L'HISTOIRE : Sayra vit au Honduras. Elle n'a pas vu son père depuis des années et quand il revient, c'est pour les emmener, elle et son frère, dans un long voyage jusqu'aux Etats-Unis. Sac au dos, le cœur déterminé, ils se lancent dans un rude trajet.
Plus loin, au Mexique, Casper fait partir du gang de la Mara. Il a décidé d'y intégrer le tout jeune Smiley. Lorsque celle qu'il aime est tuée, Casper est envahi par la haine.
C'est sur le toit d'un train mexicain que les deux adolescents se rencontrent.
Le réalisateur sublime la force tragique de son histoire sans la dramatiser.
De La Cité de Dieu à Slumdog Millionaire en passant par Mon nom est Tsotsi, les films de bidonville ont trouvé leur place au box-office ces dernières années et quasiment institué un genre. Sin Nombre, comme la plupart de ses congénères, tente de traduire les codes des gangs dans la forme même du film. La surenchère de violence et l’outrance émotionnelle n’enchanteront pas tous les spectateurs. C’est quand Sin Nombre dépasse le cliché que la subtilité du réalisateur et la force peu ordinaire de son récit peuvent traverser l’écran.

Trouver l’intérêt de ce film, produit entre autres par Gael Garcia Bernal et primé à Sundance, ne sera pas facile car il n’a rien d’immédiat. D’entrée, c’est le langage visuel usé et pas très heureux du bidonville qui saute aux yeux. Sous le regard d’un enfant se déploie l’habituelle danse des tatouages, graphes, sexe, drogues et coups de pied dans ta gueule. La caméra est régulièrement à l’épaule ou bien suit la marche d’un personnage, les situations confrontent systématiquement l’innocence la plus naïve à la violence la plus perverse. L’esthétique est, inévitablement, celle de l’outrance, dynamique de l’hyperbole sous prétexte que la réalité se révèle, indubitablement, terrible à endurer. C’est le retentissement impressionnant d’une balle, les discours plein d’emphase sur l’attachement au territoire, « La Mara ou la mort », des larmes arborées avec agressivité, des émotions boursouflées…
Dans cette exhibition émotionnelle, on est soit pris de vertige soit pris par le rire mais sans doute pas touché par les douleurs des personnages, aussi terrible soit leur destin. Les clichés brutaux ne servent nullement le propos de Sin Nombre.
Là où le film reprend ses droits, c’est dans le parallèle entre les déboires sanguinolents de Casper et le départ de la jeune hondurienne, Sayra, sac au dos, accompagnée de son père et de son frère, le cœur plein de détermination pour atteindre les Etats-Unis puis le New Jersey. Cary Joji Fukunaga tient là le nœud de son sujet, le voyage, ce trajet peut-être annoncé par le tout premier plan du film, un chemin, dans une forêt automnale. C’est le paysage en face de Casper. Il ne s’agit que d’un poster, d’un mur clos.

Lucky Luke, Micmacs à tire-larigot, The Descent 2, Michael Jackson : This is it, le mois d'octobre au cinéma fut assez agité pour que l'on y revienne...