y perd parfois.


C'est clair, on sent vraiment l’influence de Tarantino parce qu'on retrouve presque la structure de Pulp fiction (des histoires qui se croisent pour narrer des sous-intrigues opposées) et le film rend hommage aux pulp des années 30. Peu étonnant donc à ce que celui-ci ait participé au projet, dans une scène finalement assez anodine soit dit en passant, voire la plus proche du ridicule (celle où Clive Owen parle dans sa voiture au cadavre qui l'accompagne). La mise en scène adopte l’immoralité de cette ville en filmant les situations avec une vraie complaisance que ce soit des giclées de sang ou le gang des filles de Dwight, dévêtues et souvent filmées au ras des fesses. En premier lieu, Rosario Dawson, dont les formes généreuses rappellent qu’Alexandre d’Oliver Stone lui devait beaucoup. On aurait pu attendre plus d’audace au niveau de la nudité, omniprésente dans le comic de Miller, mais le film s'avère relativement sage sur ce plan inversement à la violence qui, elle, ne nous épargne rien d’un bout à l’autre.


Comme dans l’univers graphique de la bédé, le recours au noir et blanc ultracontrasté amplifie cette si disputée violence, comme les apparitions du Yellow Bastard (Nick Stahl) ou le sang qui éclabousse au visage. Du sang qui selon les circonstances est blanc, jaune ou rouge. En revanche, le recours au numérique pour la représentation des décors peut laisser sceptique. L’intégration d’éléments réels dans un décor de 3D n’est pas toujours heureuse même si dans le même genre, le spectacle reste nettement plus convaincant que le récent Captain Sky et le monde de demain qui, lui aussi, jouait sur ce décalage étonnant. La palme revient indéniablement aux poursuites en voiture, dignes d'un jeu vidéo du même genre, à la fluidité excessive (on se rapproche de Wipe Out). Et puis, évidemment, la distribution ajoute à l’excitation. Bruce Willis en justicier sexagénaire à bout, Elijah Wood en monstre cannibale silencieux et effrayant, Mickey Rourke qui rappelle avec ce rôle celui de Hellboy, Clive Owen égal à lui-même ou encore la jeune Makenzie Veda, bout de chou de 11 ans (déjà repérée dans Saw) profitent de l’occasion pour se distinguer dans des rôles difficiles. Dans les personnages secondaires, on affichera une préférence pour Jack Rafferty, (Benicio Del Toro).


On pouvait émettre des réserves sur le choix du réalisateur Robert Rodriguez à la direction de cette immense machine tant son avant-dernier long-métrage (et plus globalement ses derniers) mérite d’être passé sous silence (qui n’a pas souffert pendant la projo de l’insupportable Desperado 2 : il était une fois au Mexique ?). Sauf qu’à la surprise générale, le cinéaste a canalisé son énergie pour aller à l’essentiel avec certes des punchlines un peu vaines et d’autres ratés un peu tannants... Oui, bon, mais cette fois, Rodriguez est solidement encadré par Frank Miller (qui joue également dans le film le rôle d'un prêtre). Si, à travers cette adaptation très (trop ?) fidèle, Rodriguez donne l’impression de vouloir faire son Kill Bill et ainsi de prendre le pas sur celui qu’il surnomme affectueusement comme son frère spirituel, le spectacle possède dans son genre une efficacité indéniable. En somme, ce film tient toutes ses belles promesses de départ et remplit son cahier des charges, à savoir divertir. Que des bonnes nouvelles...

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Le verdict des internautes

Total des votes : 6

Les notes des internautes

  •  
    Scénario
  •  
    Réalisation
  •  
    Acteurs
  •  
    Musique

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