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Skate or Die

La critique d'Excessif

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skate_or_die_cinefr L'HISTOIRE : Benjamin et Jérôme sont deux jeunes skateurs sans histoire jusqu'au jour où ils se retrouvent malgré eux, témoins d'un triple homicide. Surpris par les assassins, ils tentent de leur échapper en comprenant rapidement que c'est une question de vie ou de mort. Alors qu'ils se réfugient dans un commissariat, ils découvrent que les criminels sont en réalité des inspecteurs véreux, sans scrupules mais insoupçonnables par leurs pairs. Effrayés, les deux skateurs s'enfuient du poste de police. Mais c'est trop tard l'alerte est donnée. En parallèle, Sylvie, la jeune gardienne de la paix qui les a accueilli au commissariat semble avoir été troublée par leurs témoignages affolés, et par leur fuite précipitée. Désormais recherchés par toutes les forces de police parisiennes, Jérôme et Benjamin entament un périple époustouflant au travers de la capitale. A l'insu de ses supérieurs, Sylvie décide de mener sa propre enquête pour tenter de comprendre ce qui se trame autour des deux skateurs. Courageux et inconscients tour à tour, Benjamin et Jérôme tentent le tout pour le tout afin d'échapper à ces tueurs sans scrupules. D'indices en surprises, Sylvie découvre que ses collègues ne sont pas exactement ceux qu'elle pensait. Elle décide donc de sauver ces deux skateurs d'une mort certaine...
Ils sont jeunes, ils sont cools et ils mettent la honte à notre belle police nationale ! Et non ce n’est pas la nouvelle production Europa mais le nouveau film de Miguel Courtois qui se lance dans le film de genre pour djeuns’ !

SKATE OR DIE
Un film de Miguel Courtois
Avec Mickey Mahut, Idriss Diop, Elsa Pataky, Philippe Bas, Passi, Rachida Brakni, Antonio Ferreira
Durée : 1h30
Date de sortie : 11 juin 2008

Idriss et Mickey font du skate dans Paris. Mais alors qu’ils se fument tranquille-pépère un pétard, voilà que des méchants flics massacrent le Tony Montana du pauvre devant leurs yeux et leur caméra. Pas de bol les deux jeunes skaters se font repérer et n’ont plus qu’un seul choix : Skate or Die… Yeeaah !!!!!


Alive, Yamakasi, Bouge, Taxi… les tentatives ratées d’un cinéma populaire, divertissant, ciblé « adolescent » sont bien nombreuses, manquant souvent le coche par manque de talent ou d’un opportunisme malsain (ou les deux). Malheureusement Skate or Die ne vient aucunement relever le niveau et parvient même à plonger encore plus profond dans les enfers du cinéma de genre made in France. Même si au départ le film peut nous séduire, annonçant un film-concept à base de skate et de courses poursuites effrénées sur plusieurs heures dans Paris. On ne demande pas non plus un morceau du niveau d’Une Journée en Enfer par exemple, on sait rester réaliste et voir un jour un film d’action de cette envergure révolutionnant le cinéma d’action produit et réalisé en France révèle du pur fantasme, mais un minimum syndical dans Skate or Die fut rondement apprécié. Film pour adolescents uniquement dans tout ce que cela a de péjoratif : jeunes éphèbes peu charismatiques mais top branchouilles, bande son tendance, clichés monumentaux sur la police (en gros que des ripoux et/ou beaufs qui se la pètent devant un portrait de Sarkozy)… Les jeunes y sont forcément cools, ont tous un Ipod et fument des joins. Bon, après tout, ce sont des clichés auxquels nous sommes largement habitués par notre beau cinéma national et sur lesquels nous pouvons faire abstraction si les scènes d’action déménagent et le réalisateur assure un minimum le spectacle.


Pas de chance non plus, Miguel Courtois n’arrive à aucun moment à faire décoller ses courses-poursuites dans Paris. Toutes les scènes d’action sont filmées en gros plans avec une caméra hystérique singeant maladroitement les tics de la trilogie Bourne, Bad Boys 2 ou d’un film de Tony Scott. Paul Greengrass et Michael Bay sont des modèles de lisibilité à côté de Miguel Courtois. Le film se transforme au bout de quinze minutes en laborieuse traversée de Paris où le réalisateur n’arrive à aucun moment à installer un semblant de repères géographiques et un semblant de dynamisme. Les scènes de skate n’arrivent jamais à retranscrire la vitesse et les prouesses techniques des deux skaters à cause d’un cadrage et d’un montage épileptique. Skate or Die est au skate ce que Predator est au point de croix. Ceux qui veulent voir des figures hallucinantes ou des plans-séquences de dingues à travers Paris en sont pour leur frais, et on les conseillera de se rabattre sur n’importe quelle vidéo amateur de Youtube qui sera certainement mieux filmée, plus lisible et spectaculaire. Les scènes d’action sont systématiquement entrecoupées de scènes anesthésiantes dans un commissariat, indignes des pires épisodes de Julie Lescaut avec en plus des dialogues très mauvais et une direction d’acteur au diapason du reste. Seul Rachida Brakni s’en sort avec le peu qu’on a bien voulu lui donner.


Le film suit alors ce petit tempo « poursuites irregardables et scènes plates dans le commissariat » pendant presque 40 minutes et on se dit qu’on est bien parti comme ça jusqu’à la fin. On envisage alors fortement la deuxième option proposée par le titre. Mais on évite in extremis de s’ouvrir les veines avec les dents car c’est alors que le réalisateur augmente la cadence et lâche les chevaux, emmenant le spectateur dans des recoins cinématographiques inespérés et hautement jubilatoires pour le fan de nanar. Après tout, on se dit qu’il nous reste facile 45 minutes à subir, qu’on a fait le lus dur, alors autant en rire et prendre un peu de plaisir. Avec une très longue scène se déroulant dans un squat sur fond de grosse teuf Reggae/Hip Hop, le film franchit un cap, un sorte de point de non retour, un mur du son surréaliste et plonge avec délectation dans le délire le plus total. Et pour l’amateur un brin pervers, de bisseries joyeuses Skate or Die devient un véritable morceau de bravoure.


Chaque scène contribue à cette glissée sans aucun contrôle vers les tréfonds du nanar surréaliste. Et c’est ça qui est bon ! On y trouve alors pêle-mêle : le jeu inexpressif de Elsa Pataki dans le rôle d’un trafiquant de drogues/balayeuse qui vend 10 grammes d’herbe comme si c’était le deal du siècle dans Miami Vice. Des bad guys qui marchent pendant 5 minutes au ralenti et montent avec une lenteur extrême des escaliers pour bien montrer qu’ils sont vraiment méchants ces enfoirés. Passi, le rappeur de la Star Ac’, qui marche dans des couloirs. Une intervention du RAID plus proche des Charlots que de Rainbow Six. Un piège avec une diversion minable, racoleuse et hilarante. Un plan cul de gens qui baisent dans les poubelles à la chaufferie. Et pour conclure cette séquence centrale et emblématique, une cascade anti-spectaculaire car filmée une nouvelle fois en gros plans et créée au montage. Petit plus mais non des moindres, le réalisateur nous gratifie d’un des pires gunfight de tous les temps, pompant le final de True Romance, mais avec tout le monde dans la pénombre, avec aucune intensité et aucun repère dans l’espace. Comme tout le reste du film, on n’y comprend rien, on ne sait pas qui tire sur qui et tout cela dans un manque d’intensité historique. Le film s’achemine alors le plus péniblement du monde vers un des climax les plus mal foutu du cinéma se concluant sur un camion poubelle percutant un 4x4 à 20km/h, déclenchant une explosion digne de celle d’Alcatraz dans The Rock, totalement ridicule dans sa disproportion et dans son apparente volonté de faire « bouquet final qui décolle la rétine ». Encore une fois, c’est loupé.


Skate or Die regorge d’un milliard de mauvaises idées en tout genre et il en devient impossible de toutes les répertorier. On assiste à une compilation ininterrompue de plans/scènes/répliques ratés plongeant la salle dans l’hilarité. Un pur produit formaté avec les pieds, complètement portnawak, que l’on reverra dans quelques années en seconde partie de soirée sur M6 et ce sera alors l’occasion de se taper des bonnes barres de rires entre potes. Un pur nanar comme on espérait ne plus jamais en voir. Avis aux amateurs, celui là est bien français, il frime à tous les niveaux et se ramasse en toute beauté.

Stanislas Bernard



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